Yuukoku, la ville aux deux visages...


 
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 Autour de quelques tapas... (Kiba Tenkai) [TERMINE]

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Dale Cathal

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MessageSujet: Autour de quelques tapas... (Kiba Tenkai) [TERMINE]   Dim 4 Avr - 9:35

Cela faisait des lustres que Dale n'avait pas enfourché une moto. Évidemment, il avait plus l'habitude d'être aux commandes qu'à l'arrière, mais l'expérience n'avait pas été désagréable pour autant. Et puis Tenkai n'était pas mauvais conducteur. Le trajet s'acheva à quelques mètres en amont du bar, où le policier trouva une place pour se garer.

Alors que Dale arrangeait ses cheveux un peu ébouriffés d'un geste vague de la main, Tenkai enleva son casque et demanda:

- Alors, pas trop malade ?

- Ce n'était pas vraiment mon baptême de moto, répondit l'avocat en tendant à Tenkai le casque qu'il lui avait prêté. Et ça me motive un peu à m'y remettre, en fait!

Il invita Tenkai à le suivre vers le bar, dont il poussa la porte avec entrain - manger bien, être en bonne compagnie, que demandait le peuple?

Une ambiance plutôt animée régnait dans le bar. On était en plein coup de feu; la salle, plutôt grande et décorée de vieilles affiches de ferias mexicaines, était pleine aux trois quarts de clients faisant entre amis ou collègues le débriefing de leur journée. Les serveurs butinaient d'une table à l'autre, d'alléchants fumets passèrent sous les narines de Dale lorsqu'ils traversèrent la salle et s'installèrent à une table libre.

A peine étaient-ils assis qu'une serveuse passa pour leur demander s'ils désiraient un apéritif. Dale jeta un œil à la carte et demanda une Corona. Pendant que Tenkai choisissait sa propre consommation, il songea au tour plutôt amusant qu'avait pris l'entretien de l'après-midi. La discussion avait eu beau être plutôt tendue, le changement de lieu opéré pour le dîner était un parfait moyen de détendre l'atmosphère.

De toutes manières, Dale ne se considérait plus comme étant au boulot. D'ailleurs, ce qui l'avait poussé à inviter Tenkai était un simple intérêt envers l'homme, qui l'intriguait et le séduisait à la fois. Dale n'avait pas réfléchi à ce qu'ils allaient se raconter. Il espérait simplement que le flic serait un peu moins sur la défensive, au moins au bout d'un moment, et ne trouverait pas trop bizarre de dîner en compagnie d'un type qui avait mis en doute sa loyauté quelques minutes auparavant.

Les années avaient beau passer, Dale était toujours très enthousiaste lorsqu'il s'agissait de nouvelles rencontres. Il avait pris cette habitude d'aller rapidement vers les gens dans sa jeunesse, lorsqu'il avait quitté sa ville natale pour débarquer sur le campus de Berkeley, puis à San Fransisco. Détestant la solitude, il n'avait eu d'autre choix que de provoquer rencontres et échanges, donnant toujours le maximum pour qu'on ait de lui une première impression favorable.

Certes, tout le monde n'appréciait pas forcément ce genre d'attitude et considérait ça comme de l'hypocrisie. Dale s'efforçait peut être d'effacer les facettes plus sombres de sa personnalité, n'apparaissant jamais tout entier face à un interlocuteur, mais c'était par prudence, nullement par désir de manipulation. En tant qu'homo, il ne savait que trop bien que les regards pouvaient changer du tout au tout sur un simple détail. S'il créait des liens avec un interlocuteur, il aurait tout le temps pour se dévoiler tout entier.

Néanmoins, dans son métier, Dale avouait sans hésiter jouer un peu la comédie sans le moindre intérêt philanthrope. Le pouvoir de séduction d'un avocat était un point capital pour le mener au succès. Un sourire avenant et un regard chaleureux valaient souvent tous les diplômes du monde. A Frisco, il était passé maître dans l'art de conquérir le client, de la ménagère au businessman.

Bien sûr, à la ville comme au travail, il ne tombait pas toujours sur des gens bienveillants ou intéressants, mais chaque expérience en valait le coup. De toutes manières, à force de remuer la merde dans le cadre de sa profession, si Dale ne croyait plus en l'Homme, il ne pourrait plus croire en rien.

Il sourit en pensant à la dernière soirée passée dans un bar, et pour ne pas paraître impoli, expliqua à Tenkai:

- Je ne connais pas encore beaucoup les bars ici, mais ceux que j'ai vus ont un effet bœuf sur moi. L'autre soir, j'ai pris dix ans de moins en me laissant embarquer dans un jeu d'alcool avec des étudiants. C'est plus facile de faire le con quand on débarque à peine, vous me direz. Mais je suis sûr qu'il y a une quantité de coins sympas à Yuukoku.

La serveuse revint avec les boissons et prit les commandes pour le repas. Dale sirota avec plaisir une gorgée de bière toute fraîche.

- Je vous pose d'ailleurs une dernière question boulot... Ensuite je vous ficherai la paix avec ça.... - Ses yeux pétillèrent - ce n'est pas le but du repas.

Ce n'était pas la peine d'y aller par quatre chemins avec Tenkai. Il suffisait de voir quel effet lamentable cela avait eu lors de l'entretien de tenter de le manipuler.

- Je pense que c'est pareil dans toutes les villes, on a intérêt à se faire connaître pour avoir des clients. Je ne sais pas si vous êtes ici depuis longtemps, ou si vous pouvez me répondre, mais par où est-ce que je devrais traîner pour qu'on connaisse mon visage?




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Kiba Tenkai

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MessageSujet: Re: Autour de quelques tapas... (Kiba Tenkai) [TERMINE]   Mar 13 Avr - 11:54

    - Ce n'était pas vraiment mon baptême de moto… Et ça me motive un peu à m'y remettre, en fait!

    « C’est le meilleur moyen pour se déplacer dans Yuukoku, si on n’a pas trop peur de commettre quelques petites infractions au code de la route. »


    Je souris tout en prenant le casque que j’avais prêté à Cathal et en le rangeant dans le coffre de ma moto. J’avais beau être flic, j’en commettais pas mal des infractions sur la route. Je doublais souvent les voitures pour gagner du temps, voire montais sur les trottoirs lorsqu’il n’y avait pas trop de piétons pour éviter les feux rouges. Lorsque je me faisais prendre, je m’arrangeais avec mes collègues pour éviter de payer l’amende. Ça avait de bons avantages d’être flic dans ces cas-là. On pouvait dire que je profitais de mon métier et c’était tout à fait vrai. Il fallait bien que mon boulot de flic m’apporte des avantages tout de même. Il ne se résumait pas à des insultes dans certains quartiers chauds de la ville ou à des pneus crevés par des jeunes qui voulaient se faire passer pour des anarchistes. Pour ma part, je n’avais pas ce genre de problèmes car on avait peine à croire que j’étais flic, mais mes collègues vivaient ce genre de désagréments.

    Les clés de ma moto rangées dans le fond d’une poche, je suivis l’homme qui m’invitait à dîner dans l’établissement de son choix, un bar qui servait des tapas. Je n’étais pas habitué à ce genre de cuisine mais pourquoi pas. Il y avait du choix et je trouverais bien quelque chose qui me plairait. En entrant dans le bar, je jetai un coup d’œil autour de moi. Il y avait du monde, aussi bien des groupes d’amis que de collègues de travail. L’ambiance était décontractée, ce que j’appréciais. Ça changerait de notre entretien quelque peu tendu. D’ailleurs, je me demandais bien pourquoi Cathal m’avait proposé de manger avec lui. Je n’avais pourtant fait aucun effort pour lui être agréable. Ou bien alors il aimait qu’on soit direct avec lui ? Si c’était ça, il allait être servi avec moi. Je n’étais pas du genre à mâcher mes mots. Dès que j’avais un truc à dire, je le disais.

    Nous trouvâmes une table de libre et dès que nous fûmes assis, une serveuse vint à notre rencontre. Elle nous demanda si nous voulions boire un apéritif. Ma foi, pourquoi pas. N’y connaissant rien en culture mexicaine mais voulant m’y adapter, je pris la même chose que Cathal. Une bière ne me ferait pas de mal, surtout si c’était la seule que je buvais de la soirée. Côté alcool, je faisais très attention lorsque je reprenais ma moto pour rentrer. Lorsque je commettais des infractions, c’était toujours avec l’esprit clair. Dans mon métier, je ne savais que trop bien ce que donnait l’alcool dans le sang sur la route. Des morts, des blessés, des handicapés à vie, des familles détruites… Je n’étais pas assez fou pour jouer les inconscients et les invincibles sur la route.


    - Je ne connais pas encore beaucoup les bars ici, mais ceux que j'ai vus ont un effet bœuf sur moi. L'autre soir, j'ai pris dix ans de moins en me laissant embarquer dans un jeu d'alcool avec des étudiants. C'est plus facile de faire le con quand on débarque à peine, vous me direz. Mais je suis sûr qu'il y a une quantité de coins sympas à Yuukoku.

    « C’est sûr. Après, tout dépend ce que vous aimez. »


    La serveuse revint nous apporter nos bières et nous passâmes commande. Pas facile de prononcer ces noms de plats mexicains lorsqu’on était Japonais. Après avoir sûrement écorché un ou deux mots en prenant commande, je laissai la serveuse repartir. Si je ne m’intéressai pas à elle, c’était qu’elle n’était pas à mon goût. De toute façon, je n’étais pas d’humeur à regarder les filles ce soir. Il n’y en avait pas beaucoup de toute façon aux tables les plus proches de la nôtre. Je bus quelques gorgées de bière mexicaine fraiche tout en regardant Cathal. Je ne l’imaginais pas se saouler en compagnie d’étudiants. Un avocat avec un fort taux d’alcoolémie, ça devait être marrant. J’espérais juste pour lui qu’il ne divulguait aucune information confidentielle lorsqu’il était dans cet état. Ce serait trop facile de l’avoir sinon s’il fallait juste lui payer quelques verres.

    - Je vous pose d'ailleurs une dernière question boulot... Ensuite je vous ficherai la paix avec ça... ce n'est pas le but du repas.

    « Allez-y… »

    - Je pense que c'est pareil dans toutes les villes, on a intérêt à se faire connaître pour avoir des clients. Je ne sais pas si vous êtes ici depuis longtemps, ou si vous pouvez me répondre, mais par où est-ce que je devrais traîner pour qu'on connaisse mon visage?

    « Tout dépend le type de clients que vous souhaitez avoir. Pour les richots qui veulent s’en mettre encore plus dans les poches en piquant dans les caisses de l’entreprise ou en fraudant à l’assurance, c’est mieux d’aller dans les bars du centre ville, vers le quartier des affaires. Sinon, pour les p’tits dealers et les proxénètes, il y a le quartier chaud de la ville vers le grand parc. Pour les gens encore moins fréquentables, y’a les bas quartiers de la ville mais c’est vraiment risqué d’y traîner, surtout seul et de nuit. A part ça, y’a les paumés qui n’ont plus une tune et dont la femme demande le divorce. Eux, on les trouve à peu près partout, il suffit de savoir les écouter se plaindre. »


    Je ne savais pas quel genre de clients Cathal voulait avoir donc je lui faisais la liste de l’essentiel. Après, à lui de choisir, avec le taux de risques qu’il encourait selon les lieux cités. Je traînais peu dans le centre ville, à part pour le travail. Je n’aimais pas boire un verre avec les chefs d’entreprises et les hommes dans le même genre. Ils parlaient pratiquement que boulot et argent. Mes coins, c’était plutôt les quartiers tranquilles ou bien le quartier chaud de Yuukoku. On s’y amusait plus. Quant aux bas fonds de la ville, mieux valait-il ne pas y traîner, surtout lorsqu’on était flic. Je m’y étais déjà risqué en évitant de dévoiler mon métier mais je n’appréciais pas la mentalité des gens là-bas. Ils étaient assez louches. Bien sûr, il y avait des exceptions mais je n’étais pas assez fou pour les chercher. Le taux de criminalité était plus élevé dans ce coin que dans le reste de la ville. Parfois, des conflits entre gangs rivaux éclataient alors qu’il y avait de parfaits innocents au milieu. Et inutile de parler des yakuza. Ceux qui étaient en bas de l’échelle dans la mafia se trouvaient aussi dans ces quartiers.

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MessageSujet: Re: Autour de quelques tapas... (Kiba Tenkai) [TERMINE]   Dim 18 Avr - 20:15

-Tout dépend le type de clients que vous souhaitez avoir. Pour les richots qui veulent s’en mettre encore plus dans les poches en piquant dans les caisses de l’entreprise ou en fraudant à l’assurance, c’est mieux d’aller dans les bars du centre ville, vers le quartier des affaires. Sinon, pour les p’tits dealers et les proxénètes, il y a le quartier chaud de la ville vers le grand parc. Pour les gens encore moins fréquentables, y’a les bas quartiers de la ville mais c’est vraiment risqué d’y traîner, surtout seul et de nuit. A part ça, y’a les paumés qui n’ont plus une tune et dont la femme demande le divorce. Eux, on les trouve à peu près partout, il suffit de savoir les écouter se plaindre.

L'avocat sourit par dessus son verre. C'était partout les mêmes clients, même s'ils étaient plus nombreux dans certaines villes que dans d'autres. A Yukkoku, il y avait l'air d'y avoir de quoi faire.
Dale était un habitué de la fraude aux assurances, quand il exerçait à San Fransisco, mais ce n'était pas garanti qu'il se sente comme un poisson dans l'eau dès ses premiers pas dans le système japonais, qui devait être assez différent. Pour le reste, petits caïds et époux malheureux, il pourrait sûrement s'en sortir assez rapidement, même si c'était moins lucratif.

Il n'était pas particulièrement avide d'argent, mais de son enfance à ses années à Frisco, en passant par l'Université, il avait toujours vécu dans un certain confort, auquel il savait très bien être incapable de renoncer.

- Merci pour le panorama! J'essaierai de fourrer mon nez un peu partout... mais j'éviterai effectivement les bas-quartiers. Je sais par expérience que ma gueule ne met pas forcément les petites frappes en confiance!

La serveuse apporta les premières assiettes de tapas. Il y avait quelques olives, du jambon serrano, des boulettes de viande, des crevettes, des beignets d'aubergines, de morue et de calamar. Dale passa la langue sur ses lèvres avec un grognement satisfait.

- Elles m'ont l'air très bonnes, toutes ces petites choses! Vous pouvez piquer dans les assiettes que j'ai commandées, si quelque chose vous intéresse. Le principe de ce genre de repas, c'est de partager en picorant partout!

Tout en entamant les crevettes, le jeune homme observa son convive. Tenkai semblait s'être quelque peu détendu. Visiblement, le bar et son atmosphère le satisfaisaient, même si, au vu de la façon dont il avait prononcé les noms de plats, c'était son premier du genre. Plutôt ouvert d'esprit, pour un flic, songea Dale, aussi amusé par la situation que par ses propres a priori.

- Vous savez, si vous étiez arrivé le premier à notre rendez-vous, je n'aurais pas cru que vous étiez flic!

C'était un peu lourd de sa part, comme remarque. Mais après tout, Tenkai n'avait l'air de parler que lorsqu'il était asticoté.

- Ne le prenez pas mal. Au contraire, la surprise est plutôt agréable... les membres des stups que j'ai eu l'occasion de ... fréquenter dans mon pays d'origine étaient globalement assez délabrés et brutaux, même les plus jeunes.

Dale déposa la carcasse de sa crevette sur le bord de son assiette, fit un sourire de chat et porta le coup de grâce:

- Vous devez faire des ravages, à la brigade!
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MessageSujet: Re: Autour de quelques tapas... (Kiba Tenkai) [TERMINE]   Mar 20 Avr - 14:39

    - Merci pour le panorama! J'essaierai de fourrer mon nez un peu partout... mais j'éviterai effectivement les bas-quartiers. Je sais par expérience que ma gueule ne met pas forcément les petites frappes en confiance!

    Il n’y avait pas que les « petites frappes ». Au Japon, on se méfiait souvent des étrangers, surtout des Américains. Sans doute était-ce encore dû aux séquelles causés par la dernière guerre, ou alors à une certaine xénophobie, je n’en savais rien. Pour ma part, parler à des étrangers ne me gênait pas. J’étais assez ouvert d’esprit. La preuve, je mangeais mexicain en compagnie d’un Américain. J’étais aussi ami avec une journaliste anglaise, et j’avais un « sex-friend » yakuza qui était mi-anglais, mi-japonais. En fait, toutes mes connaissances avec du sang étranger coulant dans leurs veines avaient un métier qui ne collait pas vraiment avec le mien. Je ne m’en rendais compte que maintenant.

    - Elles m'ont l'air très bonnes, toutes ces petites choses! Vous pouvez piquer dans les assiettes que j'ai commandées, si quelque chose vous intéresse. Le principe de ce genre de repas, c'est de partager en picorant partout!

    « Très bien. Faîtes-en autant si vous le désirez… Bon appétit. »

    Les tapas que nous avait apportées la serveuse semblaient succulentes. Je ne savais d’ailleurs pas par quoi commencer. Habitué à manger avec des baguettes, je les cherchai du regard, avant de me rendre compte qu’il n’y en avait pas. Quel idiot. Comme si les mexicains mangeaient avec des baguettes… Je suivis donc l’exemple de Cathal et piochai au hasard dans l’une de mes assiettes. Je tombai sur un beignet de calamar. Je le mangeai tandis que l’avocat attaquait une crevette. C’était la première fois que je mangeais mexicain et je devais avouer que je n’étais pas déçu. C’était assez différent des plats japonais car il y avait différentes épices en plus, mais c’était mangeable et surtout très bon.

    - Vous savez, si vous étiez arrivé le premier à notre rendez-vous, je n'aurais pas cru que vous étiez flic!

    « C’est l’impression que je donne à tout le monde. »

    - Ne le prenez pas mal. Au contraire, la surprise est plutôt agréable... les membres des stups que j'ai eu l'occasion de ... fréquenter dans mon pays d'origine étaient globalement assez délabrés et brutaux, même les plus jeunes.

    Je ne fis qu’esquisser un sourire à ces paroles. La surprise avait été « plutôt agréable » ? Tant mieux. Cela signifiait que mon physique ne déplaisait pas à Cathal. Mais est-ce que cela signifiait pour autant que l’avocat était attiré par les hommes ? Un homme pouvait trouver beau un autre homme sans pour autant être homosexuel. Concernant Cathal, j’avais du mal à me faire une idée. Ce dîner ne signifiait pas grand-chose. Peut-être m’avait-il simplement invité car il ne connaissait personne en ville et qu’il désirait faire connaissance. Un flic n’était pas de trop dans le carnet d’adresse d’un avocat. Cela ne voulait pas dire obligatoirement que je lui avais tapé dans l’œil même si cela serait bon pour mon égo.

    - Vous devez faire des ravages, à la brigade!

    « Sans doute mais je ne préfère pas mélanger boulot et vie privée. Bonjour l’ambiance dans le commissariat sinon, déjà que ce n’est pas la joie… »

    Je n’aimais pas l’ambiance du commissariat. Peut-être parce qu’il y avait beaucoup plus d’hommes que de femmes et qu’ils n’appréciaient pas les personnes comme moi, à comprendre les bisexuels ou bien les hommes qui aimaient prendre soin de leur image. La police était un monde machiste et assez homophobe. Difficile de s’y faire des amis lorsqu’on ne cachait pas ses attirances sexuelles. Ayant un sacré caractère, ça ne me faisait ni chaud ni froid. De plus, j’aimais mon métier. Je n’allais donc pas le quitter pour des petits cons amateurs de beignets hyper sucrés qui avaient un problème avec ce que j’étais. Et puis, comme on dit, « c’est les plus gênés qui s’en vont ». A eux de partir si je les dérangeais. Mais ce serait vraiment idiot de leur part, surtout que je ne les embêtais pas.

    « Et vous, même si vous êtes nouveau en ville, vous avez bien dû faire quelques rencontres intéressantes, non ? Certains aiment le côté exotique des étrangers. Mais vous, vous aimez le physique des Japonaises ? »

    Question piège. Qu’allait me répondre Cathal ? Selon sa réponse, je saurais peut-être s’il était intéressé par les hommes et si ce dîner signifiait plus que faire simplement connaissance avec un habitant de la ville. Bien sûr, j’étais conscient que même s’il m’avouait aimer les hommes, je n’étais peut-être pas son type. Après tout, chacun ses goûts, non ? Je n’étais pas aussi narcissique au point de penser que tout le monde pouvait tomber sous mon charme. Dans tous les cas, j’apprécierais ce dîner. Ça faisait quelques temps que je n’avais pas mangé à l’extérieur avec quelqu’un. Il y avait bien eu cette fête pour le mariage d’un proche de Tatsuki mais ce n’était pas pareil. Là, avec Cathal, c’était en tête à tête et dans un cadre des plus banals, si on pouvait dire ça pour un resto mexicain au Japon.

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MessageSujet: Re: Autour de quelques tapas... (Kiba Tenkai) [TERMINE]   Mar 20 Avr - 17:28

- Sans doute mais je ne préfère pas mélanger boulot et vie privée. Bonjour l’ambiance dans le commissariat sinon, déjà que ce n’est pas la joie…

Dale hocha légèrement la tête en signe d'assentiment. Par expérience, il approuvait doublement la réserve de Tenkai.
Son expérience des commissariats avait été pour le moins négative.

Lors de ses premiers échanges avec la police, dans le cadre de son travail, il s'était heurté à une certaine méfiance, voire une franche hostilité de la part des officiers, voyant en un avocat le pire empêcheur de bouger.
Dale convenait volontiers qu'il lui était possible de bousiller un interrogatoire ou même des poursuites grâce aux procédures américaines. Mais, même si cela lui rapportait de l'argent et qu'il pouvait grâce à ces règles sauver les fesses de ses clients, ce n'était pas toujours de bon cœur qu'il permettait à certains d'être relâchés dans la nature, en leur faisant refuser de répondre ou en soulevant des vices de forme.

Et lorsqu'il avait du lui-même passer devant les stups lorsqu'il s'était trouvé mêlé à l'affaire de meurtre qui l'avait finalement amené à poser ses valises à Yuukoku, les échanges avaient été autrement plus désagréables. La plupart de ces types, au vu de leur comportement d'hétéro-beaufs, devaient avoir eu quelque chose à compenser en embrassant une telle carrière,

Quant au mélange des vies professionnelles et privées, il n'en avait pas vraiment pâti mais se rappelait la souffrance de Shane, aux petites remarques qui fusaient, de temps en temps, au tribunal, sur la relation qu'ils entretenaient. L'enjeu pour leurs réputations respectives avait d'ailleurs contribué à leur séparation, en plus de leurs emplois du temps impossibles à accorder.
La rumeur avait tout de même eu le temps de faire son travail, certains avaient tourné le dos au jeune avocat, mais les meilleurs avaient su rester. Un coming-out était parfois le meilleur moyen de tester les gens!

- Et vous, même si vous êtes nouveau en ville, vous avez bien dû faire quelques rencontres intéressantes, non ? Certains aiment le côté exotique des étrangers. Mais vous, vous aimez le physique des Japonaises ?

L'avocat laissa échapper un petit rire. Non seulement Tenkai avait détourné son attention par sa réponse, mais il répliquait à sa question par une autre question. C'était décidément un plaisir de discuter avec ce type, même si Dale avait encore l'impression d'être pris pour un brave con.
Mais après tout, c'était peut être ce qu'il était pour se jeter aussi facilement dans la gueule du loup!

- Je suis en pleine acclimatation, à vrai dire. Il faut une phase de transition pour passer des filles-femmes que nous avons chez nous aux femmes-enfants que l'on croise ici, je vous assure.

Il pensait avoir senti à qui il avait affaire, mais peut être était-ce par excès de confiance en lui. Ça a la couleur de l’alcool, le goût de l’alcool… mais ce n’est pas de l’alcool!

De toutes manières, il n'y avait pour ainsi dire aucun enjeu, c'était le principe de la drague au premier rendez-vous. Dale n'avait pas pratiqué la discipline depuis longtemps, encore moins en terre étrangère, mais il y avait un début à tout!

Et puis le policier avait bien pu voir qu'il était du genre direct. Peut-être avait-il agi un peu trop vite... peut-être aussi Tenkai le trouverait-il bien trop imbu de lui même pour faire un tel rentre dedans. Le jeune avocat se savait plutôt attirant physiquement mais, puisqu'on parlait de choc des cultures, peut être les occidentaux, surtout les grandes gueules, n'étaient ils pas le genre de la maison...

Il eut un sourire gêné, réalisant le lieu commun qu'il avait sorti pour gagner le temps de réfléchir à l'attitude à adopter.

- "Une banalité de plus", devez-vous vous dire, n'est-ce pas?

Oh, et puis après tout, il n'aurait pas l'occasion de revoir Tenkai de sitôt, au vu de l'inutilité de leur entretien. Le pire qui pouvait arriver était que son convive se lève de table et l'insulte. Mais il ne semblait pas de cette trempe-là... du moins Dale l'espérait.

Ce n'était plus le moment de se débiner. De l'audace! Dale plongea un regard plein d'assurance dans celui de Tenkai.

- Bon, à vrai dire, les rencontres que j'ai faites pour le moment sont en majorité des hommes, aux styles plus originaux les uns que les autres... et je m'en satisfais tout à fait.


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MessageSujet: Re: Autour de quelques tapas... (Kiba Tenkai) [TERMINE]   Mer 21 Avr - 17:00

    - Je suis en pleine acclimatation, à vrai dire. Il faut une phase de transition pour passer des filles-femmes que nous avons chez nous aux femmes-enfants que l'on croise ici, je vous assure.

    Je voyais ce que voulait dire Cathal en parlant de « filles-femmes » et de « femmes-enfants ». Pour les étrangers, les Japonaises faisaient plus jeunes que leur âge. Je ne savais pas à quoi cela était dû. Nous autres les Japonais n’avions pas encore trouvé la fontaine de jouvence. Mais c’était vrai que lorsque l’on comparait une Japonaise et une Américaine par exemple du même âge, la différence était flagrante. Les filles occidentales paraissaient beaucoup plus âgées à cause de la tonne de maquillage qu’elles mettaient et des habits qu’elles portaient. Difficile donc de s’acclimater rapidement comme le disait l’avocat. Mais il y parviendrait sûrement, j’étais confiant. Ce n’était qu’une question de temps. En quelques semaines, il aurait fait la transition.

    - Bon, à vrai dire, les rencontres que j'ai faites pour le moment sont en majorité des hommes, aux styles plus originaux les uns que les autres... et je m'en satisfais tout à fait.

    Je soutins le regard de l’avocat. Que voulait-il dire ? Ses paroles étaient plutôt ambigües. Etait-ce un moyen détourné pour m’avouer son homosexualité ? J’en avais bien l’impression. Il ne me regarderait pas avec autant d’assurance et d’insistance sinon. Et le fait qu’il ait rencontré plus d’hommes que de femmes ne le gênait aucunement donc cela voulait tout dire, non ? Je trouvais cette nouvelle des plus intéressantes. Au moins, je savais maintenant à qui j’avais à faire. Bien sûr, je ne cherchais pas toujours à connaître l’orientation sexuelle de mes interlocuteurs mais dans le cas où celui-ci m’invitait à dîner, je préférais le savoir. Cela pouvait toujours être utile pour la suite…

    « Ravi que ma rencontre vous satisfasse alors. » répondis-je avec le sourire avant de manger une nouvelle bouchée de tapa. « Pour ma part, je ne suis pas déçu non plus. Il suffit que vous fassiez tomber votre masque d’avocat et vous devenez de meilleure compagnie. »

    Comme à mon habitude, je ne mâchais pas mes mots et je disais clairement le fond de mes pensées. Cathal m’avait paru barbant dans son rôle d’avocat. Peut-être parce qu’il avait gardé sa façon de faire aux Etats-Unis. Il semblait bien trop sûr de lui, au point de dire clairement qu’il ne faisait pas confiance à son interlocuteur. Bien sûr, je l’avais mal pris. Ce n’était pas agréable de se faire menacer alors qu’on prenait sur son temps libre pour répondre à quelques questions. Mais Cathal avait su se calmer par la suite et, maintenant que nous étions sortis du cadre professionnel, il était plus détendu et de meilleure compagnie.

    « Dîtes-moi, serait-ce trop impoli de vous demander pourquoi un bel et sûrement talentueux avocat comme vous a quitté son pays pour le Japon ? C’est plutôt risqué comme aventure. Même si vous parlez parfaitement la langue, vous avez sûrement beaucoup de choses à apprendre. »

    Depuis le début de notre entretien, je n’avais pas arrêté de me poser cette question. Qu’est-ce qui avait poussé Cathal à quitter son pays d’origine et à venir au Japon, pays très différent des Etats-Unis ? Le système juridique était sûrement un peu différent. Quant à la culture, n’en parlons même pas. Elle était très éloignée de celle américaine, ce qui expliquait sans doute pourquoi les mentalités l’étaient aussi. Cathal allait devoir faire très attention avec les Japonais. En général, ils n’aimaient pas la façon de faire des Américains. Même moi qui était plutôt original n’appréciait pas tellement la façon de faire de l’avocat et je le lui avais clairement fait comprendre. Qu’il fasse donc attention s’il ne voulait pas perdre des clients.

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Dale Cathal

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MessageSujet: Re: Autour de quelques tapas... (Kiba Tenkai) [TERMINE]   Mer 21 Avr - 23:20

Au grand soulagement de Dale, le policier se montra à la hauteur de ses attentes. Cillant à peine, Tenkai répondit calmement:

- Ravi que ma rencontre vous satisfasse alors. Pour ma part, je ne suis pas déçu non plus. Il suffit que vous fassiez tomber votre masque d’avocat et vous devenez de meilleure compagnie.

Dale s'esclaffa, soulagé et amusé de la pique que le blond venait de lui lancer. L'épisode du parc restait manifestement en travers de la gorge de Tenkai, c'était clair. Mais après tout, Dale n'avait fait que son boulot! Son but était, en rencontrant un collègue de son client, de collecter des informations dans une affaire grave, il n'avait donc eu d'autre choix, face à un parfait inconnu, que de se montrer agressif, histoire de lui faire comprendre qu'il ne rigolait pas. Professionnellement, que l'égo de Tenkai ait été heurté par ce comportement ne lui faisait pas grand chose. A titre personnel, c'était bien sûr un peu plus contrariant, mais le dîner sauvait la mise, au vu de ce que venait de dire son invité.

Dale décida tout de même de ne pas s'excuser. A l'image de ce que venait de lui dire Tenkai, il pratiquait jusqu'au bout la séparation vie privée - vie professionnelle, mais sa fierté d'homme et son orgueil d'avocat s'entremêlaient allègrement.

- Allons, pour ce que j'en sais, un flic en exercice n'est pas non plus la crème des crèmes avec les personnes dont il se méfie, répliqua-t-il sans se départir de son ton léger.

L'air de rien, Tenkai continuait à piocher dans les assiettes. Bien que la conversation se fasse à demi-mot, il était très probable que le policier ait compris l'allusion qu'il venait de lui lancer. Mieux, cela ne semblait pas du tout le contrarier, bien au contraire... même si ce dernier point restait à vérifier. Dale se délectait intérieurement du tour que prenait la conversation, mais déchanta vite:

-Dîtes-moi, serait-ce trop impoli de vous demander pourquoi un bel et sûrement talentueux avocat comme vous a quitté son pays pour le Japon ? C’est plutôt risqué comme aventure. Même si vous parlez parfaitement la langue, vous avez sûrement beaucoup de choses à apprendre.

Aïe. Ce n'était vraiment, vraiment pas le moment pour aborder le sujet. Les mâchoires de l'avocat se crispèrent sensiblement. Tenkai lui plaisait assez, et c'était le genre d'histoire qui pouvait tout gâcher, les détails qui la parsemaient étant plus glauques les uns que les autres. De plus, raconter ses errements au blond mettrait sûrement ce dernier mal à l'aise. Et qu'allait-il penser d'un type qui étale devant lui ses penchants sexuels et sa vie, dès la première rencontre? Rien de bien. Dale lui-même aurait trouvé ça pitoyable.

Enfin, et ce détail n'était pas des moindres, Dale n'avait aucune envie de se replonger dans cette mouise, ne serait-ce qu'en souvenir.

Inversement, mentir à Tenkai était exclu. Il était hors de question de commencer une relation, quelle qu'elle soit, sur un mensonge, Dale y mettait un point d'honneur, même dans le situations les plus délicates, comme celle-ci.

- Pour être honnête, ce n'est effectivement pas par goût pour le choc des cultures que je suis allé poser mes pénates à l'autre bout du monde, dit-il avec un petit sourire. Disons que j'ai défendu le mauvais client, et que lui et moi, dans une moindre mesure, l'avons payé très cher...

Un instant, il s'interrompit, saisi de honte pour ce qu'il venait d'avouer: une fuite. Quel autre nom pouvait-on donner à ce qu'il avait fait en quittant les Etats-Unis, laissant tout derrière lui, trop heureux d'être encore vivant en voyant ce qu'ils avaient fait à son client? Mais avait-il vraiment eu le choix, après tout? S'il était resté, il serait probablement en train de manger les pissenlits par la racine, à cette heure... ces types lui avaient clairement annoncé la couleur, le soir où ils l'avaient attendu chez lui en joyeux comité d'accueil. D'ailleurs, Tenkai avait-il noté que Dale boitait? Merde, et s'il pensait que l'avocat avait simplement trop flirté avec la mafia de Frisco et avait fini par se faire avoir?

Tu t'emballes, Dale. Ce n'était absolument pas le moment de perdre le contrôle de lui-même. Être incapable d'assumer son vécu et ses actes dans une situation aussi triviale l'empêcherait non seulement de se regarder dans une glace, mais aussi de construire quoi que ce soit à Yuukoku.

Il exhala un profond soupir, histoire de se calmer un peu, puis poursuivit:

- Mais si ça peut vous rassurer, vous n'aurez pas à faire d'heures supplémentaires.
- Il cligna de l'oeil - Je ne suis pas un criminel en fuite!

Dale balaya l'air du revers de sa main.

- Bref, j'ai, comme vous le dites, encore beaucoup de choses à apprendre sur le Japon, mais je pense que, d'un côté de l'océan comme de l'autre, ce n'est pas vraiment le genre d'histoire qu'on aime entendre lors d'un premier - il n'avait pas perdu de vue le compliment de Tenkai - dîner. En tous cas, je me sens déjà bien ici. La ville vous plaît? Vous y avez grandi?




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MessageSujet: Re: Autour de quelques tapas... (Kiba Tenkai) [TERMINE]   Dim 2 Mai - 20:00

    - Allons, pour ce que j'en sais, un flic en exercice n'est pas non plus la crème des crèmes avec les personnes dont il se méfie.

    Cathal marquait un point mais ça ne voulait pas dire que je lui pardonnais la façon dont il avait agi dans le parc. Ce n’était pas en me menaçant et en m’insultant qu’il aurait obtenu mon aide et je le lui avais fait clairement comprendre. Par la suite, il s’était calmé et c’était tant mieux. Nous n’en serions pas là sinon. Nous n’aurions pas atterris dans cet établissement mexicain à faire connaissance et à passer un bon moment ensemble. Finalement, je changeais un peu d’avis sur les avocats. Ils n’étaient pas tous barbants. Cathal parvenait à quitter peu à peu son masque d’homme du barreau et à laisser entrevoir sa vraie personnalité et, ma foi, elle ne me déplaisait pas. Il avait un certain répondant et n’avait aucun mal à entretenir la conversation. Par contre, son visage s’assombrit lorsque je le questionnai sur la raison qui l’avait poussé à quitter son pays pour venir au Japon.

    - Pour être honnête, ce n'est effectivement pas par goût pour le choc des cultures que je suis allé poser mes pénates à l'autre bout du monde. Disons que j'ai défendu le mauvais client, et que lui et moi, dans une moindre mesure, l'avons payé très cher...

    Cathal resta vague et ne sembla pas vouloir développer plus sa petite histoire. D’un côté, ça me donnait envie d’en savoir plus mais de l’autre, je lui étais reconnaissant de ne pas raconter sa vie et se plaindre. Je détestais les faibles qui ressentaient le besoin de parler de tous leurs problèmes aux gens. C’était tellement saoulant. En général, je les interrompais et je les laissais en plan. Chacun avait ses problèmes, inutile d’écouter ceux des autres. C’était peut-être égoïste mais j’étais comme ça. L’avocat marquait de nouveau point en restant évasif. Je me fichais que son petit récit le fasse passer pour un fuyard. S’il avait rencontré de graves problèmes et que ça lui avait valu une mauvaise réputation en tant qu’avocat, autant changer de cadre et recommencer tout à zéro. Sa fuite pouvait passer pour l’acte d’un trouillard mais pour moi, Cathal était plus quelqu’un de courageux. Peu de monde oserait quitter son pays pour aller dans un autre qui lui était complètement inconnu.

    - Mais si ça peut vous rassurer, vous n'aurez pas à faire d'heures supplémentaires. Je ne suis pas un criminel en fuite!

    « Que vous soyez un criminel en cavale ou non, je m’en fiche du moment que vous ne touchez pas à la drogue. Enfin, façon de parler. Si vous tuez quelqu’un devant moi, je serais tout de même obligé de vous arrêter. »

    Je faisais partie de la brigade des Stups’, pas de la Criminelle. Je n’avais donc pas à m’occuper des cas d’homicides, à part si c’était lié à la drogue. Mais si je voyais quelqu’un tuer une personne devant moi, drogue ou pas drogue, je faisais tout pour arrêter cette pourriture. J’avais beau être un sale ripou, je ne laisserai passer ce crime pour rien au monde, même de l’argent. Si j’avais décidé de devenir flic, c’était pour défendre la veuve et l’orphelin. C’était peut-être caricatural mais je m’en fichais. Je savais qu’un monde sans crime ni violence était impossible à obtenir mais je désirais tout faire pour limiter les dégâts. J’avais donc quelques remords à vendre des substances illicites qui pouvaient causer des bagarres ou des accidents mais pour le moment, je n’avais pas d’autres choix. Mais plus tard, si jamais j’accédais au rang d’inspecteur ou même de commissaire, je cesserais mes sales activités car je n’en aurais plus besoin.

    - Bref, j'ai, comme vous le dites, encore beaucoup de choses à apprendre sur le Japon, mais je pense que, d'un côté de l'océan comme de l'autre, ce n'est pas vraiment le genre d'histoire qu'on aime entendre lors d'un premier dîner. En tous cas, je me sens déjà bien ici. La ville vous plaît? Vous y avez grandi?

    « Non, je suis né et j’ai grandi à Tokyo. J’ai voulu changer d’air et venir à Yuukoku parce que j’en ai eu marre de travailler dans ma ville natale, mais aussi parce qu’ici, il y a un gros cartel de drogue. Ça me fait plein de boulot comme ça. »

    J’avais beau la jouer « mec cool », j’étais un gros bosseur. J’aimais vraiment mon travail. Ça ne me dérangeait pas de faire des heures supplémentaires. J’étais ainsi mieux payé en plus et ça m’évitait de devoir travailler plus comme dealer. Lorsqu’il y avait du travail, je le prenais, même s’il n’était pas très passionnant. De jour ou de nuit, je m’en fichais. J’avais une bonne image au commissariat. Peut-être que ça atténuerait la sentence si jamais on découvrait un jour que je piquais de la drogue lors de saisie entre autre pour arrondir mes fins de mois. Mais j’espérais ne jamais en arriver là. Si ça arrivait, peut-être qu’avoir un ami avocat dans mes contacts ne serait pas de trop. J’espérais juste que Cathal était bon. Au pire, pour le savoir, je n’avais qu’à lui proposer d’autres rendez-vous si celui-ci se passait bien et lui demander l’avancée de sa carrière au Japon.

    « Et vous, vous êtes né à San Francisco ? Je n’ai encore jamais voyagé. C’est comment chez vous ? C’est comme ce qu’on voit à la télé dans les séries américaines ? »

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MessageSujet: Re: Autour de quelques tapas... (Kiba Tenkai) [TERMINE]   Lun 24 Mai - 22:35

« Que vous soyez un criminel en cavale ou non, je m’en fiche du moment que vous ne touchez pas à la drogue. Enfin, façon de parler. Si vous tuez quelqu’un devant moi, je serais tout de même obligé de vous arrêter. »

Dale hocha la tête, satisfait. Tenkai avait beau avoir un air de rebelle, il semblait carrément droit dans ses bottes. En homme à principes, l'avocat appréciait ce type de personnes. D'autre part, le flic avait du remarquer son trouble, mais ne s'était absolument pas montré insistant, ni inutilement compatissant. Bien sûr, c'était le minimum des règle de savoir-vivre, mais tout le monde n'avait pas le bonheur de les connaître.

L'avocat écouta le blond relater rapidement ses origines et la cause de son arrivée à Yuukoku. Le cartel de drogue, il en avait déjà entendu parler, tant de la bouche de Tenkai lors de leur entretien du parc qu'à travers les premiers dossiers qu'il avait eus sur les bras. Ce n'était pas étonnant. Yuukoku était une grande ville sombre, un peu angoissante comme touts les métropoles, et entre les chômeurs et les golden boys, la clientèle désireuse d'oublier les tracas de la vie quotidienne devait foisonner. A San Fransisco, Dale s'était toujours arrangé pour ne pas défendre les membres des cartels, demeurant en périphérie de ce milieu, acceptant à la limite les dossiers de dealers, de consommateurs pris la main au collet ou de lointains passeurs. Il tenterait à Yuukoku de garder la même ligne de conduite. La rémunération des avocats des barons de la drogue était souvent constitué de la marchandise en question... pas question pour Dale d'être tenté de retomber là-dedans.

Tenkai poursuivit sur le ton de la conversation:
« Et vous, vous êtes né à San Francisco ? Je n’ai encore jamais voyagé. C’est comment chez vous ? C’est comme ce qu’on voit à la télé dans les séries américaines ? »

Dale haussa les épaules.

- Les médecins légaux ne portent pas de talons aiguilles et aucune rue de banlieue friquée ne contient d'aussi belles plantes que dans Wisteria Lane... mais c'est vrai que c'est un drôle de pays. Je ne suis pas de San Fransisco, au départ. Je suis né sur la côte Est, à Lancaster, près de New York. J'ai fait mes valises aussitôt que j'ai pu, et je suis passé à l'Est dès la fac de droit.
"Je ne suis pas à franchement parler un grand voyageur. J'étais une ou deux fois en Europe, mais Yuukoku est une première en Asie pour moi! Par contre, c'est vrai que partir fait du bien, construire autre chose ailleurs. C'est bon pour soi-même. Bien sûr, on est toujours un peu en manque de stabilité, mais on peut quand même s'adapter rapidement!
"Yuukoku a d'ailleurs beaucoup de points communs avec San Fransisco. C'est moins ensoleillé, mais ça fourmille tout autant. Même si je sais qu'en tant qu'étranger, j'ai un handicap ici, les premiers clients commencent à venir. J'ai l'impression que les gens circulent, ici. Arrivent, disparaissent comme ils sont venus. C'est un peu étrange, cette impression qu'il est possible ici de tisser facilement des liens, mais pas d'avoir de relations longues et fidèles.


Il sourit.

- Enfin, je m'égare. C'est peut être simplement le fait de débarquer tout juste qui me fait dire ce genre de choses. Je suis habitué à avoir constamment des connaissances autour de moi, et le Japon me coupe un peu de tout ça. Vous m'avez l'air d'un solitaire, vous, je me trompe?
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MessageSujet: Re: Autour de quelques tapas... (Kiba Tenkai) [TERMINE]   Mer 26 Mai - 0:18

    - Les médecins légaux ne portent pas de talons aiguilles et aucune rue de banlieue friquée ne contient d'aussi belles plantes que dans Wisteria Lane... mais c'est vrai que c'est un drôle de pays.

    J’aimais les références qu’avait trouvées Cathal pour faire le lien entre fiction et réalité. Ainsi les médecins légistes ne portaient pas de talons aiguilles comme dans les séries que l’on pouvait voir à la télévision. Dommage. Cela aurait peut-être rendu les autopsies plus intéressantes. Quant aux jardins des banlieues de richots, je me doutais bien que ce n’était pas comme dans l’impasse fictive que citait l’avocat. Dans les séries, tout était trop superficiel. Prenez par exemple cette série où une équipe de la police scientifique travaillait à Miami. On avait l’impression qu’il faisait toujours beau là-bas. Pourtant, en y regardant bien, les techniciens de l’image oubliaient souvent de « gommer » les flaques d’eau par terre… C’était bien beau de mettre un gars avec de belles lunettes de soleil et de faire croire que le ciel était d’un beau jaune mais autant jouer le jeu jusqu’au bout et effacer les traces de la dernière averse. Enfin bref, tout cela pour dire que les Américains aimaient embellir l’image qu’ils donnaient à leur pays.

    "Je ne suis pas de San Fransisco, au départ. Je suis né sur la côte Est, à Lancaster, près de New York. J'ai fait mes valises aussitôt que j'ai pu, et je suis passé à l'Est dès la fac de droit.
    "Je ne suis pas à franchement parler un grand voyageur. J'étais une ou deux fois en Europe, mais Yuukoku est une première en Asie pour moi! Par contre, c'est vrai que partir fait du bien, construire autre chose ailleurs. C'est bon pour soi-même. Bien sûr, on est toujours un peu en manque de stabilité, mais on peut quand même s'adapter rapidement! "


    Pour ça, je ne pouvais que faire confiance à Cathal. Je n’avais jamais tenté l’expérience de quitter mon pays pour un autre qui m’était complètement inconnu. Je n’avais jamais voyagé à l’étranger en fait. Mon plus grand voyage avait été de quitter Tokyo pour venir m’installer à Yuukoku, c’était pour dire. Mais, même si l’étranger m’attirait, j’aimais mon pays et pour rien au monde je le quitterais. Je m’y sentais vraiment bien. Si je devais aller dans un autre pays, je perdrais sûrement mon assurance et ma grande gueule. C’était pourtant ce qui faisait mon charme, non ? Quoiqu’il en soit, j’admirais un peu Cathal pour son courage. Même s’il avait quitté son pays par lâcheté selon certains, il avait du cran d’être venu au Japon qui était totalement différent des Etats-Unis. Il aurait très bien pu se rendre en Angleterre où ils parlaient anglais aussi. Cela aurait été moins dépaysant.

    "Yuukoku a d'ailleurs beaucoup de points communs avec San Fransisco. C'est moins ensoleillé, mais ça fourmille tout autant. Même si je sais qu'en tant qu'étranger, j'ai un handicap ici, les premiers clients commencent à venir. J'ai l'impression que les gens circulent, ici. Arrivent, disparaissent comme ils sont venus. C'est un peu étrange, cette impression qu'il est possible ici de tisser facilement des liens, mais pas d'avoir de relations longues et fidèles. "

    « C’est pas faux. J’ai parfois cette impression aussi. Même au commissariat ça vient ça part. »

    Je ne savais pas trop à quoi c’était dû. Peut-être à la réputation de Yuukoku. La ville semblait être un lieu de passage. Pour les hommes d’affaires, dealers y compris, ils venaient, se faisaient de l’argent puis allaient s’installer ailleurs où ils pouvaient gagner encore plus. Quant à mes collègues, certains demandaient une mutation, ayant trop de travail avec le haut taux de criminalité de la ville. Le maire souhaitait cacher les vraies statistiques mais ça ne servait pas à grand-chose. La presse se faisait un plaisir d’étaler les derniers meurtres ou les dernières arrestations. Il n’y avait qu’à étudier les journaux pour être au courant des mauvais côtés de la ville. Moi, j’en n’en avais pas vraiment besoin vu que j’étais au premier rang pour assister à la criminalité grandissante. Mais je souhaitais être optimiste. La police aurait bien un jour ou l’autre le dessus sur toute cette racaille.

    - Enfin, je m'égare. C'est peut être simplement le fait de débarquer tout juste qui me fait dire ce genre de choses. Je suis habitué à avoir constamment des connaissances autour de moi, et le Japon me coupe un peu de tout ça. Vous m'avez l'air d'un solitaire, vous, je me trompe?

    « Un solitaire ? Moui, on peut dire ça comme ça, même si je suis souvent accompagné. Je ne préfère pas trop m’attacher et puis les vrais amis sont rares. Pour l’instant, cette vie me convient. Mais à un moment ou à un autre, je finirai bien par me caser. Il faut savoir être sage arrivé à un âge. C’est pour ça que je profite de ma jeunesse… Et vous, vous en êtes où ? Vous êtes encore au stade des aventures d’un soir ou bien êtes vous à la recherche de l’homme de votre vie ? »

    J’étais impoli ? Un peu oui. Mais j’étais intéressé par la réponse qu’allait me donner l’avocat. Et puis comme ça, il n’y avait plus de non-dits entre nous. J’étais clairement au courant qu’il était gay et il savait maintenant que ça ne me posait aucun problème. Voilà, les choses étaient dites. Cathal aurait ainsi plus de facilités à me parler sans sous-entendu. J’aimais que tout soit clair. Et, selon sa réponse, je verrais bien ce que ça donnerait. Je n’étais pas friand des avocats mais il fallait avouer que celui-ci n’était pas moche à regarder. En ce moment, j’aimais tout ce qui était exotique. Ce n’était pas vraiment ce qui manquait à Yuukoku d’ailleurs. Bientôt, il y aurait sûrement plus d’étrangers que de Japonais. Mais apparemment, la ville était plus accueillante et tolérante que le reste du pays.

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MessageSujet: Re: Autour de quelques tapas... (Kiba Tenkai) [TERMINE]   Dim 11 Juil - 11:41

« Un solitaire ? Moui, on peut dire ça comme ça, même si je suis souvent accompagné. Je ne préfère pas trop m’attacher et puis les vrais amis sont rares. Pour l’instant, cette vie me convient. Mais à un moment ou à un autre, je finirai bien par me caser. Il faut savoir être sage arrivé à un âge. C’est pour ça que je profite de ma jeunesse…

L'avocat baissa les yeux vers son assiette sans pouvoir retenir un sourire. Tenkai était un vrai puits de sagesse, décidément! Il n'était néanmoins pas aisé, sous ses dehors de franchise, d'air cool et détaché, de distinguer sa personnalité profonde. Un solitaire, hein? Dale se rendit compte qu'il était souvent attiré par ce genre de personnalité. Shane, par exemple, était de ce genre-là, ouvert, parlant de tout et de rien, pour faire finalement diversion sur ses propres problèmes.
Tout le charme, avec ces personnes, était de, petit à petit, les découvrir. Généralement, la surprise était agréable...

-Et vous, vous en êtes où ? Vous êtes encore au stade des aventures d’un soir ou bien êtes vous à la recherche de l’homme de votre vie ? »

Dale essuya les commissures de ses lèvres avec le coin de sa serviette. Les deux hommes, tout en discutant, avaient vidé leurs plats. C'était la fin du coup de feu, on passait au café, les tables se libéraient, laissant s'envoler les clients vers leurs foyers ou les bars de la ville.
La question de Kiba Tenkai avait beau être directe, elle ne mit pas Dale mal à l'aise. La conversation se poursuivait dans son ordre normal, et à vrai dire, prenait un tour plutôt intéressant!

- Haha, en ce moment, je n'ai personne, non. Il valait mieux faire table rase avant de partir... du reste, mon boulot ne me laisse pas vraiment le temps de construire quelque chose. J'ai longtemps été avec un type, mais on a du se séparer, tout simplement parce que nous n'avions que très rarement un moment pour nous. Ça ne nous a pas empêché de nous voir encore un peu après avoir rompu, mais ça se faisait toujours non sans amertume...
Depuis, j'avoue avoir du mal à me lancer dans autre chose. Peut être que c'est l'impression d'inachevé qui fait ça. J'ai donc vécu, jusqu'à mon départ, au jour le jour.


Les coups d'un soir avaient d'ailleurs contribué à sa perte, mais après tout, on ne se refait pas...

Il se renversa en arrière contre le dossier de sa chaise, avec un soupir satisfait. Les tapas avaient vraiment été délicieuses. Il en aurait recommandé autant sur le champ, mais il tenait trop à ses costumes taillés sur mesure pour cela. A l'occasion, il tenterait de se rencarder sur ce qu'il pouvait trouver en matière de trois pièces à Yuukoku, d'ailleurs...

Il plongea son regard sombre dans celui du policier, avec un petit sourire.

- A vrai dire, depuis mon arrivée à Yuukoku, je n'ai pas encore réfléchi à ma ligne de conduite! Je pense être plus vieux que vous, mais encore bien assez jeune pour profiter des joies du célibat. Vous avez quoi, vous, vingt cinq ans? L'un comme l'autre, nous avons de la marge pour nous fixer.


Dale n'était pas accoutumé à fréquenter des hommes plus jeunes que lui... et au vu de la réaction du japonais au rentre-dedans sur le plan professionnel, l'avocat était curieux de savoir si ça marcherait du point de vue personnel...à Yuukoku, tout s'avérait tellement différent...








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MessageSujet: Re: Autour de quelques tapas... (Kiba Tenkai) [TERMINE]   Jeu 15 Juil - 11:23

    - Haha, en ce moment, je n'ai personne, non. Il valait mieux faire table rase avant de partir... du reste, mon boulot ne me laisse pas vraiment le temps de construire quelque chose. J'ai longtemps été avec un type, mais on a du se séparer, tout simplement parce que nous n'avions que très rarement un moment pour nous. Ça ne nous a pas empêché de nous voir encore un peu après avoir rompu, mais ça se faisait toujours non sans amertume...

    Ainsi Cathal avait eu une histoire plutôt sérieuse avec un mec… Ça ne me surprit pas vraiment. Mais que dire de plus ? Ce détail de sa vie ne m’intéressait pas. C’était du passé. Ce que je désirais savoir, c’était ce qu’il désirait à présent. Pour l’instant, personne n’occupait sa vie mais peut-être n’avait-il pas encore trouvé son prince charmant. En venant vivre au Japon, s’était-il dit qu’il le trouverait ici ? Ou bien n’y avait-il pas encore réfléchi et désirait-il pour l’instant expérimenter les hommes asiatiques ? J’avais aussi bien testé des Asiatiques que des Européens ou bien des Américains. On ne pouvait pas vraiment dire qu’il y avait de grandes différences, bien que le côté exotique des étrangers m’attirait beaucoup. Ça jouait sans doute dans le plaisir que je ressentais à être avec eux. Et on ne pouvait pas se mentir, les non-Asiatiques étaient parfois mieux pourvus que les Asiatiques, que ce soit les femmes ou les hommes. Mais je n’allais pas développer ces détails…

    - Depuis, j'avoue avoir du mal à me lancer dans autre chose. Peut être que c'est l'impression d'inachevé qui fait ça. J'ai donc vécu, jusqu'à mon départ, au jour le jour.

    J’acquiesçai simplement, montrant que je comprenais ce qu’il voulait dire. Sa relation sérieuse devait avoir un goût amer. C’était donc pour ça qu’il préférait se rabattre sur les coups d’un soir. Avec ce genre de mode de vie, on ne pouvait pas vraiment être déçu. Du moins, j’étais dans ce cas-là. Je tombais parfois sur des personnes nulles au lit mais ce n’était qu’une minorité. En général, j’étais satisfait de faire des rencontres et d’avoir pas mal de conquêtes sur mon tableau de chasse. Mais peut-être qu’un jour, ça me saoulait et que je chercherais à me caser. J’y avais déjà pensé, pour faire plaisir à mon père. Les médecins n’étaient pas sûrs du temps qui lui restait à vivre. Peut-être aimerait-il voir son fils marié et avec un enfant avant de quitter ce monde. J’aimerais tant lui donner ce plaisir mais je ne me sentais pas encore capable d’endosser le rôle de père. Ni celui de mari parfait d’ailleurs. Lorsque je fonderais une famille, je souhaiterais bien le faire et arrêter d’aller à droite à gauche.

    - A vrai dire, depuis mon arrivée à Yuukoku, je n'ai pas encore réfléchi à ma ligne de conduite! Je pense être plus vieux que vous, mais encore bien assez jeune pour profiter des joies du célibat. Vous avez quoi, vous, vingt cinq ans?

    « Vingt-trois. »
    rectifiai-je par réflexe.

    - L'un comme l'autre, nous avons de la marge pour nous fixer.

    « Et le principal, c’est d’être prêt dans sa tête. Je sais que pour l’instant, je ne le suis pas. Je ne suis encore qu’un gamin immature de ce côté-là. »


    Autodérision pure et simple. Mais je ne disais que la véritable. Si sur le plan professionnel et familial, j’étais très mature, ce n’était pas du tout le cas dans ma vie privée. Je sortais souvent en boîte, je trainais dans les bars en quête de nouvelles rencontres, je couchais avec de nouvelles personnes presqu’à chaque fois… On pouvait croire que je prenais la vie comme un jeu et c’était ce que je désirais donner comme image de moi. Ainsi, on ne se doutait pas que la maladie de mon père m’affectait énormément et que j’avais peur que ma mère se retrouve seule par la suite. Je détestais me faire plaindre et parler de mes problèmes à tout vent. C’était une faiblesse pour moi. Je voulais me faire passer pour quelqu’un de fort, d’où mon arrogance, mon franc-parler, mon assurance… Et ça me réussissait bien, non ? Les gens semblaient m’apprécier. Qu’en serait-il s’ils me voyaient comme un pleurnichard ou un martyre ?

    « Enfin, on ne va pas continuer à parler de nos philosophies vu qu’apparemment, nous avons les mêmes pour l’instant… On va passer au café pour finir notre repas. Désirez-vous le prendre ici ou chez moi ? » demandai-je de but en blanc.


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Dale Cathal

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MessageSujet: Re: Autour de quelques tapas... (Kiba Tenkai) [TERMINE]   Jeu 15 Juil - 21:35

- Et le principal, c’est d’être prêt dans sa tête. Je sais que pour l’instant, je ne le suis pas. Je ne suis encore qu’un gamin immature de ce côté-là.

- Tout dépend de ce qu'on entend par immature... , commenta Dale.

Après tout, si la maturité résidait uniquement dans le fait de se caser, lui-même en était assez loin, en particulier à cet instant... il envisageait plutôt la notion comme le fait d'avoir du recul, d'assumer ses actes. Peut être se voilait il simplement la face, de ce point de vue là. Où peut être essayait il simplement d'éviter de penser qu'il ne pourrait surement jamais fonder un véritable foyer. Vu les relations quasi inexistantes qu'il entretenait avec ses parents, entre les colères froides de son vieux rigide de père et le silence navré de sa mère, les Noëls et autres Thanksgivings lui passaient de toutes manières sous le nez depuis des années déjà.

Et à vrai dire, ce n'était ni le moment, ni le lieu propice pour penser à ce genre de choses. Il avait en face de lui une personne qui représentait tout ce qu'il vivait depuis qu'il était arrivé. L'inconnu, le risque, mais aussi le charme, la beauté, l'excitation de la nouveauté.

- Enfin, on ne va pas continuer à parler de nos philosophies vu qu’apparemment, nous avons les mêmes pour l’instant… On va passer au café pour finir notre repas. Désirez-vous le prendre ici ou chez moi ?

Dale ne put empêcher ses yeux de pétiller. Il avait eu peur de mettre les pieds dans le plat avec Tenkai, mais visiblement il n'était qu'un amateur! C'était d'autant plus amusant de se rappeler l'hostilité réciproque qu'ils avaient éprouvée l'un envers l'autre, au parc, lorsqu'ils s'étaient rencontrés. C'était peut être justement ça qui était emballant, ce mélange d'attirance et de méfiance.

Le jeune avocat plia sa serviette et la cala sous le rebord de l'assiette.

- Ne serait-ce que pour faire encore un tour en moto, la deuxième option m'irait très bien. Je vous remercie pour l'invitation.



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Kiba Tenkai

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MessageSujet: Re: Autour de quelques tapas... (Kiba Tenkai) [TERMINE]   Jeu 15 Juil - 23:35

    - Ne serait-ce que pour faire encore un tour en moto, la deuxième option m'irait très bien. Je vous remercie pour l'invitation.

    Il acceptait l’invitation seulement pour avoir le plaisir d’un nouveau tour en moto ? Qu’il fasse attention, j’étais facilement susceptible. Ce n’était pas pour le balader à l’arrière de ma moto que je lui avais proposé de venir chez moi, ni pour boire réellement le café en fait. Bien sûr, en bon hôte, je lui en offrirais un mais… J’étais sûr qu’il voyait clair dans mon jeu. Le coup de l’invitation à boire un café chez soi n’était qu’une façon déguisée de demander s’il désirait passer la nuit avec moi ou non. J’avais du mal à me faire une réelle opinion de Cathal. On ne pouvait pas dire que je l’appréciais vraiment, ni que je le détestais. Mais il était plutôt bel homme et partageait le même mode de vie que moi pour l’instant. Autant profiter de l’occasion donc. Et puis, qui sait, après avoir passé du bon temps ensemble, peut-être que ça créerait-il de vrais liens entre nous et que, si jamais j’avais des problèmes avec la justice, il accepterait d’être mon avocat tout en me faisant un prix « d’ami ». Je ne voyais que du bon à l’inviter chez moi.

    « Bien, je vous laisse régler l’addition et on y va. »

    Je n’avais pas du tout oublié que c’était lui qui m’invitait. A lui de payer l’addition donc. Et puis, en tant qu’avocat, il devait avoir un bon compte en banque. Les quelques tapas que j’avais mangées ne risquaient pas de le ruiner… Une fois qu’il eut payé notre repas, nous retournâmes à ma moto que j’avais garée près du bar mexicain. Je passai à Cathal un casque et enfilai ensuite le mien. Après avoir bien refermé ma veste en cuir, je montai sur ma fidèle moto puis laissai l’avocat prendre place derrière moi. Je ne démarrai que lorsque je fus sûr qu’il était bien installé. Ce serait bête de partir et de le laisser derrière parce qu’il n’avait pas eu le temps de s’installer et était tombé. Un bref coup d’œil dans mon rétroviseur et je m’engageai sur la route. Il y avait un peu de circulation mais je gardai patience. Comme à chaque fois que j’avais un passager avec moi, je ne fis pas l’idiot comme zigzaguer entre les voitures par exemple. Cathal avait beau être habitué à faire de la moto apparemment, je préférais avoir une confiance absolue en mon passager pour savoir quelles choses je pouvais ou non faire.


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[Suite chez moi : Café après dîner]

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