Yuukoku, la ville aux deux visages...


 
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 Garde à vue (PV Kiba Tenkai) - TERMINE

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Echo Bailey

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MessageSujet: Garde à vue (PV Kiba Tenkai) - TERMINE   Jeu 12 Jan - 13:45




Echo se balançait sur la chaise, d'avant en arrière, d'arrière en avant, le nez levé vers le plafond.
Sa main droite menottée commençait à l'élancer légèrement; il faut dire qu'avant de daigner venir le voir, le flic assis en face de lui l'avait laissé mariner dans la salle d'interrogatoire deux bonnes heures.
Le jeune homme jeta un oeil à la fenêtre sans tain, sur sa gauche.
- C'était comment, de me mater avant de vous pointer? Ça vous a plu?
Son regard pétillant se posa sur le policier, dont le visage affichait la plus grande neutralité.
Le flic portait encore cette immonde chemise mauve qu'il avait revêtue pour aller au bar. Echo se maudit intérieurement de ne pas avoir été plus méfiant. Une chemise pareille ne pouvait appartenir qu'à un mec qui ne craignait pas les moqueries: un grand bandit, ou un poulet!

Le policier avança la main vers le magnétophone posé sur la table qui le séparait du gardé à vue et appuya sur la touche "Enregistrer".

- Reprenons. Selon les papiers que nous avons trouvés sur toi, tu t'appelles Echo Bailey, né le 7 janvier 1987 à Lincoln, Angleterre, demeurant au... ?
Comme Echo ne répondait pas, le policier haussa les épaules.
- De toute manière, nous trouverons l'ensemble des informations te concernant nous mêmes. Tout ce que tu fais en refusant de répondre, c'est perdre du temps.
- Mais j'ai tout mon temps! On est pas bien, là, tous les deux? ricana Echo sans quitter le policier du regard.

Ce dernier passa ses mains sur son visage, s'accoudant sur la table. Il était cinq heures du matin et il n'avait qu'une envie, finir son service et rentrer chez lui.
- Bon. Tu es serveur au Puzzle. Hier soir, lors d'une opération de police réalisée dans ce bar, le lieutenant Haruko et moi-même avons constaté tes allées et venues, ainsi que celles de ton patron, entre le comptoir, l'arrière salle et la sortie de secours de l'établissement étaient suspectes.

Il s'interrompit une seconde pour allumer une cigarette.
Echo, le fixant toujours droit dans les yeux, sifflait une petite mélodie entre ses dents.

- Tu comprends ce que je te dis?
- Vous avez une cigarette pour moi?
- Non.
- Ca, c'est pas très sympa...
- Vers une heure du matin, nous nous sommes faufilés derrière le comptoir, le lieutenant Haruko s'est posté près de la sortie, et j'ai emprunté le couloir menant à l'arrière salle. J'ai alors vu un homme de grande taille te passer une liasse de billets et un autre objet, une sorte de sachet.
Echo pouffa de rire:
- Ha, oui, le fameux sachet invisible!

5 grammes de cocaïne, partis dans les toilettes du Puzzle... Echo ne savait pas comment il allait se tirer de ce pétrin, mais en tous cas ce ne seraient pas les flics qui l'aideraient.

- J'ai voulu vous appréhender tous les deux, le type avec qui tu dealais...
Echo prit un air offusqué:
- Ca n'existe pas chez vous, la présomption d'innocence?
- ... le type, donc, a pris la fuite par la porte de service, Haruko n'a pas réussi à l'arrêter. De ton côté, Bailey, tu as filé dans les toilettes et as refusé, malgré mes sommations, d'en sortir, jusqu'à ce que j'enfonce la porte. Je t'ai dit tes droits, menotté, fouillé, et tout ce que j'ai trouvé sur toi était une liasse de billets de 2000 yens. Il y en a en tout pour 100 000 yens. Tu as balancé la drogue dans les toilettes, Bailey?
- Quelle drogue? demanda Echo, ouvrant tout grand les yeux. Je ne mange pas de ce pain-là, Lieutenant, je vous assure!
- Ne te fous pas de moi, il t'en restait encore un peu sur les doigts quand on t'a attrapé, l'interrompit le policier, agacé.
- Il se passe pas mal de choses dans les toilettes du Puzzle, soyez vous-même heureux de ne pas porter diverses traces sur votre ... si jolie chemise!
- Epargne-moi ce genre de commentaires, veux-tu? cracha le policier, de plus en plus nerveux.
Il en voyait des dizaines par jour, des petites frappes dans son genre, mais Bailey -peut être à cause de l'heure tardive - était particulièrement exaspérant.

- Qui est le type qui t'a passé l'argent?
- Un pote. Il avait une petite dette envers moi.
- Son nom?
- Aucune idée. Dans ces bars, on s'appelle tous par des pseudos, et de toute manière je ne me rappelle plus du sien. - il fit une moue amusée - J'ai plein d'idées de surnoms pour vous, si vous avez besoin de mieux vous infiltrer. Et des suggestions vestimentaires, aussi.
- 100 000 yen c'est une somme, quand même...

Cette fois, un large sourire ourla les lèvres d'Echo.
- Peut être que je les vaux, susurra-t-il, accompagnant ses mots d'un petit mouvement de langue relativement suggestif.
Le policier le regarda avec dégoût:
- Tu veux aussi être jugé pour racolage?
Echo passa sa main libre dans ses boucles noires;
- Allez-y, je serai ravi de raconter à la cour que vous m'avez tripoté dans les toilettes!
- C'était une fouille, crétin.
- Mon jean n'a pas de poches partout !
- Tu avais de la drogue sur toi, répliqua le policier, sentant la sueur dégringoler le long de sa colonne vertébrale.
- Quelle drogue, je le répète? Echo tourna la tête vers la fenêtre sans tain et lança, plus fort: Eh, messieurs de l'autre côté, c'est normal d'avoir les mains aussi baladeuses que votre collègue lors d'une fouille?
- La ferme! cracha le flic, tapant du poing sur la table, ce qui déclencha l'hilarité d'Echo.
- Vous avez peur que je rentre dans les détails?
Il s'interrompit avec un petit cri, le policier ayant brusquement poussé la table contre lui.
- Il n'y a que toi et moi, petit con, les gens dorment, à cette heure-ci, et moi aussi, j'ai sommeil, donc on va finir ça rapidement! Ca fait des semaines qu'on surveille ton patron, je sais dans quel type d'affaires il trempe, et je ne vois pas comment ses employés ne pourraient pas être mêlés à ça. De toute manière, lui, il n'hésiterait pas une seconde à te balancer. Alors maintenant, pour la dernière fois, si tu ne veux pas passer la fin de la nuit et sûrement toute la journée au poste, tu vas arrêter de te foutre du monde, et me dire pour qui ton patron bosse, et qui est le type pour qui tu faisais le passeur cette nuit au Puzzle!

Un ange passa.
Echo se massa le flanc avec un rictus, puis plongea à nouveau ses yeux verts dans ceux de l'officier.
- Allez vous faire foutre.

Le policier avala une grande bouffée d'air, sentant qu'il perdait totalement le contrôle de lui-même. Un instant, il hésita à se jeter sur le jeune homme pour lui mettre son poing dans la figure, puis se ravisa.
Lentement, il se leva, poussa sa chaise contre la table et s'appuya des deux mains sur le dossier.
- Tu veux la jouer comme ça? Très bien. Je ne vais pas user mes nerfs à causer avec toi, j'ai beaucoup mieux à faire.
Il alla vers la porte. Echo fronça les sourcils.
- Vous ne me ramenez pas en cellule? C'est pas très humain, non?
Pour toute réponse, le policier sembla hésiter à lui faire un doigt d'honneur, puis haussa les épaules et quitta la pièce, tournant la clef deux fois derrière lui.

Un instant, Echo fixa la porte avec un air de gamin mécontent.
- Si j'ai un lumbago demain, je porte plainte! cria-t-il à la porte fermée.





Dernière édition par Echo Bailey le Dim 15 Jan - 19:57, édité 2 fois
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Kiba Tenkai

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MessageSujet: Re: Garde à vue (PV Kiba Tenkai) - TERMINE   Jeu 12 Jan - 22:58

    J’étais de service de nuit, coincé le cul sur une chaise. Mes collègues avaient bien tenté de m’en dévisser mais j’avais de la paperasse en retard. Eux, ils étaient allés dans un bar pour arrêter un patron dealeur. Ses employés ou quelques uns d’entre eux étaient apparemment dans le coup aussi. Je n’avais pas besoin d’aller filler un coup de main. Cette opération était facile. Mes collègues n’avaient qu’à être patients et coincer la main dans le sac les dealeurs. Le plus chiant serait de remonter le réseau par la suite. Mais, d’après ce que j’avais compris, les gars de ce bar n’étaient que des petites frappes. Ils se trouvaient en bas de l’échelle et c’était de plus gros poissons qu’on voulait. Mais bon, notre travail était de punir tout écart, qu’il soit réalisé par un simple petit dealeur ou par un membre de la mafia.

    Je retirai un instant mes lunettes pour me frotter les yeux. Ce fichu écran d’ordinateur finirait par me rendre aveugle. Quelle heure il était ? Je jetai un coup d’œil à ma montre. Cinq heures passées, du matin bien sûr. Travailler de nuit était difficile mais ça permettait de se faire un peu plus d’argent et ça, j’en avais vraiment besoin en ce moment. Vivement que je devienne inspecteur. Ça ne devrait plus trop tardé. J’avais de bons résultats et bossai comme un malade. Malgré ma grande gueule, mes supérieurs m’avaient plutôt à la bonne. Je soupirai et me passai une main sur la nuque pour la masser un peu. J’étais crevé. Un café ne me ferait pas de mal pour tenir encore un peu. Dans un peu moins d’une heure, mon service serait fini. Je me levai avec lenteur. On aurait dit un vieux. Je remis mes lunettes et sortis du bureau en baillant et en me passant une main dans les cheveux, les ébouriffant sûrement un peu plus qu’ils ne l’étaient déjà. J’avais l’air de quelqu’un qui venait de se réveiller, alors que je n’avais pas encore dormi de la nuit…


    « Hé ! Tenkai ! » entendis-je, ce qui m’obligea à me retourner.

    « Hmm ? »

    « Je n’en peux plus. Tu ne pourrais pas interroger le suspect à ma place ? Je vais finir par le frapper sinon. »

    « C’est l’un des gars du bar ? »

    « Un serveur. Je l’ai vu recevoir de l’argent et de la drogue d’un type. Mais il a eu le temps de jeter la drogue dans les toilettes avant que je ne l’interpelle. »

    « C’est un malin. »

    « Un p’tit con ouais. »

    « Je veux bien l’interroger. Mais en échange, paye-moi deux cafés. »


    Mon collègue soupira avant d’accepter. Je le suivis jusqu’à la machine à café et pris les deux gobelets de café. Un pour me tenir éveillé, et un pour le suspect. Je connaissais les méthodes de mon collègue. Le dealeur avait dû rester un moment seul dans la salle d’interrogatoire. C’était une technique pour tenter de déstabiliser. Parfois, le suspect finissait par céder et par parler. Mais apparemment, celui qui m’attendait n’était pas facilement impressionnable. Pour qu’il en arrive à énerver mon collègue, il devait avoir un sacré caractère. Tant mieux, j’en avais aussi. Mais j’étais fatigué donc il n’avait pas intérêt à me faire chier. D’ici moins d’une heure, j’avais pour objectif de rentrer chez moi dormir. J’espérais qu’il n’allait pas retarder mes plans. De toute façon, s’il ne parlait pas, lui aussi serait emmerdé. Il allait passer le reste de la nuit et sûrement sa journée en cellule de garde à vue.

    Après avoir respiré profondément, je me rendis à la salle d’interrogatoire, fermée à clé. C’était pratique ça. J’avais les mains occupées par mes gobelets de café. Je levai les yeux au plafond et pris un risque en tenant à une main les deux cafés. Heureusement, malgré ma fatigue, aucune goutte ne fut renversée et je parvins à ouvrir la porte et à la refermer derrière moi. En me tournant vers la table d’interrogatoire, je pus voir un jeune homme, étranger d’après son physique. Les cheveux noirs ébène, les yeux clairs. Il était plutôt beau gosse. Mais c’était un dealeur, ce qui venait entacher tout ça. Je m’avançai vers lui et lui posai l’un des gobelets devant lui. Il n’avait qu’une seule main menottée à la chaise, il pourrait donc boire, ou me jeter le café à la figure… Mais je prenais le risque. Il le paierait cher s’il faisait cette connerie. Je m’assis en face de lui et ouvris le dossier qui se trouvait sur la table. Je lus rapidement les informations essentielles puis, après m’être assuré que le magnétophone tournait, je pris la parole.


    « Bonsoir. Echo Bailey, c’est ça ? Je suis l’officier Tenkai. J’ai travaillé de loin sur l’enquête. Mon collègue m’a vaguement expliqué ce qui s’est passé ce soir. Je pourrais avoir votre version des faits ? »

    Règle numéro 1 : commencer par vouvoyer le suspect. J’étais sûrement le seul dans le commissariat à le faire. Mes collègues préféraient tutoyer, mettant ainsi en position d’infériorité la personne interrogée. C’était une façon aussi de déstabiliser mais généralement, les suspects s’y attendaient, ce qui n’avait pas beaucoup d’impacts sur eux. Au contraire, il valait mieux vouvoyer. Au moins, ça faisait croire qu’on se mettait sur un pied d’égalité, bien que lui était attaché, et moi libre de mes mouvements… En lui demandant sa version des faits, j’essayais de lui arracher quelques informations. Et puis ça me faisait passer pour le flic qui s’intéressait au suspect, et non à celui qui était là pour enfoncer. Le flic gentil dans l’histoire, c’était moi. Le flic méchant, mon collègue. Mais les rôles n’étaient pas aussi distinctement établis. S’il me faisait chier, j’allais m’énerver.


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MessageSujet: Re: Garde à vue (PV Kiba Tenkai) - TERMINE   Ven 13 Jan - 17:52

Echo lâcha un petit soupir, son talon battant le sol au rythme d'une mélodie imaginaire. Dieu qu'il était ennuyant de poireauter dans cette salle... Il s'étira avec un grognement. Le flic était parti depuis un bon quart d'heure, et le jeune homme craignait de plus en plus qu'il n'ait dit la vérité et qu'il soit pour ainsi dire seul dans le commissariat. Ou alors c'était une autre ruse...
Echo n'avait jamais été arrêté au Japon. Sa seule expérience en la matière datait de ses 20 ans, alors qu'il était encore à Londres. Pour avoir insulté un videur de boîte, il s'était retrouvé en cellule de dégrisement, mais l'employé de la discothèque était notoirement connu pour être une brute bête et méchante. Les policiers avaient donc relâché Echo au bout d'une nuit passée au milieu des clochards et des putains.
En gros, ce soir était une première. Pour le moment, Echo jugeait qu'il ne s'en sortait pas trop mal. Énerver un flic en un quart d'heure, bien joué! Digne des meilleures épisodes des "Experts"! Le jeune anglais ne savait pas trop où ça le mènerait, mais il était convaincu que les policiers n'avaient rien sur lui, et que s'il les agaçait un peu sans pour autant les insulter, il se ferait rapidement mettre dehors.

Echo pourrait alors rentrer chez lui et réfléchir un peu à la façon dont il pourrait résoudre ses problèmes extérieurs.
Concernant les 100 000 yens, ce n'était pas un problème.
Si les flics ne reliaient pas l'argent à la drogue, Echo pourrait les récupérer et les filer à son patron, à qui ils revenaient de droit.
Dans le cas contraire, quelques passes, des heures supplémentaires, et Echo pourrait facilement rendre la monnaie.

Pour la drogue, c'était un peu plus compliqué. Dans tous les cas, Echo ne pourrait pas prouver qu'il n'avait pas gardé le sachet pour lui. Et cinq grammes, ça représentait un petit paquet de fric. Cinq grammes tout seuls, c'était beaucoup à rembourser.
Avec les 100 000 yens en plus, il deviendrait très difficile pour Echo d'acquitter sa dette, voire impossible. Et là, il passerait un sale quart d'heure, voire plus.

Passeur: le boulot de merde.
Echo renversa sa tête en arrière et lâcha un nouveau soupir. Peut être qu'après une bonne grasse matinée, il trouverait un truc brillant qui lui permettrait de s'en sortir.
Après tout, il avait toujours eu une chance dans son malheur: il était aussi tenace qu'une mauvaise herbe.

La clef tourna dans la porte, Echo se redressa et dévisagea le nouveau venu, qui venait de pénétrer dans la pièce, portant adroitement deux gobelets fumants dans une seule main.
C'était un autre flic, cette fois en uniforme, relativement grand malgré son type asiatique, et bond, qui plus est. Echo le trouva plutôt séduisant, à vrai dire, pour un crétin de flic.

Sans rien dire, le policier en uniforme posa devant lui l'un des gobelets et s'assit sans lâcher le sien. Echo, déconcerté, regarda le contenu du verre. C'était du café, tout chaud, la touillette indiquant qu'il était un peu sucré, probablement la commande par défaut de la machine.
Echo, les narines dilatées, huma avec délices le fumet -pourtant moyen, ce n'était pas du café de première catégorie - de la boisson chaude.
Pas mal, comme entrée en matière.

Echo sirota une gorgée de café en observant attentivement les traits du policier, alors que ce dernier parcourait rapidement son dossier. L'homme devait être à peine plus âgé que le gardé à vue ; il portait des lunettes, et avait l'air assez fatigué. Pas du tout le même genre que le premier flic.

Le blond leva enfin les yeux de sa lecture:
« Bonsoir. Echo Bailey, c’est ça ? Je suis l’officier Tenkai. J’ai travaillé de loin sur l’enquête. Mon collègue m’a vaguement expliqué ce qui s’est passé ce soir. Je pourrais avoir votre version des faits ? »

Echo haussa un sourcil en buvant une nouvelle gorgée. En voilà un qui était poli, et tout. A quel genre d'oiseau avait-il donc affaire?

- Je travaille au Puzzle, en tant que simple serveur, depuis trois mois. Je me fais pas mal de fric, parce que je bosse beaucoup. J'en avais prêté à un pote, qui est venu me le rendre hier soir. Comme c'était une belle somme, on ne l'a pas fait au comptoir, mais dans le couloir, à l'arrière. C'est là que votre collègue a débarqué comme un fou furieux, en brandissant son flingue, et tout.

Il pouffa de rire:
- Je lui avais servi deux verres, dans la soirée, il devait se prendre pour Super Flic! Bref. J'ai eu peur, parce que le quartier est mal fréquenté, et que je ne voulais pas être chopé avec les autres crapules du coin. J'ai donc filé me cacher dans les toilettes. Faut croire que votre collègue a eu le coup de foudre pour moi, parce qu'il a enfoncé la porte de la cabine pour me retrouver...

Il étendit les bras théâtralement, autant que la menotte le permettait.

- Et me voilà devant vous!


Quel que soit le type qu'il avait devant lui, gentil flic ou méchant flic, pas question de balancer quoi que ce soit. Il fixa avec effronterie le policier dans le blanc des yeux.

- On a du vous faire une mauvaise blague parce que vous êtes le bleu du service. Parce que le fric est à moi, et vous n'avez rien d'autre pour me garder. Cette histoire de coke est ridicule, c'est de notoriété publique qu'on en trouve partout, même sur les billets de banque!



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MessageSujet: Re: Garde à vue (PV Kiba Tenkai) - TERMINE   Sam 14 Jan - 0:02

    - Je travaille au Puzzle, en tant que simple serveur, depuis trois mois. Je me fais pas mal de fric, parce que je bosse beaucoup. J'en avais prêté à un pote, qui est venu me le rendre hier soir. Comme c'était une belle somme, on ne l'a pas fait au comptoir, mais dans le couloir, à l'arrière. C'est là que votre collègue a débarqué comme un fou furieux, en brandissant son flingue, et tout.

    Dans le dossier, il était écrit que le suspect avait 100 000 yens sur lui. Ce n’était par rien ! Prêter autant d’argent à un ami dans le besoin, il fallait vraiment avoir confiance en cet ami et bien l’apprécier pour faire ça. Et puis, le cas échant, être sûr d’avoir les moyens si jamais on ne revoyait plus cet argent. Apparemment, ce beau petit serveur gagnait pas mal de fric. Mais qu’entendait-il par « pas mal » ? Et puis comment gagnait-il ça ? Avec les pourboires ? Quelques extras ? Dans certains bars, certaines serveuses et certains serveurs se prostituaient, ou bien revendaient de la drogue. C’était apparemment cette dernière option qui était envisagée pour Bailey. On le soupçonnait de travailler pour le compte de son patron, en tant que passeur.

    - Je lui avais servi deux verres, dans la soirée, il devait se prendre pour Super Flic! Bref. J'ai eu peur, parce que le quartier est mal fréquenté, et que je ne voulais pas être chopé avec les autres crapules du coin. J'ai donc filé me cacher dans les toilettes. Faut croire que votre collègue a eu le coup de foudre pour moi, parce qu'il a enfoncé la porte de la cabine pour me retrouver... Et me voilà devant vous!

    J’esquissai un léger sourire. Avec la fatigue, je ne contrôlais plus vraiment mes faits et gestes et rester stoïque m’était difficile. Même un humour aussi pourri pouvait m’amuser. Heureusement, seules les paroles étaient enregistrées lors de l’interrogatoire. Il n’y avait aucune caméra pour nous filmer et ainsi voir mon manque de professionnalisme. Je portai mon gobelet de café aux lèvres pour en boire quelques gorgés tout en réfléchissant au récit du suspect. Apparemment, mon collègue avait bu durant son service, et pas seulement de l’eau. Quel con. Ça pouvait lui porter préjudice et ainsi nous mettre des bâtons dans les roues. Enfin, ce n’était que deux verres. Ce n’était pas comme s’il avait été complètement saoul lorsqu’il avait interpelé Bailey.

    - On a du vous faire une mauvaise blague parce que vous êtes le bleu du service. Parce que le fric est à moi, et vous n'avez rien d'autre pour me garder. Cette histoire de coke est ridicule, c'est de notoriété publique qu'on en trouve partout, même sur les billets de banque!

    « Je sais. Mais du coup, c’est facile de sortir cette excuse pour se disculper. »

    Je ne l’accusais en rien, mais je ne me mettais pas non plus de son côté. C’était la présomption d’innocence, mais si je me doutais bien qu’il n’était pas totalement clean. Même s’il avait un petit coup dans l’aile, mon collègue avait vu un sachet être échangé et je le croyais. Bailey s’en était sûrement débarrassé lorsqu’il s’était enfermé dans les toilettes. Mais, faute de n’avoir pas retrouvé ce sachet, on ne pouvait rien prouver légalement. Il en était de même pour ce fric. Bailey l’avait peut-être gagné honnêtement et effectivement prêté à un ami, mais peut-être pas. On était coincé aussi de ce côté et il le savait. Mais si on le relâchait, il allait retourner à son petit trafic sous les ordres de son patron qui trouverait sûrement un autre moyen pour dealer.

    « Pour le moment, je vais aller dans votre sens. Mais pour être sûr que vous ne mentez pas, j’aimerai pouvoir interroger votre ami à qui vous avez prêté cet argent. Comment s’appelle t-il ? »

    S’il disait vrai, il ne serait sûrement pas contre qu’on interroge et qu’on enquête sur cet ami. Ils n’avaient après tout rien à se reprocher tous les deux, si ? Ma méthode d’interrogatoire n’était pas d’accuser, de faire craquer le suspect et d’attendre des aveux. Je préférais discuter en allant dans le sens du suspect, attendant qu’il me fournisse des preuves de son innocence. S’il n’y parvenait pas, qu’il s’embrouillait ou me mentait, ça prouvait qu’il avait quelque chose à se reprocher et que ce « quelque chose » était sûrement le motif de son arrestation. Certains de mes collègues trouvaient ma façon de faire lente et fadasse. Mais moi au moins je gardais la présomption d’innocence, bien qu’au fond, j’avais ma petite idée sur l’affaire.


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MessageSujet: Re: Garde à vue (PV Kiba Tenkai) - TERMINE   Sam 14 Jan - 11:42

Echo nota avec étonnement que Tenkai avait souri à ses blagues douteuses. Trouvait-il réellement ça drôle, ou se la jouait-il complice pour arracher plus facilement les aveux au gardé à vue?

« Je sais. Mais du coup, c’est facile de sortir cette excuse pour se disculper. »

Echo fit une grimace à moitié désolée. Effectivement, c'était une justification totalement bidon, l'officier de police n'était sûrement pas dupe, mais semblait aussi savoir qu'il n'avait rien de mieux à opposer au jeune homme.
D'autre part, Tenkai n'avait absolument pas bronché, pas même d'un battement de cils, pour la saillie d'Echo sur "le bleu". En voilà un qui ne devait pas être facile à énerver, il avait l'air beaucoup plus dégourdi que le flic en chemise mauve!
Echo préféra donc se taire et attendre la suite des festivités plutôt que de faire encore une mauvaise blague.

Tenkai regarda distraitement son dossier, puis leva à nouveau les yeux vers lui:
« Pour le moment, je vais aller dans votre sens. Mais pour être sûr que vous ne mentez pas, j’aimerai pouvoir interroger votre ami à qui vous avez prêté cet argent. Comment s’appelle t-il ? »

Les commissures des lèvres d'Echo se haussèrent en un tout petit sourire. Tenkai posait les mêmes questions que l'autre flic, mais de manière courtoise, l'air de rien, du genre "Allez, on est dans la même galère". Tout le problème était de savoir comment l'officier réagirait quand il en aurait marre qu'Echo se foute de lui. Méfiez-vous de l'eau qui dort, disait le proverbe.

Le barman se cala aussi confortablement que possible sur sa chaise.
- Je ne connais pas son nom. Vous devez savoir mieux que moi que dans le coin de la ville où se trouve le Puzzle, moins on en sait sur les gens, mieux c'est. - Il leva sa main gauche - Je plaide coupable, ok, ce n'est pas tout à fait mon pote. C'est un type que je n'ai vu que peu de fois, je crois qu'il se fait surnommer - Il regarda en l'air, feignant de réfléchir, puis claqua des doigts - Nero, ou un truc comme ça. Super balèze, le mec, assez impressionnant pour qu'on ne lui dise pas non. On a du lui dire que je réussissais à rentrer pas mal d'argent, et il est venu m'en demander. Comme ce n'est pas trop le genre de type à qui on dit "non", j'ai accepté.

100 000 yens, c'était effectivement une somme, en paiement d'une autre opération, dont Echo n'était pas au courant. Le patron préférait systématiquement laisser ses employés faire les petites mains pour le transit de la marchandise ou des sommes, moyennant un léger pourcentage. En échange, les barmans pouvaient eux-mêmes pratiquer leurs petites affaires au bar, non sans, bien sûr, verser un intéressement à la Direction.
Jusque là, Echo s'en sortait plutôt bien. Le patron avait compris que le jeune homme, en plus d'apporter un peu d'exotisme à son personnel, était un habitué de ces pratiques et savait comment masquer sous ses dehors fanfarons un bon sens des affaires.

Echo se désigna lui-même et poursuivit:
- Je ne fais pas très couleur locale, j'ai besoin de m'intégrer, je n'allais pas faire d'histoire, ça peut se comprendre, non?

Ça, ce n'était qu'un demi mensonge. Le premier réflexe qu'il avait eu en arrivant à Yuukoku avait été de trouver un tripot où on accepterait, outre ses talents de serveur, d'exploiter sa belle gueule et son expérience du deal. Alors il faisait ce qu'on lui disait de faire sans poser de questions, comme il en avait pris l'habitude depuis de nombreuses années.
Intérieurement, il se maudit une nouvelle fois de s'être fourré dans ce pétrin.
Il ne pouvait pas balancer les personnes pour qui il travaillait, mais son destin en prison n'était pas beaucoup plus rose.

Il se sentait agacé, et fatigué. Il avait la désagréable impression que les mailles du filet se refermaient lentement sur lui. Pourquoi on l'interrogeait, lui, d'abord? Après tout, tout le monde au Puzzle et dans les établissements alentours trempait dans de la petite criminalité.

Echo vida son café, devenu tiède à présent. Le fond de sucre, un peu écoeurant, lui fit faire la grimace. Le jeune homme regarda Tenkai, se tenant coi quelques secondes. Dans les lunettes du policier, il distinguait vaguement son reflet.
Il s'éclaircit la gorge et tenta d'abattre une nouvelle carte:

- Je ne sais pas pourquoi Nero avait besoin de cet argent, d'ailleurs je m'en fous. Ça va faire trois heures que je suis ici, à me faire interroger alors que je n'ai rien fait. En plus, vous êtes conscient de ce qui risque de m'arriver si vous remontez grâce à moi jusqu'à ce type et qu'il s'avère ne pas être des plus honnêtes?


Echo, en réalité, connaissait juste le prénom de l'homme "Kazuo", ou un truc du genre; il l'avait vu deux fois, dont cette nuit. Il gardait un souvenir impérissable de leur première rencontre: il avait du passer à Kazuo, sur demande du patron, un paquet emballé dans du papier kraft.
Les deux hommes s'étaient donné rendez-vous dans l'arrière cour et, Kazuo étant manifestement d'un naturel méfiant, Echo s'était retrouvé la main au collet, plaqué contre le mur, avant d'avoir pu dire "ouf". Le type l'avait fixé quelques secondes, puis l'avait relâché, avait pris le paquet et était parti sans un mot.
Sa façon de dire "bonjour" laissait donc présager qu'Echo n'avait pas mis les pieds dans les affaires de petites frappes lambda. Raison de plus pour ne rien lâcher.


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Kiba Tenkai

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MessageSujet: Re: Garde à vue (PV Kiba Tenkai) - TERMINE   Sam 14 Jan - 13:41

    - Je ne connais pas son nom. Vous devez savoir mieux que moi que dans le coin de la ville où se trouve le Puzzle, moins on en sait sur les gens, mieux c'est. Je plaide coupable, ok, ce n'est pas tout à fait mon pote. C'est un type que je n'ai vu que peu de fois, je crois qu'il se fait surnommer… Nero, ou un truc comme ça. Super balèze, le mec, assez impressionnant pour qu'on ne lui dise pas non. On a du lui dire que je réussissais à rentrer pas mal d'argent, et il est venu m'en demander. Comme ce n'est pas trop le genre de type à qui on dit "non", j'ai accepté.

    « Bizarre. A sa place, je ne vous aurais pas remboursé. Vu comment vous me le décrivez, il pouvait se le permettre vu que ça ne donne pas envie de lui demander de vous rendre l’argent. »

    Je trouvai ça drôle que Bailey lève la main gauche au lieu de la main droite. Même si cette dernière était menottée, il aurait pu esquisser un mouvement avec. N’était-ce pas avec la main droite que l’on jurait de dire la vérité ? C’était quelque chose d’universel, pas besoin d’être au Japon pour le savoir. Mais je le croyais lorsqu’il me disait que ce type dont il parlait n’était pas son pote. Par contre, je restais quelque peu sceptique quant au surnom. Bailey avait fait mine de réfléchir pour s’en rappeler mais qu’est-ce qui me disait qu’il ne l’avait pas imaginé à l’instant ? Mais bon, on n’allait pas exclure cette piste. On tenterait de faire quelques recherches sur ce « Nero ». Ça ne coûtait rien d’essayer, même si notre enquête principale était tournée vers le patron de Bailey. Il faudrait que je voie avec mes collègues. L’un d’eux avait dû voir ce « Nero ». Etait-il vraiment balèze comme le décrivait le suspect ? Si oui, pourquoi aurait-il pris la peine de le rembourser ? Quand on rackettait, on ne rendait pas un centime à la victime.

    - Je ne fais pas très couleur locale, j'ai besoin de m'intégrer, je n'allais pas faire d'histoire, ça peut se comprendre, non?

    Je pouvais le comprendre, oui. On manquait de crédibilité lorsqu’on ne rentrait pas dans le moule. Moi-même, en étant Japonais, on ne me prenait pas au sérieux à cause de mon look quelque peu décalé. Et encore, cette nuit, j’avais mes lunettes, ce qui me rendait plus sérieux. En temps normal, je portais des lentilles de couleur, ce qui jurait encore plus avec le « modèle Japonais ». Mais Bailey était encore plus à plaindre que moi sans doute. Il n’avait rien d’Asiatique. Il était un pur… Je jetai un rapide coup d’œil au dossier… Anglais. Bizarre. On disait souvent que les Anglais avaient un balai dans le fondement. C’était loin d’être le cas de celui-ci. Il était décontracté, à la limite légèrement désinvolte. D’ailleurs, je m’étais attendu à pire. Je ne comprenais pas pourquoi mon collègue avait craqué. Il ne savait pas y faire, voilà tout. Il ne fallait pas attaquer dès le début.

    - Je ne sais pas pourquoi Nero avait besoin de cet argent, d'ailleurs je m'en fous. Ça va faire trois heures que je suis ici, à me faire interroger alors que je n'ai rien fait. En plus, vous êtes conscient de ce qui risque de m'arriver si vous remontez grâce à moi jusqu'à ce type et qu'il s'avère ne pas être des plus honnêtes?

    « Je sais… Mais ce n’est pas lui que nous voulons. C’est votre patron. Nous savons qu’il trafique mais nous n’avons encore aucune preuve pour l’arrêter. On va dire que ce que vous m’avez raconté est vrai, que ce « Nero », dans un élan de générosité, a décidé de vous rembourser, et que mon collègue, à cause de la fatigue, vous a imaginé avec un sachet qui n’a jamais existé. Mais vous devez bien être au courant de quelque chose. Quand votre patron tombera, il n’hésitera pas une seconde à vous entrainer dans sa chute pour tenter d’avoir la clémence du juge et ainsi réduire sa peine. »

    Je bus le fond de mon café pour laisser à Bailey le temps de digérer ce que je venais de dire. Il serait sûrement difficile de le convaincre de nous aider. Après tout, s’il nous aidait à arrêter son patron, il serait susceptible d’avoir des problèmes par la suite avec les clients de celui-ci, mais il perdrait en plus son travail de serveur si personne ne reprenait le bar. Mais de l’autre côté, si on arrêtait son patron et que celui-ci livrait des informations sur Bailey, le jeune Anglais risquait d’aller en prison pour trafic de drogue. La vie derrière les barreaux n’était pas rose, surtout lorsqu’on était un étranger. Après tout, un étranger, c’était exotique et ça pouvait faire n’importe quoi pour tenter de s’intégrer. Ça faisait donc une bonne victime.

    « Si vous nous aidez, nous ferons en sorte que votre casier reste vierge et que ça ne se sache pas que vous nous avez filé un coup de main. Et puis, avec votre belle gueule, vous retrouverez sûrement très vite du travail, dans un quartier plus sûr qui plus est… Que choisissez-vous ? »

    Je ne l’obligeais à rien. Il pouvait très bien choisir de garder le silence, sortir d’ici et risquer par la suite de se faire choper à cause de son patron. Si ça arrivait, je ne chercherais pas à l’aider. Je lui tendais une perche, à lui de la saisir. Ce serait la seule fois. Peut-être bien qu’il baignait dans de sales affaires mais il n’était qu’un intermédiaire. Il faisait ça juste pour gagner sa croûte. Un peu comme moi en somme. J’étais flic mais pas con. Tout n’était pas tout noir ou tout blanc. Il y avait des nuances de gris au milieu. Selon le peu d’informations que je disposais, je me disais que Bailey ne méritait pas la prison. Il était arrivé au Japon il y avait peu et tentait par tous les moyens de s’intégrer, voilà tout. Pas de la meilleure façon, certes, mais il aurait pu faire pire et puis je lui laissais une chance de se racheter. Allait-il la saisir ?..


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MessageSujet: Re: Garde à vue (PV Kiba Tenkai) - TERMINE   Sam 14 Jan - 19:04

« Je sais… Mais ce n’est pas lui que nous voulons. C’est votre patron. Nous savons qu’il trafique mais nous n’avons encore aucune preuve pour l’arrêter. On va dire que ce que vous m’avez raconté est vrai, que ce « Nero », dans un élan de générosité, a décidé de vous rembourser, et que mon collègue, à cause de la fatigue, vous a imaginé avec un sachet qui n’a jamais existé. Mais vous devez bien être au courant de quelque chose. Quand votre patron tombera, il n’hésitera pas une seconde à vous entrainer dans sa chute pour tenter d’avoir la clémence du juge et ainsi réduire sa peine. »

Pour le coup, Echo tiqua. Ce qui était en train de se dessiner était une forme de négociation qu'il n'appréciait absolument pas. Tenkai laissa un instant au jeune homme, sûrement pour lui permettre de savourer la menace à peine masquée, puis poursuivit.

« Si vous nous aidez, nous ferons en sorte que votre casier reste vierge et que ça ne se sache pas que vous nous avez filé un coup de main. Et puis, avec votre belle gueule, vous retrouverez sûrement très vite du travail, dans un quartier plus sûr qui plus est… Que choisissez-vous ? »

Un instant, Echo ferma les yeux. Tenkai, face à lui, n'avait pas perdu son calme une seconde. Bien au contraire, il continuait de se montrer tout à fait aimable. Pas une seule seconde, même lorsqu'il avait mis à l'instant Echo au pied du mur, il ne s'était départi de sa politesse, alors qu'il était flagrant que le jeune homme ne coopérerait pas.

Tenkai le prenait juste pour une racaille de bas étage, un petit con pas bien méchant qui sauterait sur n'importe quelle occasion pour sauver ses fesses.
Peut être qu'Echo l'était après tout. Par contre, il n'était pas débile. Son casier était vide. Et Tenkai, malgré son air de vouloir jouer au plus fin, n'avait rien pour le remplir. Pas de trace de drogue, pas d'info sur l'origine du fric.

Quant au patron d'Echo, si ça lui chantait, il n'avait qu'à balancer le barman. Le jeune anglais ne savait pas s'il y avait des traces matérielles de son activité au bar. Son nom sur un papier peut être, ou des témoignages qu'il faudrait arracher aux clients. Ce ne serait sûrement pas très joli, et peut être que ça lui vaudrait un peu de tôle, ou au mieux des TIG.
En tous cas, il risquait beaucoup plus gros en balançant quoi que ce soit sur les activités souterraines du Puzzle. Echo avait des sueurs froides rien qu'en imaginant le dixième de ce qui pourrait lui arriver, si son patron ou ceux avec qui il faisait ses petites affaires apprenaient qu'il était une balance.

Il souffla bruyamment pour écarter les boucles qui dégringolaient sur ses yeux et parla d'une voix aussi détachée que ce dont il était capable:

- Votre deal est inéquitable, si quelque chose devait rester vierge quand vous m'aurez relâché, c'est bien mon casier judiciaire! Vous n'avez strictement rien pour le remplir, alors ne me faites pas croire que vous me donnez le choix.
Vous êtes bien mignon, mais je n'ai aucune info pour vous. Je suis juste un serveur, je veux garder mon boulot sans avoir d'ennuis. Arrêtez mon boss si ça vous chante, et j'espère qu'il passera une aussi bonne nuit que moi, pour le coup.


Il repensa au compliment de Tenkai à son adresse. Peut être était-ce aussi du à la fatigue, mais le prévenu sentit une sensation familière de dégoût de lui-même et des autres l'envahir.
Un instant, il avait trouvé Tenkai un peu plus malin que les hommes à qui il avait affaire habituellement, un peu plus fin, moins cantonné à des clichés et des considérations physiques de base. Echo se surprit à être presque déçu par ce constat, et s’asséna une gifle mentale. Putain de fatigue!
Il voulut se pencher en avant, mais fut stoppé dans son mouvement par le cisaillement de la menotte. Sifflant entre ses dents, il ramena son dos contre le dossier. Il aurait encore préféré que Tenkai sorte de ses gonds, comme "chemise mauve". C'aurait été non seulement plus amusant, mais aussi bien plus facile à gérer.

Il eut un sombre ricanement et conclut:

- De plus, je suis bien content de vous plaire, mais je ne pense pas que ma "belle gueule" me permettra une activité différente de ce que je fais déjà au Puzzle. Ça ne vous va pas, pour un flic, de jouer les assistantes sociales.



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MessageSujet: Re: Garde à vue (PV Kiba Tenkai) - TERMINE   Sam 14 Jan - 23:16

    - Votre deal est inéquitable, si quelque chose devait rester vierge quand vous m'aurez relâché, c'est bien mon casier judiciaire! Vous n'avez strictement rien pour le remplir, alors ne me faites pas croire que vous me donnez le choix.
    Vous êtes bien mignon, mais je n'ai aucune info pour vous. Je suis juste un serveur, je veux garder mon boulot sans avoir d'ennuis. Arrêtez mon boss si ça vous chante, et j'espère qu'il passera une aussi bonne nuit que moi, pour le coup.


    Je me mordis légèrement la lèvre inférieure en attrapant mon gobelet vide pour jouer avec. Cette réponse ne me satisfaisait pas. En plus, Bailey sous-entendait que son patron se retrouverait dans la même situation que lui, qu’on l’attraperait mais qu’on n’aurait aucune preuve contre et qu’on serait ainsi contraint de le relâcher. Son boss était donc si malin ? Peut-être. Après tout, ça faisait plusieurs semaines qu’on le surveillait et on n’avait rien relevé de suspect, si ce n’était ses allées et venues entre son comptoir et l’arrière boutique. Il ne devait pas bien se mouiller. Les risques, c’était sûrement ses employés qui les prenaient. Bailey en avait fait les frais ce soir mais par chance, il avait été assez malin pour détruire l’indice capital : le sachet de drogue. Si seulement mon collègue avait été assez rapide pour attraper Bailey avant que celui-ci ne s’enferme dans les toilettes… Légèrement perdu dans mes pensées, le suspect m’en sortit lorsqu’il voulut se pencher vers moi, en vain à cause de ses menottes. Il voulait sûrement me narguer.

    - De plus, je suis bien content de vous plaire, mais je ne pense pas que ma "belle gueule" me permettra une activité différente de ce que je fais déjà au Puzzle. Ça ne vous va pas, pour un flic, de jouer les assistantes sociales.

    « Pour moi, être flic, c’est effectivement arrêter les gens mais aussi tenter de limiter la casse pour d’autres. »

    Bailey tentait sûrement de m’énerver mais, malgré la fatigue, ça ne marchait pas. Ce genre de discours, je l’avais déjà entendu, notamment de la part de mes collègues. Beaucoup voulaient arrêter le maximum de criminels sans prendre le temps de savoir si la personne méritait vraiment d’être arrêtée. Certains faisaient des conneries parce qu’ils n’avaient pas le choix. Là, peut-être que Bailey était contraint par son patron et par d’autres petites frappes de faire ce sale boulot. Mais vu qu’il ne me parlait pas, difficile de le savoir et surtout de l’aider. Mais… Quelque chose m’interpela dans ses paroles. « Je ne pense pas que ma belle gueule me permettra une activité différence de ce que je fais déjà au Puzzle ». Il n’y avait pas besoin d’être mignon pour être serveur –bien que cela soit un plus- ni passeur. Y avait-il autre chose là-dessous ? Si en plus son patron était un proxénète, on n’en avait pas terminé…

    « Bien… Si vous n’avez rien d’autre à déclarer, nous allons en rester là. »

    J’appuyai sur le bouton du magnétophone pour arrêter l’enregistrement. Nous n’aurions pas grand-chose à exploiter, si ce n’était le surnom du type qui avait donné l’argent à Bailey. « Nero »… Mais était-ce son vrai surnom ? De toute façon, même si ça l’était, il allait être difficile de remonter jusqu’à lui avec si peu d’informations. Nous verrions plus tard, après avoir bouclé le patron du Puzzle… Je me levai et m’étirai légèrement avant d’aller me mettre face au miroir sans tain. J’avais vraiment une mine affreuse. Il était temps que je rentre chez moi dormir. J’aurais quand même aimé décrocher quelques informations valides à ce suspect. Mais vu que celui-ci était récalcitrant et qu’on n’avait rien pour l’inculper, on pouvait le libérer. Je sortis donc de la salle d’interrogatoire pour aller chercher les clés pour démenotter Bailey. Mon collègue était apparemment rentré chez lui mais avait laissé les clés sur son bureau. Heureusement. Le commissariat était pratiquement vide. Il n’y avait même personne pour suivre l’interrogatoire… Je revins dans la salle où se trouvait Bailey et m’assis sur le bord de la table.

    « On n’est plus enregistrés donc tout ce que vous pourrez dire ne sera pas retenu contre vous. « Nero », c’est un vrai surnom ? Qu’on ne se casse pas le cul à chercher pour rien. » lâchai-je en jouant d’une main avec les clés des menottes. « Et je ne peux vraiment pas espérer la moindre aide de votre part ? Juste un petit nom, une date, un lieu, n’importe quoi. » demandai-je, tentant le tout pour le tout.


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MessageSujet: Re: Garde à vue (PV Kiba Tenkai) - TERMINE   Dim 15 Jan - 8:49



« Pour moi, être flic, c’est effectivement arrêter les gens mais aussi tenter de limiter la casse pour d’autres. »

Echo, involontairement, détourna le regard. Tenkai avait l'air franc, en prononçant ces mots. Ce genre de mentalité ne correspondait pourtant pas à ce que l'anglais avait pu entendre, au détour de discussions avec d'autres personnes qui avaient passé les portes de ce commissariat, ou à ce qu'il avait pu voir de ses propres yeux. Les petits criminels comme lui, d'habitude, étaient méprisés, écrasés dans les rouages des enquêtes et laissés sur le bas côté des routes menant vers les caïds.

Tenkai resta songeur une seconde, puis conclut:
« Bien… Si vous n’avez rien d’autre à déclarer, nous allons en rester là. »

Il mit fin à l'enregistrement.
Echo le suivit des yeux sans rien dire, lorsqu'il se leva, s'étira et alla contempler son reflet dans la glace sans tain. On aurait pu entendre une mouche voler dans la salle d'interrogatoire.
Lorsque le policier sortit, Echo lui-même balança sa tête d'un côté et de l'autre, massant de sa main libre sa nuque rendue raide par cette inconfortable position. Il avait les yeux qui piquaient, et la bouche pâteuse. Il se sentait poisseux de porter les mêmes fringues depuis la veille en fin d'après-midi... A vrai dire, il se serait damné pour une bonne douche chaude.
Dehors, le jour n'allait sûrement pas tarder à se lever, peut-être même était-ce déjà le cas. Echo aurait tout juste le temps de rentrer pour se laver et dormir, manger un morceau et repartir pour le service au Puzzle. Continuer de plus belle son sale boulot, pour rembourser les 5 grammes partis dans le siphon des toilettes. D'habitude, cela ne le dérangeait pas plus que ça, du moins il n'y pensait pas trop, mais ce matin, peut être à cause du contexte, l'idée le rendait nauséeux.

Tenkai revint, l'interrompant dans ses sombres pensées, et vint s'asseoir sur le bord de la table, tout près d'Echo. Le jeune homme leva les yeux vers lui; le policier avait l'air las, les traits fatigués. Il devait être déçu d'avoir perdu son temps et usé sa patience pour des nèfles.

« On n’est plus enregistrés donc tout ce que vous pourrez dire ne sera pas retenu contre vous. « Nero », c’est un vrai surnom ? Qu’on ne se casse pas le cul à chercher pour rien ... Et je ne peux vraiment pas espérer la moindre aide de votre part ? Juste un petit nom, une date, un lieu, n’importe quoi. »

Echo suivit des yeux le mouvement des clefs de ses menottes dans la main du policier. En temps normal, il se serait considéré en situation de danger, seul avec un flic, sans personne autour, ni la moindre trace enregistrée de leurs échanges.
Le jeune anglais scruta attentivement les traits de Tenkai, indécis. Peut être que le flic sentait la faiblesse d'Echo, son peu d'attachement à son patron, et tentait d'en profiter pour obtenir des renseignements.
Ou peut-être à l'inverse que cette homme essayait vraiment de lui laisser une chance de s'en sortir. Peut-être qu'il ne le croyait vraiment pas totalement irrécupérable.
Peut-être était-ce le type de policier dont Echo, quelques années auparavant, aurait bien eu besoin pour sortir la tête de l'eau. A présent, le jeune homme n'était plus vraiment sûr qu'il y avait encore quelque chose de bon à puiser en lui... quoique, il n'avait pas pour autant un mauvais fond. Il voulait juste survivre, par simple curiosité, histoire de voir à quoi ressemblerait la suite.

Le barman lâcha un petit soupir. En y regardant bien, il allait déjà devoir s'épuiser à rembourser les 5 grammes de cocaïne pour son patron, alors qu'après tout, il n'avait fait que lui sauver la mise.

Il fallait une contrepartie.

Echo regarda à nouveau Tenkai dans les yeux:
- Nero est un nom bidon, mais je ne peux pas vous révéler le vrai, on saura tout de suite que c'est moi parce que je suis son seul contact au Puzzle et je me ferai démolir.
Il se haussa sur son siège pour se rapprocher du visage de Tenkai et baissa la voix:
- J'ai autre chose à vous proposer, mais je ne le ferai pas gratuitement. Je veux qu'on en parle dehors, pour être sûr que personne ne peut nous entendre - il mâtina ces mots d'un regard méfiant vers la glace sans tain - ... et je veux mes 100 000 yens.

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MessageSujet: Re: Garde à vue (PV Kiba Tenkai) - TERMINE   Dim 15 Jan - 13:17

    Bailey resta un instant silencieux. Il n’avait pas l’air très à son aise. Pourtant, je n’avais pas l’air si intimidant que ça, si ? Je ressemblais plus à un zombi lutant pour rester éveiller qu’à un flic. J’avais hâte de rentrer chez moi pour dormir mais, comme j’étais très professionnel, mon travail passait avant. Je ne serais pas l’un des meilleurs flics du commissariat sinon. Je patientai, continuant à jouer avec les clés des menottes du suspect. Sans ce bruit, j’aurais peut-être entendu les rouages du cerveau de Bailey tourner à plein régime. Il finit par lâcher un soupir et par me regarder droit dans les yeux. Il venait de prendre une décision. J’espérais que ça soit la bonne et surtout qu’il allait pouvoir me donner un coup de main sur cette enquête.

    - Nero est un nom bidon, mais je ne peux pas vous révéler le vrai, on saura tout de suite que c'est moi parce que je suis son seul contact au Puzzle et je me ferai démolir.

    « Je peux comprendre… » répondis-je, avant de me baisser légèrement vers lui pour mieux l’entendre.

    - J'ai autre chose à vous proposer, mais je ne le ferai pas gratuitement. Je veux qu'on en parle dehors, pour être sûr que personne ne peut nous entendre ... et je veux mes 100 000 yens.

    « Pas de souci. »

    Je ne savais pas trop ce qu’il voulait dire par « je ne le ferai pas gratuitement ». Voulait-il parler de revoir ses 100 000 yens ou bien d’autre chose ? Si c’était cette dernière option, j’espérais que ce n’était pas de l’argent car je n’avais pas les moyens d’acheter ses informations. Mais ça ne me coûtait rien de le voir à l’extérieur du commissariat, du moment que mes collègues ne le remarquait pas. Ils seraient capables de s’imaginer des trucs alors que je faisais ça pour faire avancer l’enquête. S’ils avaient été compétents lors de l’arrestation au bar, je n’aurais pas à faire ça… Je descendis de la table et contournai Bailey pour lui retirer les menottes. Il allait pouvoir respirer un peu maintenant qu’il était libre de ses mouvements.

    « On va aller récupérer vos affaires, signer un papier et on se retrouve au coin de la rue, devant la salle d’arcades, ok ? »

    Je ramassai les gobelets vides, pris le magnétophone et sortis de la salle d’interrogatoire, Bailey sur les talons. En passant devant une poubelle, je jetai les gobelets et me dirigeai vers un bureau. C’était là qu’on entreposait les effets des gardés à vue et qu’on signait les papiers relatifs aux interrogatoires. J’invitai Bailey à s’asseoir tandis que j’allais fouiller dans un casier fermé par un cadenas à combinaison pour retrouver les objets du serveur. Je jetai un coup d’œil à la liste établie avant la mise en garde à vue. Apparemment, il ne manquait rien. Si Bailey souhaitait recompter ses billets pour s’assurer qu’il n’y avait pas eu de vol, il le pouvait. Ça pourrait évidemment paraître grossier de faire ça devant un flic car ça montrerait qu’il n’avait aucune confiance en la police mais après tout, il y avait des ripoux partout…

    « S’il ne manque rien, veuillez signer ici en indiquant la date et l’heure. » lui dis-je en lui indiquant où signer sur le papier. « Je vais aller me changer et je vous rejoins à l’endroit que je vous ai indiqué tout à l’heure. Ça vous va ? »


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MessageSujet: Re: Garde à vue (PV Kiba Tenkai) - TERMINE   Dim 15 Jan - 16:34

La réponse du policier fut rapide.

« Pas de souci. »

Au grand soulagement d'Echo, Tenkai passa derrière lui, il y eut un cliquetis et le métal froid de la menotte relâcha son agressive morsure. Le jeune homme se massa le poignet avec délices, alors que le blond débarrassait rapidement la table.

« On va aller récupérer vos affaires, signer un papier et on se retrouve au coin de la rue, devant la salle d’arcades, ok ? »

Echo hocha vivement la tête en signe d'acquiescement. Il connaissait l'endroit, qui serait sûrement désert à cette heure avancée de la nuit - ou très matinale, selon le point de vue. C'est donc sans faire de manières qu'il suivit le policier dans les couloirs du commissariat, réalisant que, si ça se trouvait, ils étaient seuls dans le bâtiment.

Tenkai fit s'asseoir le jeune homme, puis déposa devant lui un sac marqué d'une étiquette à son nom, ainsi que la précieuse liasse de 100 000 yens. Echo ouvrit l'emballage et en tira son blouson, son téléphone, son baladeur, ainsi qu'un paquet de cigarettes, un briquet et un portefeuille plutôt maigrichon.

En enfilant le vêtement, il réalisa qu'il avait un peu froid, sûrement en grande partie à cause de la fatigue, et frissonna. Il empocha ses effets personnels, ainsi que la liasse de billets, sans même les compter. Doué comme il était, après cette nuit blanche, il aurait à tous les coups dû s'y reprendre à trois fois pour avoir le bon compte..!

Tenkai, l'air plus crevé que jamais, mais toujours sans se départir de sa courtoisie, lui tendit un papier.
« S’il ne manque rien, veuillez signer ici en indiquant la date et l’heure. Je vais aller me changer et je vous rejoins à l’endroit que je vous ai indiqué tout à l’heure. Ça vous va ? »

Echo suivit les instructions du policier puis se leva, les mains dans les poches.
- Je vous y attendrai, assura-t-il. A tout de suite.

Il se fit indiquer la sortie du commissariat et la trouva sans encombre. Une fois le perron franchi, l'aube naissance lui fit cligner des yeux. Tendant ses bras autour de la tête, il s'étira de tout son long avec un grognement de plaisir. L'air était froid, légèrement brumeux. La rue était calme; même dans une ville comme Yuukoku, il y avait certaines heures où l'on pouvait se balader sans croiser un chat.

D'un pas un peu traînant, le jeune anglais longea la chaussée, passant devant des commerces aux grilles encore baissées, et finit par gagner la salle d'arcades, située à une cinquantaine de mètres à peine du commissariat. Là aussi, les volets étaient clos.

Echo s'adossa à l'un des deux piliers qui encadraient l'entrée, fouillant ses poches à la recherche de son portable. Il avait deux appels en absence, tous deux en provenance du bar. Le boss devait s'inquiéter pour son argent.
Echo n'avait pas le temps de téléphoner, Tenkai pouvant surgir d'un instant à l'autre. Il composa rapidement un sms laconique: "Ai passé la nuit au poste, ai récupéré l'argent, les flics n'avaient rien sur nous. Serai ce soir au service.".

Il leva ses yeux rougis par le manque de sommeil vers le ciel nuageux. Si cela lui chantait, il pouvait se casser, Tenkai n'ayant aucune trace du rendez-vous, ni même de sa proposition. Mais quelque chose disait au jeune homme qu'il n'aurait pas beau jeu de se carapater, le policier ayant l'air assez efficace dans son genre.
Il pouvait aussi lui mentir, le mener en bateau, histoire de rigoler un peu... mais bizarrement, il n'en avait pas plus envie. Cette nuit au poste lui avait montré qu'une fois de plus, il payait pour les vices des autres. Avec un peu de chance, il pourrait cette fois tirer son épingle du jeu en donnant un coup de main à Tenkai. A vrai dire, il était aussi curieux de voir ce que le policier ferait de la proposition du jeune homme. C'était bien joli de mener un interrogatoire avec brio, mais ce charmant flic était-il prêt à mouiller un peu sa chemise?

Echo, frappant la base de son paquet de cigarettes sur la paume de sa main, piocha la clope qui en sortit et la piqua au coin de ses lèvres.
Lentement, il inspira la première bouffée de nicotine, qui l'étourdit un peu, et attendit.




___

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Garde à vue (PV Kiba Tenkai) - TERMINE
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