
Yuukoku, la ville aux deux visages...
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| | Meurtre par défaut [Abiel Luwil] | |
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Jethro Yeisshal

Nombre de messages: 58 Age: 20 Age: 27 ans Sexe: Homme Sexualité: Hétérosexuel Métier: Procureur Petit(e) Ami(e): Ne s'intéresse pas spécialement à la gente féminine (ni masculine ...). Date d'inscription: 17/10/2009
 | Sujet: Meurtre par défaut [Abiel Luwil] Mer 4 Nov - 22:57 | |
| Par une belle journée d'hiver, non, par une très belle journée d'hiver ... Depuis quand le temps en hiver est agréable ? En tout cas pas selon Jethro Yeisshal. Donc, par une immonde journée d'un hiver dur et écrasant, Jethro Yeisshal se rendait au commissariat de la ville de Yuukoku, plus particulièrement à un examen de divers pièces à convictions suivi d'un rendez-vous avec le directeur de la brigade criminelle, une très belle journée en perspective ... Une sombre histoire de meurtre passionnel occupait le peu de temps qu'il offrait à sa vie privée déjà mis à rude épreuve par le reste de son travail, et de plus il avait été obligé de demander certaines informations supplémentaires directement au commissariat, celles-ci étant absentes du dossier et le chargé étant incapable de lire un e-mail sans le supprimer froidement tout en faisant planter le premier ordinateur lui passant sous la main, tout ce qu'il fallait pour mettre un homme déjà épuisé de la "meilleure" humeur possible au début d'un vendredi après-midi sensé être congé et lui donner la satisfaction d'un week-end de trois jours. Le sort devait être contre lui, Jethro ne voyait aucune autre alternative à ses divers malchances successives, autant dans sa vie sociale que dans son travail. Finalement la campagne désolée russe était peut-être plus amusante, même si plus dangereuse pour sa personne ... Il essayait tant bien que mal de n'en laisser rien paraître, mais certaines remarques acides lui sautaient de la bouche, causant plus de mal que de soulagement à son esprit, d'ailleurs son regard revolver et sa mâchoire crispée étaient plutôt enclins à le trahir. Ah ! Qu'il rêvait d'être chez lui, tranquillement au chaud, avachis dans un vieux fauteuil en cuir, une grande tasse remplie d'un café bouillant dans la main, et dans l'autre la manette de la console qu'il s'était offert afin de tuer l'ennui qu'il n'arrivait pas réellement à dissiper pendant son temps libre. Jethro avait découvert le monde des pixels peu de temps après s'être enfui de sa terre "natale". A l'époque la Russie sortait depuis une petite dizaine d'années d'un régime communiste dur et ne possédait que très peu de contacts dans l'occident, la situation de sa famille n'aidant pas, il n'avait jamais eu conscience des développement technologiques dont les pays de l'ouest bénéficiaient. Investir dans le superflu pour son père et sa mère était synonyme de privations pour toute la famille, et de toute façon ceux-ci ne connaissant même pas les divers produits qu'ils auraient pu acheter pour diversifier leurs loisirs, la question n'avait même pas à se poser. Mais maintenant la situation était toute autre, et les manettes occupaient une place respectable dans sa vie, sans pour autant prendre un temps excessif, après tout, Jethro tenait à son intégrité. Revenons tout de même à nos moutons, enfin ceux de Jethro ... Il parcourait les rues enneigées de la ville tout en maudissant le peu de croyances présentes en lui d'avoir créé une saison aussi détestable et inutile que l'hiver. *A quoi peut bien servir un environnement n'apportant que mort et désolation, les humains sont gênés par la froid et sont forcés pendant plusieurs mois de prendre garde au froid et de veiller sur les enfants, de plus ils ne peuvent se déplacer aisément et restent souvent bloqués. En bonus les végétaux meurent et la vie s'endort sous toute la zone couverte. Si une quelconque divinité existe qu'elle se manifeste et m'explique ses raisons, dans le cas contraire, qu'elle aille se faire voir ailleurs ! Le seul avantage de tout ceci n'est que le sommeil, une heure en plus ce n'est pas un refus catégorique de ma part ...*Certes les pensées de Jethro n'étaient pas aussi douces qu'elles auraient du l'être en temps normal, mais après tout ne possédait-il pas une excellente raison, raison étant présente dans l'intégralité du pays, et ne pouvant que de peu être remise en cause. La neige le ralentissait, et il pataugeait dans une boue nauséabonde formée par le passage des personnes étant passées précédemment par ce même chemin. De ses bottes enficelées afin d'éviter de glisser sur le verglas à sa taille, boue et humidités étaient reines. Son humeur empirait à mesure qu'il approchait du poste de police, il ne se souciait même plus de bousculer toute personne ayant le malheur de croiser son chemin d'une façon ou d'une autre, en faisant même tomber certains dans le caniveau, sans un mot, sans une excuse, sinon un grognement primitif pour répondre aux marmonnements mécontents des pauvres hères de Yuukoku. Un véritable "Moi passer, toi dégager !" somme toute. L'hiver n'était certainement sa saison, Jethro préférait l'automne, les arbres recouvraient leurs véritables couleurs, et les feuilles vagabondant dans l'air frais de l'aube avaient un quelque chose de mélancolique plaisant à ses yeux. Le temps était doux et agréable, ni trop chaud comme l'été, ni trop froid comme l'hiver, ni trop joyeux comme le printemps. Malheureusement, sa saison était enfermée entre deux autres exécrables à ses yeux. Finalement, après ce petit entracte rébarbatif, l'enseigne du poste de police apparut après un dernier virage menant au Boulevard du Héron, il se voyait déjà à la machine du commissariat entrain de commander puis siroter son café bien chaud, avec un petit supplément de lait, enfin, uniquement si cette fois-ci elle n'était pas encore en panne ... Désormais qu'il était sur le point de quitter cet environnement si désagréable à ses yeux, ses craintes avaient changées du tout au tout, il craignait la bureaucratie, ainsi que la sainte paperasse, pour pouvoir apercevoir certains objets importants de l'enquête il devrait en remplir assez pour se construire une maison, et il n'osait imaginer ce dont il devrait s'occuper si jamais il avait besoin de les examiner de plus près. Son après-midi allait y fondre comme neige au soleil, et qu'il espérait du soleil que toute cette neige s'en aille ... Résolu d'affronter son ennemi juré, le bureaucrate, ainsi que toutes les épreuves que ses séides allaient lui imposer, il entra d'un pas puissant dans le donjon habité par le dragon maléfique, ses armes ? Un sourire "presque" innocent et un mouvement de tête faisant tournoyer sa chevelure. Il n'y avait plus qu'à espérer que l'accueil soit tenu par une femme ou par un homme aux penchants ambigües ... Mais il semblerait qu'une malédiction lancée contre lui ait décidée de ternir sa journée déjà sombre. Son pas un peu trop vif dégonda presque la lourde porte d'acier causant un bruit retentant dans tout le castel. Quelques regards étonnés fusèrent vers lui, auxquels il répondit maladroitement par une expression gênée. Il ne lui restait plus qu'à se faire oublier tant bien que mal jusqu'à pouvoir s'entretenir avec le commissaire. Il avait en effet décidé d'aller le voir directement, et si possible d'éviter la paperasserie avec une "petite" demande. Sur la fameuse machine à café ayant occupée ses pensées pendant une partie du trajet, trônait une petite feuille de papier sur laquelle il était inscrit en gros : H.S ! Un soupir de déception sortit tout seul de ses poumons pour s'évanouir dans les airs, une nouvelle fois le mauvais sort avait frappé sur sa pauvre tête, le destin s'acharnant contre lui, ne lui accordant même pas ce modeste réconfort devant l'adversité. Maintenant il ne lui restait plus qu'à affronter la terrible Avilana, maîtresse du sorcier et accessoirement chieuse hors-pair, autrement nommé; hôtesse d'accueil, qui dans ce cas-ci était un homme ... Sortant son sourire le plus faux-cul tout en restant gracieux, il entreprit des négociations valant bien celles du bouclier anti-missiles en Europe. - Bonjour monsieur, excusez-moi de vous importuner. Mais, il se trouve que je souhaiterais rencontrer le commissaire de la brigade criminelle, nous avions prévus un entretien aujourd'hui à 15h25, et si ma montre est à l'heure il est 15h15.- Il est 15h15, pas 15h25, veuillez attendre l'heure convenue ...- Très bien ...Il attendit patiemment les dix minutes le séparant de l'hypothétique délivrance. Rajoutant quelques minutes de plus, afin d'être sûr qu'elle ne lui joue pas un sale coup. Il profita de cette petite pause pour repenser à l'affaire ; Il y a 26 ans Kaede Maruyama, de son nom de jeune fille, 37 ans, disparaissait subitement, elle était mariée à Takeo Yoshima, 43 ans, et tous deux avaient une fille nommée Sachie âgée de 3 ans. Elle possédait un emploi de secrétaire dans le croupe Yoshida product. et son mari un emploi d'architecte indépendant. L'affaire ayant été rapidement classée, la police n'ayant jamais retrouvé de témoins et aucune preuve. Mais il y a peu, on avait remonté un coffre à jouet dans lequel on avait trouvé un squelette humain, apparemment découpé en morceaux, ayant selon les analyses ADN à cette même femme. Depuis l'affaire était à nouveau en cours. La fille désormais âgée de 29 ans et le mari de 69 ans, étaient respectivement strip-teaseuse dans un sex shop faisant également boîte de nuit et hôtel et à la retraite. Seul son mari était soupçonné, la fillette étant alors en bas âge. Jethro penchait pour un meurtre passionnel, une secrétaire couchant avec le patron, son mariage déraillant, elle tombait enceinte, et le mari la tuait ayant compris qu'il était trompé, n'ayant pas eu de rapports depuis quelques temps. Mais après, il avait besoin d'examiner les pièces à convictions par lui-même, et surtout de consulter les inspecteurs s'étant occupés de l'affaire à l'époque, ainsi que ceux s'en chargeant désormais, puis le commissaire actuel pour ses propres opinions. Une affaire sans doute simple, mais ô combien ennuyeuse. Maintenant que l'attente était finie, il se représenta. - Il est 15h27, pouvez-vous informer le commissaire de mon arrivée.- Vous êtes en retard ... Ce n'est pas très sérieux, et le patron n'aime pas ça ...Ignorant sa remarque, il garda la tête froide et son air gentillet. Finalement, et avec beaucoup de prières, il daigna décrocher le combiné et informer le "grand patron" de l'arrivée de Jethro. Le saint des saints lui ouvrait ses portes ! Empli de divers émotions contradictoires, il y pénétra. La salle de travail et les bureaux s'étendaient devant lui. Il finit par trouver celui sur lequel était inscrit : Com. Brig. Crim., et y entra, sans prendre le temps de s'informer correctement du nom de son possesseur ; - Êtes-vous Axel Lewis ? |
|  | | Abiel Luwil Modo

Nombre de messages: 486 Age: 27 ans Sexe: masculin Sexualité: Bisexuel Métier: Commissaire de la Brigade Criminelle Petit(e) Ami(e): Seulement marié avec le boulot Date d'inscription: 24/08/2008
 | Sujet: Re: Meurtre par défaut [Abiel Luwil] Sam 7 Nov - 0:22 | |
| Quand il avait ouvert sa boîte mail de service, Abiel avait déjà senti venir la journée de merde. Ce sentiment fut confirmé lorsqu'il parcourut le message l'informant que le procureur en personne allait venir pour régler les détails d'une affaire datant de plus de vingt ans. Affaire Maruyama. Sale affaire, à en juger par les rapports des inspecteurs en charge de l'affaire à l'époque. N'y avait-il pas prescription depuis le temps ? Apparemment non. Enfin, bon, si le proc' voulait du boulot en plus … Alors que voulait-il ce procureur ? Qu'est-ce que le message indiquait à ce sujet ? Le procureur voulait consulter les pièces à conviction, les inspecteurs ayant travaillé sur le crime et les inspecteurs actuellement en charge de l'affaire. Abiel eut un petit rire … Les gars à qui on avait confié la découverte du coffre s'étaient empressés de tout remettre dans les mains du commissaire prétextant la charge de travail. Autrement dit, il allait devoir affecter quelqu'un … Toute la question était de savoir qui. Mais pour l'instant, une autre tâche l'attendait. Il consultait les registres pour savoir si les policiers de l'époque étaient encore en fonction. La plupart avaient pris leur retraite, mais il en restait encore un. Qui s'en allait l'année prochaine. Allons bon. Si le procureur insistait, Abiel convoquerait le policier, mais il doutait que l'homme ait très envie d'en parler. Bah, après tout, c'est le procureur qui se chargerait de tout. Et qui comprendrait pourquoi les Ce qui l'embêtait plus, c'était l'idée de faire les commissions du procureur. Franchement, il n'était pas son toutou ! Le magistrat n'était pas capable de se bouger le cul tout seul pour avoir preuves et témoignages ?! Tsss … D'ailleurs, qui était le procureur en question ? Le message était signé de Jethro Yeisshal. Inconnu au bataillon. Sans doute un nouveau venu dans la ville. Akemi ne lui en avait jamais parlé. Ce qui n'était pas nécessairement probant : Akemi avait tendance à ne pas parler des choses qui ne l'intéressaient pas, à commencer par ses collaborateurs. Le jour du rendez-vous, Abiel alla chercher le dossier de l'affaire et les preuves demandées. Ce qui fut vite accompli : les preuves tenaient dans un petit carton. Pour les affaires anciennes, le dépôt de preuves n'était pas accessible à qui veut : le commissaire dut signer un certain nombre de papiers, montrer son insigne et sa carte, parlementer avec une réceptionniste réticente. Celle-ci ne lui délivra qu'une petite partie des preuves. Et pour cause : une bonne partie, y compris le coffre et le squelette découverts récemment, avait été envoyées au labo pour nouvelles expertises. Et par ailleurs, on lui recommanda vivement de ne pas manipuler les objets sans porter de gants et de faire particulièrement attention à ne pas les abîmer. Abiel acquiesça à tous les propos de la réceptionniste sans en écouter un mot. Abiel rapporta le carton dans son bureau. Finalement, la seule chose qu'il avait à mettre sous la dent du procureur, c'était les rapports d'analyse de l'époque – autrement dit, rien qui ne soit valable : les analyses en étaient à l'âge de pierre – et les premiers retours du labo. Rien de bien concret. Tant pis. Abiel rit intérieurement. Pour une première collaboration avec la Brigade Criminelle, le procureur allait devoir être patient. Oh, bien sûr, ça n'avait rien d'un bizutage. Non, le commissaire définissait plutôt ça comme … un baptême du feu. Il fallait s'adapter vite au risque de péter une durite. Un coup d'oeil à sa montre : quinze heures moins dix. Le procureur avait pris rendez-vous vers trois heures et demi, si Abiel avait bonne mémoire. Parfait, il avait le temps de prendre un café. Arrivé devant la machine, il sourit. On avait encore posé un panneau hors-service. Ce qui n'empêcha pas le policier d'insérer une pièce, de sélectionner son café … et de récupérer gobelet et boisson quelques instants plus tard. C'était un truc vieux comme le monde – ou du moins, qui datait d'avant l'arrivée d'Abiel au commissariat – que les policiers utilisaient pour empêcher les civils de s'en prendre à la machine. En effet, ils arrivaient souvent un peu … énervé. Et malheureusement, la technologie était la première victime de leurs accès de colère. Il discuta avec quelques inspecteurs de l'avancement des enquêtes et retourna dans son bureau. Il prit l'appel d'un policier qui l'informait de l'arrestation d'un suspect dans une affaire d'agression et de vol à main armée. Un complice avait été repéré dans un hôtel bon marché, mais l'homme avait quitté la chambre quelques heures plutôt. On effectuait des contrôles d'identité à la sortie de la ville. Un appel de la réception le fit changer de ligne. - Commissaire, le procureur est là, je vous l'envoie ?- Je t'aurais bien dit non, mais on va pas le contrarier ...La conversation en resta là. Les échanges entre le commissaire et la réception étaient rarement d'une profondeur intellectuelle remarquable. D'ailleurs, Abiel parlait en mangeant puisqu'il dégustait une des succulentes tartes aux pommes dont son frère avait le secret. Elle devenait encore plus délicieuse après un café. Mais bon, il fallait faire une bonne impression au nouveau magistrat, aussi Abiel nettoya son bureau et rangea le reste de la tarte dans un petit frigo sous le bureau. Quelques instants plus tard, un homme entra dans le bureau sans frapper. - Êtes-vous Axel Lewis ?Abiel le regarda interloqué. C'était une blague ? Le commissaire se posait sérieusement la question, mais le nouveau venu n'avait pas une once d'humour dans le regard. - Je n'ai pas cet honneur. Je me contente d'être Abiel Luwil, commissaire de la Brigade Criminelle. Et vous êtes donc le procureur Yeisshal ?Sûr que comme départ, on faisait difficilement pire. Le commissaire n'appréciait pas vraiment que l'on se trompe sur son nom. Il avait par ailleurs envisagé un instant de proposer une part de tarte au procureur – offrir une pâtisserie était un signe de bienvenue dans la culture policière – mais l'idée s'envola dès qu'il vit l'homme. Quand on portait un costume de cette qualité, on ne déguste pas une tarte aux pommes au risque de tacher ses vêtements. Cela, peut-être plus que tout le reste, froissa le policier. Mais il s'efforça difficilement de n'en rien paraître. Il se contenta de jeter la serviette et le gobelet – vide depuis un moment – de café dans la poubelle. Abiel n'avait pas proposé à son visiteur de s'asseoir mais Jethro semblait avoir trouvé seul le chemin jusqu'à la chaise. - Et donc ? Que puis-je pour vous ? |
|  | | Jethro Yeisshal

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 | Sujet: Re: Meurtre par défaut [Abiel Luwil] Lun 9 Nov - 2:43 | |
| Jethro examina la pièce dans laquelle il était entré si brusquement, il ne s'agissait pas d'une façon très élégante de débuter un rendez-vous, mais attendre qu'on lui réponde, qu'on lui ouvre et faire les divers présentations, attendre et toujours attendre, ces règles l'exaspérait, alors pour une fois il allait les briser. Au moins il ne s'était pas trompé, cela aurait été un comble après ce remue-ménage, son occupant l'avait regardé d'un air si interloqué que pendant quelques secondes il avait cru avoir réellement commis cette erreur, mais heureusement non. La seule faute qu'il avait à ses yeux commise était de se tromper sur le nom, et pas simplement un lapsus humiliant, mais tout simplement se tromper radicalement, Axel Lewis ne ressemble pas tant que ça à Abiel Luwil, enfin selon le point de vue ... L'endroit était plutôt morne, voir désolante vu ce que son locataire aurait pu en faire, mais au lieu de ça divers formulaires et papiers voletaient au moindre courant d'air, et faisaient office de tapis, tapis recouvrant chaque centimètre carré disponible, ne laissant que les meubles en hauteur libres, et encore certaines feuilles ornaient le haut d'une étagère, vraisemblablement portées par un quelconque courant d'air. Il y avait certes une certaine caractérisation de l'individu dans ce décor, au moins il n'était pas un fonctionnaire coincé et maniaque, c'était toujours ça de pris. La pièce était impersonnel et négligé, n'importe quel sdf en aurait fait son squat sans être le moins du monde dépaysé, si le commissaire passait du temps dans cette pièce, aux yeux de Jethro, il devait soit dormir soit passer son temps à lire tel ou tel papier. Même le bureau était contaminé, des colonnes de paperasses dignes de la Grèce antique trônaient fièrement, ne laissant qu'un petit espace où visiblement quelqu'un avait hâtivement fini son casse-croûte en essayant de ne pas laisser de traces, malgré ça il restait quelques miettes, ainsi que ... des gouttes de café ! *Horreur et damnation au con qui a mit cette écriteau sur la machine, si je l'attrape je le déchiquette vivant, je fais de ses os de petits copeaux et je les mets dans une boîte de vitesse, ses veines et ses boyaux me serviront de cordes pour l'étrangler et le pendre à un arbre, son crâne de presse-livres, son sang sera bu par des animaux et sa famille entière subira le même sort !*La question lui brûlait les lèvres et, les sucs digestifs en manque de caféine dévoraient les parois de son estomac, tentant plus ou moins bien d'oublier son envie il se remit à observer le lieu d'habitat d'un Comissairus Malenboucus. Une note ayant échappée à sa précédente inspection sautât à ses yeux, un petit carton plus ou moins de la taille d'une boîte à chaussures était caché derrière une pile de papiers, s'il s'agissait de ce à quoi il pensait, autant classer à nouveau le dossier, le rouvrir ne servirait à rien vu le manque de preuves. Enfin, il avait reçu l'ordre direct de ses supérieurs de s'occuper de l'affaire, à part une non-assistance à personne en danger, et encore en allant divaguer par-ci par là, il pourrait se rhabiller. Toute cette séquence s'était déroulée en l'espace de quelques secondes, qui avaient parues durer une éternité dans le cerveau de Jethro. Il avait balayé la pièce d'un regard à 180°, sinon 360° s'il l'avait pu. Puis, sentant le Commissairus Malenboucus commencer à manquer de patience il finit par lui répondre comme si la phrase lui arrachait le coeur ; - Oui effectivement, pardonnez mon irruption et mon erreur, il vous faut aussi avouer que votre nom n'est pas des plus simples à retenir, surtout pour un japonais ... Mon nom est Yeisshal, Jethro Yeisshal, je suis venu au sujet de l'enquête, tout est prêt à ce que je vois, enfin, j'ose l'espérer ...Ainsi il économisait une demande des plus gênantes, si le carton qu'il avait aperçut ne le concernait pas, soit les informations l'intéressant étaient ailleurs et il était toujours dans le bon, soit le dénommé Luwil n'avait rien foutu et c'était parti pour la paperasse. Dans les deux cas, il s'en faisait un ennemi, ce coup-ci au lieu de le caresser dans le mauvais sens, il lui avait carrément arracher quelques poils, première situation, il dénigre son travail, deuxième situation, il dénigre son travail et l'humilie. Que du bon, que du mauvais, rien ne va plus ... L'on peut penser qu'avec le départ qu'il avait prit dans cette relation, il serait idiot d'agir de cette façon, mais Jethro est du genre joueur, provoquer puis rassurer les gens est une occupation du genre "amusante" pour lui. Et il est à parier qu'il ne pourrait aimer sérieusement qu'une femme aussi folle que lui. Dans la tête de Jethro, ils étaient déjà partis dans une relation de force, l'un dominé, l'un dominant, et il comptait bien être le dominant sinon encore au-dessus, si cela existait. Il n'avait qu'une envie, sortir d'ici le plus vite possible afin de mettre fin à cette corvée ayant déjà trop durer. Et en agissant de cette manière, il était certain d'abréger les échanges, le procès - s'il y en avait un - était déjà perdu, et il ne restait que par politesse et pour éviter tant bien que mal les foudres de ses supérieurs. Comme une poupée articulée, il s'anima, usant de mouvements imprécis et totalement désynchronisés, pour s'asseoir dans le siège des visiteurs ; - Il paraît que la machine à café n'est pas si en panne qu'elle en a l'air, enfin si j'en juge le liquide coulant sur vos mains, et les gouttes présentes sur votre bureau.Certes, Jethro était malheureusement doté d'un caractère excessif le poussant souvent à commettre des absurdités, mais il exagérait peut-être, même par rapport à son propre exemple. Personne n'était aussi mauvais que lui en relation humaine, il n'avait jamais réussi à trouver les mots justes,mis à part ceux pour énerver ou embarrasser ses interlocuteurs, cela l'aidait dans son travail de procureur, mais heureusement pour lui qu'il n'était pas avocat, sinon son bureau ne serait pas un cabinet, mais un modeste carton posé dans un square. Une idée de dément le prit, même si cela n'est pas étonnant de sa part, il voulait franchir une limite de plus, une limite qui risquait de ne pas lui pardonner cette fois-ci ; - Are you ready to die, Mister ? Are you ready to enter in the darkness ? In my darkness ?(*)Une phrase digne du plus grand des fous, sinon son égal. - Je vais être simple et direct Abiel Luwil, tout dans cette affaire m'inspire la folie, de votre gueule aux grains de poussières traînant sous vos étagères, chaque preuve, chaque indice, chaque témoin ou protagoniste, en particulier le coffre à jouet, j'ai l'impression qu'un enfant cruel a détruit son jouet et a tenté de le cacher dans ses affaires. Je compte découvrir l'ombre se cachant derrière cette folie, m'y aiderez-vous ?Une fois sa phrase lancée au vent, il adopta un regard interrogateur, comme s'il s'attendait à une réponse des plus sérieuse, comme si Abiel Luwil allait signer de son un pacte le liant avec le diable, avec lui. Son regard était celui d'un dément, d'un homme prêt à tout et à rien, maintenant et jamais, prêt à mourir, prêt à vivre, et il était cet homme, qui fixait l'homme avec qui il voulait conclure un pacte liant leurs deux vies en une seule, avec l'homme qu'il voulait entraîner dans les ténèbres sans fonds de son esprit malsain. Un homme au quel il voulait montrer l'étendu de sa folie. Afin d'illustrer tout ça, il avait inconsciemment allumer une cigarette, il ne fumait que pour accompagner ses interlocuteurs, mais là l'envie l'avait prit. Ils restèrent tous les deux impassibles, immobiles, pendant quelques minutes, heures, jours, années ou millénaires, tout du moins dans ce qui sembla durer une éternité, ils restèrent immobiles, guettant le moindre mouvement de l'autre, la moindre défaillance, la moindre expression. Telle des statues, tel un musée tentant de reproduire au plus fidèle l'annonce de la mort, Jethro assis les jambes croisés sur un petit fauteuil, tenant négligemment sa cigarette dans sa main droite, et Abiel le regardant froidement. Ils étaient Thanatos et Sisyphe personnifiés, l'un venant quérir la vie de l'autre, l'un tentant d'échapper à l'autre ... (*) Au cas où : - Êtes-vous prêt à mourir, Mister ? Êtes-vous prêt à entrer dans les ténèbres ? Dans mes ténèbres ? [hrp] Tu m'excuseras, je suis un parti dans une sorte de tripe légèrement démentiel pour le moins, certaines chansons ont ce genre d'effet sur moi, plus précisément celle juste après le lien plus haut. [/hrp] |
|  | | Abiel Luwil Modo

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 | Sujet: Re: Meurtre par défaut [Abiel Luwil] Mer 11 Nov - 23:25 | |
| Le procureur prit tout son temps pour répondre à Abiel. Il avait observé toute la pièce et le commissaire n'avait pas franchement envie d'entendre ses conclusions. Abiel attendait juste que son visiteur daigne répondre. - Oui effectivement, pardonnez mon irruption et mon erreur, il vous faut aussi avouer que votre nom n'est pas des plus simples à retenir, surtout pour un japonais ... Mon nom est Yeisshal, Jethro Yeisshal, je suis venu au sujet de l'enquête, tout est prêt à ce que je vois, enfin, j'ose l'espérer ...Abiel en resta pantois. Ce type-là s'appelait Jethro Yeisshal, un nom absolument imprononçable, et il osait lui dire que « Abiel Luwil » était difficile à retenir alors que tous les phonèmes dont il était composé existaient en japonais ! Qu'on lui rappelle que son nom n'était pas japonais énervait particulièrement Abiel. Il s'était toujours senti japonais, quoi qu'en dise les autres. Une idée s'esquissa dans son esprit. C'était puéril de se venger de la sorte, mais … c'était tellement tentant. - En quelque sorte, Maître Yashal. Vous avez là tout ce qui a été trouvé à l'époque, autrement dit pas grand-chose. Vous avez aussi les rapports de l'époque et les premières conclusions du labo. Le squelette et la caisse sont encore en analyse.Bon, c'était pas malin. En tout cas, ça avait mis Abiel de bonne humeur. Enfin presque de bonne humeur. Le commissaire se leva pour aller chercher le carton et le posa sur le bureau. Il attrapa deux paires de gants dans un tiroir et en présenta une paire à Jethro. On l'avait suffisamment engueulé comme ça, il mettrait des gants pour manipuler les preuves, et ce, même si les preuves étaient protégées dans des sacs plastiques. Il fit comprendre au magistrat par un regard très explicite qu'il avait intérêt à faire de même. Mais Jethro avait autre chose en tête. - Il paraît que la machine à café n'est pas si en panne qu'elle en a l'air, enfin si j'en juge le liquide coulant sur vos mains, et les gouttes présentes sur votre bureau.Abiel baissa les yeux et aperçut une goutte de liquide noir qui partait à la conquête de son poignet. Se saisissant d'une serviette, il nettoya les gouttes et les miettes restantes sur sa main et son bureau. Tout était enfin nickel. Jethro l'agaçait de plus en plus. Qu'il en vienne aux faits, bon sang ! N'était-il pas ici pour parler de l'affaire ? Le commissaire angoissait déjà à l'idée du procès. Et c'était ce type qui allait mener le procès ? Et peu à peu, Jethro sembla perdre complètement pied dans la réalité. Il commença à lui lancer quelques mots en anglais dont le sens profond échappait au commissaire. - Are you ready to die, Mister ? Are you ready to enter in the darkness ? In my darkness ?La main du commissaire, sous son bureau, se referma sur son arme de service. Pourquoi n'y avait-il pas dans son bureau un de ces boutons disponibles dans les magasins ? Un bouton sur lequel il aurait pu appuyer pour appeler l'hôpital psychiatrique ? Il se demandait de plus en plus sérieusement si l'homme en face de lui était vraiment le procureur. Peut-être aurait-il dû l'interroger plus longuement … Lui demander de prouver son identité. Ou alors, le proc' était cinglé. Cette perspective était encore plus flippante. - Je vais être simple et direct Abiel Luwil, tout dans cette affaire m'inspire la folie, de votre gueule aux grains de poussières traînant sous vos étagères, chaque preuve, chaque indice, chaque témoin ou protagoniste, en particulier le coffre à jouet, j'ai l'impression qu'un enfant cruel a détruit son jouet et a tenté de le cacher dans ses affaires. Je compte découvrir l'ombre se cachant derrière cette folie, m'y aiderez-vous ?Ok, tout s'expliquait. Non, Jethro n'était pas fou. Il se contentait juste de se foutre ouvertement de la gueule du commissaire. Le procureur avait même allumé une cigarette. Avant qu'il n'ait eu le temps de la mettre au bec, Abiel s'en saisit, ouvrit la fenêtre, écrasa la cigarette sur le mur au-dehors et la jeta. Encore un truc pas bien. Il se retourna vers le procureur d'un air furieux. - Vous activez l'alarme incendie et je vous fais poursuivre pour violation du règlement et tout ce dont je pourrais vous accuser. Maintenant, vous allez attendre sagement ici, je vais vous chercher un café.Avant de partir, Abiel reposa le carton et le referma. Puis il se précipita hors du bureau. Il respirait enfin. Pour lui, son bureau avait toujours été son oasis, sa seconde maison, son petit chez-lui. Il avait un goût amer dans la gorge. Arrivé à l'accueil, il se précipita vers Kiyoshi et se retint de le saisir par le col. - Le type qui s'est ramené, mon rendez-vous de quinze heures, t'es sûr que c'est le proc ?- Euh oui, je crois …- T'ES SÛR ?!- Euh … Je sais pas, il s'est ramené en disant qu'il avait rendez-vous avec vous …Abiel soupira. Il laissa un Kiyoshi abasourdi et se dirigea vers la précieuse machine à café. D'autres inspecteurs étaient présents et faisaient la queue, mais ils ne bougèrent pas, se contentant de le fixer avec surprise. Le commissaire introduit une pièce dans la machine, attrapa son gobelet et le vida d'un trait. Il faillit tout recracher, mais il parvint à tout avaler. C'était ainsi qu'on faisait dans la police : quand d'autres alignaient les bouteilles de vodka, les policiers se droguaient au café. Heureusement pour la conscience du commissaire, cette drogue-là était légale. Il commanda un second café et se massa les tempes. *Bon … C'est reparti.*Il se saisit du deuxième gobelet et retourna d'un pas rapide vers son bureau. Il marqua une pause devant la porte, puis pénétra dans la pièce. Il se stoppa une seconde fois devant Jethro, fixant le procureur, hésitant un instant. Et finalement, son bras bougea tout seul : il déversa tout le café sur le procureur en visant suffisamment pour éviter d'en répandre dans toute la pièce. Puis il se rassit tranquillement derrière son bureau avec une sérénité retrouvée. - Je vais être simple et direct, Métro Yessal. Tout dans votre personne m'inspire le mépris, de vos manières d'abruti aux gouttes de café sur votre costume de grand couturier, chacune de vos mots, de vos sourires ou rictus, j'ai l'impression que vous avez chopé votre diplôme dans une pochette surprise. Je me fiche de ce que vous comptez faire. Les policiers sont là pour arrêter le coupable et récolter des preuves solides. Vous, vous êtes là pour vous assurer que ce coupable récolte ce qu'il mérite. Je ne suis pas là pour vous aider, vous n'êtes pas là pour m'aider. Nous sommes là pour aider la société. Je n'ai pas l'intention de vous mettre des bâtons dans les roues, si c'est ce que vous entendez par « vous aider ». La police et le bureau du procureur vont travailler ensemble pour mettre hors d'état de nuire. D'autres questions ?Il aurait pas dû. Il aurait vraiment pas dû. Bon sang, il avait vraiment pété un câble. |
|  | | Jethro Yeisshal

Nombre de messages: 58 Age: 20 Age: 27 ans Sexe: Homme Sexualité: Hétérosexuel Métier: Procureur Petit(e) Ami(e): Ne s'intéresse pas spécialement à la gente féminine (ni masculine ...). Date d'inscription: 17/10/2009
 | Sujet: Re: Meurtre par défaut [Abiel Luwil] Jeu 12 Nov - 23:25 | |
| Apparemment sa petite remarque n'était pas forcément du goût de l'inspecteur, sa réponse en fût d'ailleurs cinglante. S'il souhaitait une guerre de déformation il l'aurait, il n'était certainement pas question que Jethro se laisse faire aussi facilement, son orgueil le lui ordonnait. Le bulldog nippon en prendrait autant que la limite légale le permettrait à Jethro, mais pour cela il lui faudrait attendre quelque peu, celui-ci ne se souvenant pas précisément à partir de quand un juge aurait l'occasion de le condamner pour harcèlement aggravé, une condamnation qui pourrait devenir extrêmement dangereuse pour sa carrière s'il ne prenait pas garde, enfin, il aurait les prochaines heures pour s'en souvenir et le préciser, n'avait-il pas tout son temps ? A partir du moment où il avait pénétré dans l'enceinte du commissariat, sa journée était définitivement perdue, cependant il comptait bien profiter de tout ce qui pourrait le divertir un tant soit peu, et ce jusqu'à épuisement d'un des deux parti. Mais avant, un peu d'ironie ... - Bien envoyé Mister Ab-Del Lawil ! Tout à fait honnêtement, je ne vous pensais pas capable de répliquer, il faut croire que même dans la police il y a des gens compétents.- Mais revenons à ce qui nous occupe dans l'immédiat, ou plus exactement, à ce qui nous donne à chacun un travail. Dans combien de temps pensez-vous que je pourrais consulter les résultats ? Je dois vous avouer que l'idée de ce tueur d'enfermer le cadavre de sa victime, que j'oserais comparé à un jouet cassé, est plutôt intéressante, cela note une petite immaturité qui l'aura "encouragé" à commettre certaines erreurs pouvant nous être respectivement tout à fait utiles. Comme l'enfant ayant cassé un vase et l'enterrant dans le jardin, mais oubliant que ses parents sont habitués à voir un vase à tel endroit, non ? Mais je radote encore et encore, un vrai vieillard vous ne trouvez pas ? Nous pourrions peut-être avec un peu de chance tenter de reconstituer la scène du crime, si nous arrivons à connaître l'arme utilisée pour le meurtre grâce à l'examen des ossements, nous pourrions tenter de deviner un mobile, ce serait très amusant j'en suis certain.Il avait lancé cette semi-tirade d'un ton désinvolte, presque amusé, comme s'il commentait une pièce de théâtre ou un film, comme si la victime et son meurtrier n'étaient que des acteurs de série B prisonniers de ses longues mains décharnées, la chose n'était pas fausse en soi-même, ce meurtre n'était que du vu et revu, un navet sorti tout droit de l'esprit d'un dément pour occuper quelques téléspectateurs aux horizons culturels plus que limités, ce genre de crime était parfaitement connu de Jethro, et sûrement d'Abiel également, des meurtres de ce style il y en avait des dizaines chaque jour à travers le monde, un de plus un de moins, il y a 26 ou 200 ans, il y en avait toujours, et il y en aurait toujours, au Japon, en Russie, en Amérique ou en Europe, le monde entier et même l'univers était la victime du meurtrier qu'était l'homme possédé par sa folie destructrice. Une célèbre phrase d'Einstein revint à l'esprit de Jethro «Tant qu'il y aura des hommes il y aura des guerres», Einstein s'était trompé, la véritable phrase devait plutôt être «Tant qu'il y aura des hommes il y aura des morts». Qu'ils aient à s'en occuper était même presque humiliant, ce genre de crime si banale était bon à former les bleus, et même si Jethro était "neuf" en ville, il possédait déjà une certaine expérience acquise à Kyoto, et Abiel n'était certainement pas en reste, leurs supérieurs devaient sûrement avoir une autre raison de leur demander de "collaborer", en tout cas, pour l'instant cette collaboration s'annonçait de mauvaise augure, aucun des deux ne voulant lâcher le moindre gramme de leste. Le commissaire profita d'une petite accalmie pour retourner à son bureau , il ouvrit soigneusement le carton que Jethro avait pris à raison pour les preuves de l'affaire et enfila une paire de gants, l'enjoignant de faire de même d'un regard, pour le moins expressif, il ne se fit pas prier, trop heureux d'avoir éviter le démon signature. Ils examinèrent rapidement les différentes pièces à conviction, qui comme l'avait dit l'inspecteur n'étaient que trop maigres, cette visite avait certainement un tout autre sens, venir ici n'était pas réellement nécessaire, les photos prises par les policiers étaient parfaite et être venu ne lui avait rien apporté sinon un ennemi. Finalement ils replacèrent consciencieusement chaque objet à sa place et refermèrent le carton. Abiel réagit immédiatement, il avait adopté une attitude nerveuse, et visiblement prenait ses mots plus au sérieux que Jethro lui-même, quand il en eut compris le véritable sens, il se détendit légèrement, mais conserva une sorte de rictus nerveux. Se moquer aussi ouvertement de l'inspecteur n'était peut-être pas la meilleur chose à faire, mais elle avait le mérite d'être extrêmement amusante. Malheureusement la cigarette dont il s'apprêtait à bénéficier d'une bouffée de plaisir disparut aussi violemment qu'elle était apparue soudainement, quelques gestes de l'inspecteur, et le désormais mégot avait atterri sur le trottoir où il finirait sûrement écrasé par l'un ou l'autre passant. 40 ¥ perdus ... Don't smoke or die ? Il esquissa une moue dédaigneuse et tendit les mains comme si l'on lui passait les menottes tout en détournant la tête au meurtrier de cigarettes ; - Arrêtez-moi dans ce cas, je ne mérite pas d'être libre !Reprenant une expression plus ou moins sérieuse, il regarda tranquillement le commissaire partir quérir la boisson miraculeuse . Il n'eut pas a attendre plus de quelques minutes, mais pendant cet intervalle il perçu plusieurs éclats de voix provenant du hall qui l'intriguèrent, à tous les coups quelqu'un se faisait engueulé, et apparemment plutôt sévèrement, il n'eut pas de mal à deviner que la discussion le concernait, le commissaire étant sorti il y a moins d'une trentaine de secondes, la tension était d'ailleurs encore palpable dans la pièce. La pluie se mit à battre aux carreaux, même le temps était morose, et dire que s'il avait eu la folie de refuser l'ordre il serait tranquillement dans son studio à se moquer des pauvres hères trempés sous la pluie, il s'était bien fait de Luwil un adversaire, pourquoi ne l'avait-il pas fait avec sa hiérarchie ? Par peur peut-être ? Peur de perdre son emploi et de retarder son avancée ? Il chassa ses sombres idées, et songea à demander au commissaire si une voiture pourrait le raccompagner, il n'avait pas manqué d'audace dans leur discussion, il pourrait peut-être obtenir gain de cause. Alors qu'il y pensait, la porte s'ouvrit et il débuta un signe de tête en signe de remerciement quand le liquide bouillant se déversa sur sa nuque et galopa sur son corps, Luwil lui en voulait ce qui était parfaitement compréhensible. Il venait de lui déverser le gobelet de café normalement supposé être bu par lui sur la tête. Il le laissa parler et fit de son mieux pour ne laisser transfigurer aucune émotion. Luwil avait fini par succomber à une petite colère tout à fait bénéfique, loin d'être négative elle renforçait les opinions de Jethro. Quand l'inspecteur eut finit sa tirade il semblait soulagé, comme si un poids qu'il avait eu sur le cœur s'était envolé au moment où il articulait le dernier mot pour laisser place à un silence pesant accentué par le bruit des gouttes parcourant le corps de Jethro et tombant dans une chute infini pour s'écraser sur les feuilles de papier au sol, laissant entendre un léger "ploc". Désormais, le tour de Jethro était venu, et il comptait bien en profiter pour contre-attaquer et renverser les positions, il lui répondit donc tout à fait calmement ; - Metro ? Metro Yessal ?! Ais-je bien entendu ?! Une telle abomination vient-elle de sortir de votre bouche ?! Avez-vous bien articulé une pareille idiotie ?! Vous devriez respecter les traditions et vous faire seppuku après une telle chose ! J'aurais encore accepté Jaffro, Jeronimo, ou peut-être encore Jericho, mais Metro ?! Votre pauvre cerveau inculte détient-il la moindre notion d'humour ? Aussi décadent soit-il ? Je me serais attendu à mieux de votre part, vous auriez pu trouver une déformation bien plus intéressante que "Metro", cela n'est même pas digne d'un enfant ! Vous me décevez grandement Luwil ... Je vous aurai cru tellement plus amusant que cette ... Banalité ! Si j'avais 20 ou 30 ans de plus je pourrais vous insulter d'impudent, mais je n'ai pas cette honneur. Enfin passons, je suppose que j'ai mérité tout ceci, après tout n'ai-je pas délibérément chercher à vous pousser à bout, et je dois avouer que vous avez assez mal répondu à mon appel, j'aurais cru que vous inventeriez quelque chose de plus amusant, me forcer à avaler le gobelet, ou n'importe quoi d'autre, mais me renverser du café, l'on se croirait presque dans une mauvaise série B. Cependant chapeau bas pour votre tirade, elle était certes un peu "classique" sur la fin, mais tout à fait amusante, j'espérais d'ailleurs vous entendre dire ça, je vous en remercie. Vous vous intéressez à mon cas n'est-ce pas ? Je vous laisse mener vos propres recherches sur mon compte, peut-être apprendrez-vous des choses que j'ignore moi-même, et puis je n'aime pas parler de moi, j'en ai déjà trop dit. Par contre, je vous prie de retirer cette phrase sur mes vêtements, mon smoking n'est pas si luxueux que vous le dites, de plus je l'ai loué spécialement pour aujourd'hui, et votre petite frasque d'écolier va me coûter cher, je serais tenté de vous ordonner de me dédommager les frais de teinturier et de retard au magasin ...Jethro prit une petite pause et se pourlécha avidement les doigts, il ne voulait pas laisser s'échapper une seule goutte aussi minime fût-elle du précieux liquide, en pleine séance, il reprit, un sourire narquois aux lèvres ; - Vous n'auriez pas un peu de lait ? |
|  | | Abiel Luwil Modo

Nombre de messages: 486 Age: 27 ans Sexe: masculin Sexualité: Bisexuel Métier: Commissaire de la Brigade Criminelle Petit(e) Ami(e): Seulement marié avec le boulot Date d'inscription: 24/08/2008
 | Sujet: Re: Meurtre par défaut [Abiel Luwil] Ven 20 Nov - 11:08 | |
| C'est fou ce qu'il se sentait bien. Il avait exorcisé ces démons et les mots de Jethro ne semblaient plus l'atteindre. Bon, en même temps, il n'écoutait qu'une phrase sur deux à peine. Il s'efforçait de cacher un petit sourire narquois. Il imaginait la tête du juge et de l'avocat de la défense lors d'un procès, en voyant l'énergumène … Il imaginait surtout la tête du Préfet. Son supérieur allait pleurer s'il rencontrait ce procureur … Abiel compatissait. Il raccrocha globalement vers la fin. - Vous vous intéressez à mon cas n'est-ce pas ? Je vous laisse mener vos propres recherches sur mon compte, peut-être apprendrez-vous des choses que j'ignore moi-même, et puis je n'aime pas parler de moi, j'en ai déjà trop dit. Par contre, je vous prie de retirer cette phrase sur mes vêtements, mon smoking n'est pas si luxueux que vous le dites, de plus je l'ai loué spécialement pour aujourd'hui, et votre petite frasque d'écolier va me coûter cher, je serais tenté de vous ordonner de me dédommager les frais de teinturier et de retard au magasin ...Et c'était avec un sourire particulièrement désagréable qu'il rajouta. - Vous n'auriez pas un peu de lait ?Abiel avait gardé son calme. C'était rare. Le café devait commencer à faire son effet. En fait, Abiel commençait à se demander ce qu'il y avait dans sa boisson favorite. Regardant, Jethro dans les yeux, il glissa : - Il vous faut aussi reconnaître que votre nom n'est pas des plus simples à retenir, surtout pour un japonais …Ça, c'était fait. Il n'avait rien répondu d'autre à la tirade de Jethro, préférant passer sous silence pour éviter une dispute. Apparemment, le magistrat avait décidé de se mettre à dos la police, Abiel en premier. Enfin, surtout Abiel, mais comme il était l'actuel médiateur entre la Brigade Criminelle et Jethro … Le commissaire eut une pensée pour Subaru qu'il avait rencontré au bal. Peut-allait devoir faire appel à lui ou à quelqu'un du même service pour discuter avec Yesshal. - Je suis au grand regret de vous annoncer que nous n'avons pas de lait. Du moins, pas de lait qui soit consommable. Il me semble qu'il nous reste une bouteille d'une affaire d'il y a quelques années …Bon, lui et Jethro s'amusaient bien à se taper dessus mais ça ne faisait pas avancer l'affaire. S'ils continuaient de se chamailler comme des gamins, ils allaient en venir aux mains. - Ça suffit, maintenant. Restons-en là. Vous arrêtez de me traiter comme de la merde et j'arrête de vous balancer du café sur la tronche. On est pas là pour ça. Vous êtes procureur et je suis commissaire, bon sang ! On a autre chose à foutre que de se chamailler comme des gamins !Abiel enleva ses lunettes et les nettoya. Le geste avait toujours des vertus apaisantes pour le commissaire, et cette fois-ci ne fit pas exception. Il se sentit peu à peu revenir à un état normal, c'est-à-dire ne plus avoir envie de tabasser l'homme en face de lui. Il avait retrouvé son attention. Il prit une profonde inspiration pour reprendre. - Vous étiez venus pour l'affaire, n'est-ce pas ? Vous ne vouliez pas rencontrer les policiers concernés, il me semble. Je ne vous cacherais pas que c'est assez difficile, une bonne partie sont partis en retraite. Il n'y en a qu'un qui est encore en poste. Je peux le convoquer si vous voulez, mais ne vous attendez pas à grand-chose. Pour l'instant, il n'y a pas d'inspecteurs officiellement assignés à l'enquête, les choses sont allées très vite et beaucoup de policiers sont débordés … Vous voulez le voir tout de suite ?[Pardon, je te fais attendre et en plus, c'est pas génial niveau qualité ... J'ai constaté que parfois, mes messages sont incohérents : des problèmes de copier/coller, des morceaux de phrases qui traînent là où il faut pas ... Si tu en vois, signale-le moi.] |
|  | | Jethro Yeisshal

Nombre de messages: 58 Age: 20 Age: 27 ans Sexe: Homme Sexualité: Hétérosexuel Métier: Procureur Petit(e) Ami(e): Ne s'intéresse pas spécialement à la gente féminine (ni masculine ...). Date d'inscription: 17/10/2009
 | Sujet: Re: Meurtre par défaut [Abiel Luwil] Sam 28 Nov - 17:19 | |
| Le brigadier avait décroché le temps d'une tirade, sans doute le temps de passer les textes inutiles et les divers grâces de la langue de Jethro, il n'y a pas à dire, Jethro aime parler, même pour ne rien dire, que ce soit pour donner son avis, critiquer ou descendre une personne, tant qu'il à l'occasion de réfléchir quelques secondes à une phrase puis de l'offrir en guise d'offrande à son interlocuteur, il est heureux. D'où son envie d'étudier le droit sûrement. Enfin, il le remit sur le droit chemin, énervé qu’on ne prête pas plus d’attention à ses mots, s’il se mettait à parler pour qu’on ne l’écoute pas, il n’avait plus qu’à faire de la politique, il se débrouillerait sûrement bien. - Hum... Certes, mais ne me dites pas que vous avez eut du mal à le prononcer, je veux bien que le R ne soit pas facile pour vous, mais tout de même !Après quelques secondes d’une hésitation voulue, il ajouta d’un ton suspicieux ; -Êtes-vous bien inspecteur ? Si cela se trouve je viens de me faire renverser du café dessus par un fou sorti d’un asile, comprenez mon angoisse. Si vous êtes fou, êtes-vous au moins un fou célèbre ? Ou avez-vous déjà tué quelqu'un ? C’est que je tiens à ma réputation parbleu !Pas de lait, dommage, au moins avait-il répondu avec humour, mais s’il était sérieux, il y avait un léger gros problème, du lait périmé depuis plusieurs années doit être égal à du cyanure, enfin, si jamais l’inspecteur devenait trop ennuyeux, un verre de lait, buvez en premier je vous assure, problème réglé. L’inspecteur voulait calmer leur entretien, bonne idée, se chamailler à longueur de temps devenait vite barbant sans de nouveaux interlocuteurs, une réceptionniste passant par là aurait rajouté du piquant à l’affaire, mais si le destin ne souhaitait pas intervenir, il n’y avait qu’à imiter l’inspecteur le temps de trouver d’autres remarques tordantes à lui servir, de celles qui avaient pu le mettre en fureur à ce point, ce serait certainement très amusant, mais la patience, attendre, là est l’un des défauts majeurs de Jethro, l’impatience, attendre, il ne supporte pas, rester inactif encore pire. D’ailleurs, ne souhaite-t-il pas une mort rapide afin d’éviter toute longue agonie faisant durer encore plus longtemps ce moment déjà ennuyeux ? - Comme de la merde ? Oh, voyons inspecteur, vous avez une très mauvaise opinion de vous, je n’irais pas jusque là tout de même, mais une gêne, oui c’est cela, une gêne. Cela ne convient-il pas mieux ? Pour le reste je vous suis, par contre si vous voulez que nous démarrions un pugilat, j’en serais tout à fait ravi, il y a un moment où parler est inutile et prétentieux, et un autre où la lutte est puéril, à nous de trouver l’entre-deux.L’inspecteur, ou le fou, selon le point de vue de chacun, enleva ses lunettes pour les essuyer, geste anodin et sans grande importance certes, mais qui dans ce contexte avait toute sa mesure, il venait de remettre de l’ordre dans leur discussion et de la restructurer, peut-être un tique accompagnant ce genre d’interventions, ou une simple coïncidence, en tout cas le geste n’avait pas échappé à Jethro qui le suivit tout le long de sa course. Il mit quelques secondes avant de tilter, au départ il ne voyait pas exactement de quoi Luwil parlait, ses yeux s'étaient perdus dans le lointain, se limitant au mur en face de lui, le temps de réfléchir. - L'affaire, quelle affaire ? ... Ah ! Celle-ci ! Il fallait le dire plutôt voyons ! Vous y croyez vraiment ? Il n'y a rien à voir, ce carton ne valait même pas la peine que je me chausse, alors me déplacer par ce temps jusqu'ici ? Vous rigolez ! Que je ne me trompe pas, vos supérieurs vous ont dit de me recevoir, et mes supérieurs m'ont dit de venir, je ne voulais pas venir, vous n'aviez certainement aucune envie que je vienne, sinon dès le début vous vous seriez arrangé pour qu'on ne démarre pas de cette façon. Donc faisons simple. Je suis venu pour la forme, je vais repartir dès que j'en jugerais suffisant et que ceux en haut ne posent pas de questions, en attendant, vous n'auriez pas un jeu d'échecs sous la main ? Histoire de passer le temps, voyez-vous ... Dans le cas contraire, nous nous farcissons une après-midi de blabla inutile, comme disent cette nation d'épiciers, it's your choice.Jethro ne savait pas comment l'inspecteur prendrait ce qu'il venait de lui dire, s'il le prenait bien, ils pourraient peut-être jouer tranquillement aux échecs, ou alors il se verrait raccompagné jusqu'à la porte du commissariat par deux gorilles levés du pied gauches. Cela ne l’attirait pas tellement, et il aurait plutôt tendance à être contre, enfin, il se leva du siège de bureau de Luwil, et s’installa tout naturellement sur celui des invités. Il aurait apprécié narguer une dernière fois Luwil en allumant une cigarette, et sa main glissa vers sa poche de veston, mais au moment de sortir le paquet, il se ravisa, Luwil devait suffisamment être en pétard contre lui pour mettre en action ses menaces, et le commissaire devait avoir déjà repérer son geste, qui suffirait amplement à réaliser l’envie de Jethro. [Je te prie également de m'excuser pour le post, il semblerait que nous ayons été deux à souffrir du même problème.] |
|  | | Abiel Luwil Modo

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 | Sujet: Re: Meurtre par défaut [Abiel Luwil] Lun 21 Déc - 15:05 | |
| *Nous voilà bien … Lui doute que je sois de la police, moi je doute qu’il soit du bureau du procureur … On va aller loin !*Bon, techniquement, il n’était PAS inspecteur, vu qu’il était passé commissaire. Il le regrettait d’ailleurs. N’empêche que le comportement de son interlocuteur tendait lui faire penser que le seul fou dans cette pièce avait sa veste couverte de café. Abiel allait le décevoir : non seulement il ne sortait pas d’un asile psychiatrique, mais en plus il n’était pas célèbre. Quant à savoir s’il avait tué quelqu’un … Il allait sans doute passer à l’acte d’ici peu de temps, surtout si Jethro continuait sur sa lancée. Aussi le commissaire se contenta-t-il de serrer les dents. - Comme de la merde ? Oh, voyons inspecteur, vous avez une très mauvaise opinion de vous, je n’irais pas jusque là tout de même, mais une gêne, oui c’est cela, une gêne. Cela ne convient-il pas mieux ? Pour le reste je vous suis, par contre si vous voulez que nous démarrions un pugilat, j’en serais tout à fait ravi, il y a un moment où parler est inutile et prétentieux, et un autre où la lutte est puéril, à nous de trouver l’entre-deux.Ce procureur … Abiel allait l’étrangler. Il allait l’étrangler. L’image mentale de l’homme en train d’étouffer et d’agoniser se forma dans sa tête. Bon sang, il allait péter un câble. Si ce n’était pas déjà fait. La thèse de la punition divine semblait se confirmer. Demain, Abiel irait faire une petite prière et une donation. Mieux vaut tard que jamais. Cependant, les derniers mots d’Abiel concernant l’affaire semblèrent avoir un impact différent sur son interlocuteur. Ils eurent l’air de le faire réfléchir. Détail qui intéressait bien plus Abiel, ils réussissèrent à le faire taire pendant quelques secondes, ce qui constituait déjà un exploit en soi et ce qui accorda un bref repos aux oreilles du commissaire. Malheureusement, cela ne dura pas plus longtemps, et Jethro s’exclama : - L'affaire, quelle affaire ? ... Ah ! Celle-ci ! Il fallait le dire plutôt voyons ! Vous y croyez vraiment ? Il n'y a rien à voir, ce carton ne valait même pas la peine que je me chausse, alors me déplacer par ce temps jusqu'ici ? Vous rigolez ! Que je ne me trompe pas, vos supérieurs vous ont dit de me recevoir, et mes supérieurs m'ont dit de venir, je ne voulais pas venir, vous n'aviez certainement aucune envie que je vienne, sinon dès le début vous vous seriez arrangé pour qu'on ne démarre pas de cette façon. Donc faisons simple. Je suis venu pour la forme, je vais repartir dès que j'en jugerais suffisant et que ceux en haut ne posent pas de questions, en attendant, vous n'auriez pas un jeu d'échecs sous la main ? Histoire de passer le temps, voyez-vous ... Dans le cas contraire, nous nous farcissons une après-midi de blabla inutile, comme disent cette nation d'épiciers, it's your choice.Les propos qui venaient de sortir de sa bouche – de la bouche d’un procureur – eurent un effet étrange sur Abiel. C’était à la fois pathétique, révoltant et écoeurant. En fait, il commençait à se demander si le procureur ne s’était pas ramené complètement bourré ou shooté. Pas d’haleine d’alcool, donc … D’ailleurs, Jethro n’avait-il pas les yeux un peu rouges ? Le commissaire prit sa tête dans les mains. Bon sang … Dire que c’était CET homme qui allait représenter l’Etat lors des procès pénaux à venir … Bon, il convenait de se maîtriser. Abiel lui avait déjà envoyé du café à la figure, il voyait comment lui faire comprendre autrement et sans le blesser physiquement qu’il pouvait aller se faire foutre. - Je crois que je n’ai pas été assez clair. Pourtant, après le café, j’aurais cru que vous alliez comprendre … D’abord, je vais répondre à votre question. Oui, je crois à cette affaire. Une personne a été tuée, ça me paraît être une raison suffisante pour mener une enquête approfondie. Si vous ne voulez pas de ce dossier, donnez-le à quelqu’un d’autre et épargnez-moi vos commentaires débiles. Maintenant, vous êtes venus, on s’est vus, très bien. Si vous ne voulez pas travailler sur cette affaire, barrez-vous de mon bureau. Tout de suite. Allez passer votre après-midi ailleurs, je me fiche où tant que ce n’est pas au commissariat. Allez aux putes, ou allez faire chier quelqu’un d’autre. Je suis certain que le maire a très envie d’entendre vos réflexions métaphysiques sur la bagarre et les affaires de meurtre.Abiel reprit son souffle. Il s’était levé de sa chaise et avait balancé sa tirade d’une traite, sans respirer. La colère contenue ne l’aidant pas à se calmer, il haletait presque, serrant poings et dents. |
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