Yuukoku, la ville aux deux visages...


 
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  Vincent Berys

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Vincent Berys

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Nombre de messages : 20
Date d'inscription : 16/03/2012

MessageSujet: Vincent Berys    Dim 18 Mar - 17:06

Nom : Berys

Prénom : Vincent

Age : 25 ans

Sexe : masculin

Sexualité : Homo

Métier : Détective privé (ancien inspecteur de police)

Physique :

Au premier abord, Vincent vous semblera imposant. Grand, 1m85, carré et musclé, il est difficile de ne pas le remarquer quand celui-ci l'a décidé. Tantôt les cheveux blonds, tantôt auburn, suivant les saisons, ceux-ci indiscipliné au possible virevoltent sur sa tête pour lui donner un air revêche, ou l'air du type qui vient à peine de se réveiller. Ses yeux, deux iris d'un bleu tirant sur le vert, sont difficiles à dissimiler, tant ils sont francs et emplis de droiture. Son visage, est souvent armé d'un immense sourire. Tantôt moqueur, tantôt animal, tantôt colérique... A vous de savoir lire entre les lignes.

Sur le plan vestimentaire, Vincent choisira des vêtements la sobriété et le confortable. Et s'il lui arrive d'être en costume, une cravate ne tiendra pas bien longtemps autour de son cou, et les boutons du col seront vite défaits également. C'est un homme avant tout physique, du moins en apparence. Bien musclé, et avec en prime de grandes mains aux doigts fins, parfaits pour caresser comme frapper.

Caractère :

Si en apparence Vincent vous paraitra être un homme d'action, il n'en est pas moins un homme de réflexion. Intelligent, habitué à lire à travers les indices que lui tend la vie, il est difficile de le tromper ou de dissimuler ses pensées en sa présence. C'est néanmoins quelqu’un qui aime provoquer ceux qu'il croise comme le destin. Il apprit très jeune combien la vie était courte, et a décidé qu'il ferait toujours ce qui lui paraissait le plus juste, que cela déplaise ou non. Rien ne saurait aplatir son âme emplie de droiture. Sensible, il ne laissera jamais tomber quelqu'un qui lui demande à l'aide, et n'en demandera aucune récompense, bien qu'il ait une légère tendance à la vénalité.

Vincent est néanmoins quelqu'un de difficile à approcher intimement. De peur de perdre encore une personne chère, il ne laisse jamais quelqu'un entrer dans sa vie autrement que part une sauterie d'un soir quand, le besoin s'en fait sentir. Sous ses airs d'homme sûr de lui se cache une profonde peur de l'abandon, qu'il essaye de résoudre en empêchant quiconque de tenter de l'apprivoiser...

Famille : Je n'ai plus aucune famille, plus d'attache...

Histoire :

1999:

Une pluie diluvienne s’abattait sur la population rassemblée dehors. Des voitures de police, un camion de la morgue, une ambulance… Tout ce petit monde courrait dans tous les sens, les uns à l’intérieur de la maison de ville, d’autres retenaient les curieux derrière les cordons de sécurité… Et dans tout ce petit monde, un homme, tapis dans l’ombre, observait la scène. Il devait avoir la trentaine, les cheveux noirs, des yeux tout aussi sombres. Un des policiers l’aperçut néanmoins et vint le rejoindre discrètement.

« Sale affaire » Lâcha l’homme brun, tout en allumant une cigarette.

« Ouais, un chic flic. Un bon flic comme il y en a plus beaucoup dans cette ville pourrie jusque la moelle. »

« Des survivants ? »

« Juste le gosse. Pauvre gamin. Il n’avait pas d’autre famille que ses parents… Qu’est-ce qu’il va bien pouvoir devenir… »

L’homme resta un instant silencieux. C’est à ce moment que choisit l’équipe médicale pour sortir à la fois les deux cadavres, reposant sur des brancards, parfaitement dissimulés dans des housses noirs. Et juste derrière eux, un gamin, escorté par un infirmier et par un policier, protégé de la pluie par un grand manteau posé sur ses épaules, et un parapluie que tenait le policier. Un instant l’homme regarda le cortège passer, détaillant chaque personne de son regard aiguisé. Et alors le garçon le vit. Il n’y avait aucun signe de traumatisme dans ses yeux, pas de peur, juste de la colère et, quelque chose qui laissa un instant l’homme sans voix, une volonté de fer, le genre de volonté qui n’avait pas sa place en temps normal dans les yeux d’un enfant. Sauf que celui-ci avait frôlé la mort et ne semblait nullement prêt à l’abandonner à l’avenir.

« Son nom ? » demanda l’homme, semblant avoir retrouvé l’usage de la parole.

« Vincent »

« Celui qui triomphe hein… Si vous ne savez pas quoi en faire, je connais un orphelinat qui sera ravie de s’en occuper. »

« Lance… Ce gamin est en danger, on ne connait toujours pas le coupable, mais vu dans quoi trempait le père, c’est certainement la mafia. Il a besoin d’une protection. »

« Je m’en charge. »

Nulle besoin de demander s’il était sûr de lui. Le policier connaissait le détective privé depuis suffisamment longtemps pour savoir qu’il était sérieux. Lance se dirigea vers le gamin qui s’apprêtait à monter dans l’ambulance. Le policier accompagnant l’enfant voulut le retenir, mais l’autre policier l’en empêcha.

« Bonsoir Vincent. Je m’appelle Lance. Je suis détective privé. »

« Vous êtes un ami de mon père ? »

« Non… enfin je le connaissais de réputation… mais c’était un bon flic… »

Le garçon garda un instant les yeux baissés. Des larmes perlaient au coin de ceux-ci, pourtant, l’enfant trouva la force de les retenir, se contentant d’un reniflement. Lance posa alors sa main sur l’épaule de l’enfant. Il n’était pas habitué à s’occuper d’enfant, mais il avait vu suffisamment de personne pleurer suite à la mort d’un proche. Il ne devait pas se montrer trop familier, le gamin venait de vivre un choc, et il sentait une trop grande fierté en lui, pour le blesser davantage.

« Vincent. Pour le moment tu vas aller à l’hôpital. Quand les docteurs te laisseront sortir, tu viendras avec moi. »

« Où ? »

« Dans un lieu sûr. Je te le promets. »

**********
2000:


« Vincent !! Vincent ! Viens ici sale petit garnement !!! » Hurla la none en colère.

Le dit garnement se sauvait à toute jambe, loin des tâches ménagères et des hurlements de la none furieuse. Seulement, il avait oublié un détail…

« Tu comptes te sauver encore longtemps ? » Lâcha Lance dans le chambranle de la porte de sortie.

Vincent pila net, de grosses gouttes de sueurs dégoulinant de son front.

« Eh bien je… »

« Ah vous voilà Lance. Faites quelques choses, je ne sais plus comment tenir ce gamin, et mes consœurs non plus ! »

« Je m’en occupe. Vincent ! Tu viens avec moi ! »

Face à un ton aussi autoritaire, le garçon ne pipa mot. Lance pouvait être doux, conciliant, gentil, comme dur, autoritaire et intraitable. Cela faisait un moment qu’il dépassait les bornes avec ses sœurs qui avaient eu la gentillesse de s’occuper de lui, du pauvre gamin sans attache qu’il était devenu… Elles et Lance.

« Où m’emmènes-tu ? »

« A un endroit qui te recadreras. »

Vincent n’en sut guère plus avant qu’ils ne tournent au coin d’une rue. En face se trouvait un club de sports de combat, art martiaux, taekwondo, boxe… L’adolescent avala lentement sa salive. Avait-il dépassé les limites à ce point ?

« Choisis le sport que tu veux faire. »

Le garçon leva des yeux étonnés en direction de l’homme qu’il avait appris à considérer comme un mentor. Voilà qu’il pensait être corrigé et finalement non… ? Il ne comprenait plus rien.

« Alors tu te décides ? »

« C’est juste que… »

« Que quoi ? Tu veux toujours devenir policier oui ou non ? »

L’adolescent se figea. Alors, il n’avait pas oublié… Il baissa un instant les yeux, les lèvres pincées, les poings serrés, avant de murmurer :

« Alors, tu… tu t’en souviens ? »

« Ouais, par contre j’ai l’impression que ce n’est pas ton cas Vincent. » Répondit le détective, les bras croisés « Tu crois que c’est le comportement adéquat ?! Tu as besoin d’un bon défouloir, et en même temps, d’un peu d’encadrement. »

« Alors… ça veut dire que je ne suis pas puni ? »

« Ça, ça va dépendre de toi. Bien, puisque tu ne sembles pas décidé, je vais choisir pour toi. Allons lutter. »

Une fois changé Vincent retrouva Lance sur le tapis de lutte. Il resta un instant coi de voir les muscles parfaitement bien dessiné et saillant du détective presque quadragénaire. Le rouge lui monta aux joues. Pourquoi avait-il soudain si chaud ? Pourquoi hésitait-il donc autant ?

« Alors, tu viens oui ou non ? »

L’adolescent fit deux pas sur le tapis. Mais avant qu’il n’est le temps de comprendre ce qui se passait, il se retrouva au sol, incapable de bougé, bloqué de toute part par son mentor. Celui-ci approcha ses lèvres de son visage et murmura à son oreille :

« Règle n1 : tout anticiper. Quoi qu’il arrive. »

*********************
2006:

« Santé ! »

L’entrechoquement de deux verres d’alcool salua les paroles des deux hommes. L’un jeune, les cheveux en bataille, tantôt tirant sur l’auburn, tantôt sur le blond, habillé d’un uniforme de policier souriait d’un air enjoué. L’autre, face à lui, plus âgé, les cheveux noirs, se teintant de blanc sur les tempes, fixait son comparse d’un doux sourire amusé. Ils portèrent le liquide ambré à leurs lèvres.

« Ah ça fait du bien une petite goutte d’alcool quand on est de bonnes humeurs ! » S’exclama le plus jeune.

« Et tu l’as bien mérité Vincent. Tu as résolu ta première enquête en tant qu’inspecteur de police. Quel effet cela te fait ? » Répondit le plus âgé.

« Arrête, c’est trop d’honneur que tu me fais Lance ! » S’exclama le jeune homme gêné. Son regard sembla un bref instant ailleurs avant qu’il ne reprenne la parole, plus sérieux.

« Lance… Tu sais, je ne serais jamais arrivé aussi loin sans toi… merci. Sincèrement. »

« Stop. Si tu es là où tu es, c’est que tu l’as mérité, inutile de me remercier. »

« Mais je… ! »

« Rien du tout. Plus un mot. Célébrons dignement ta première mission veux-tu ? »

Vincent voulut répliquer quelques chose, mais il s’en abstint. Même après tant d’années, sa foi et sa volonté d’obéissance envers son mentor restaient toujours plus forte que tout. Pourtant, il avait tellement de chose à lui dire ! Lui dire combien il le remerciait de s’être occupé de lui, lui dire combien il l’aimait… Cela faisait un moment maintenant qu’il avait pris conscience de ses sentiments ambigus envers son mentor. Déjà quand il avait compris que les femmes le laissait de marbre et ensuite quand il se mettait à rougir à chaque fois qu’il luttait avec lui. Seulement, il s’était senti si jeune, et si faible à côté de lui… Il avait toujours voulu être policier, mais il voulait aussi être à la hauteur d’un homme tel que lui… Alors il s’était entrainé dur. Il avait passé le concours de l’école de police, puis, une fois l’âge requis, avait passé celui qui avait fait de lui un inspecteur. Ce soir, c’était sa première enquête de bouclée, et il n’y aurait pas meilleure occasion.
Décidé, il posa son verre vide sur la table et attrapa la main de son mentor, essayant de se montrer sérieux, et déterminé, comme il lui avait appris.

« Lance. Il faut que je te dise quelque chose de très important… Lance, je t’…. »

Le bruit de verre brisé le stoppa net. Il voulut dire encore un mot, attraper son arme, mais la seule chose qu’il sentit, c’est le corps de Lance au-dessus de lui, son corps qui le protégeait d’il ne savait quoi. Le bruit était assourdissant. Il se sentit happer par l’obscurité, la peur, et la douleur. Il s’accrocha au corps de son mentor, la seule chose stable dans sa vie, alors que le goût du sang, emplissait sa bouche, son odeur, ses narines.

Quand il revint à lui, tout était sombre, froid, et gris. Il entendait le bruit de l’eau des canalisations qui s’écoulait librement, des alarmes de voitures en marche, il sentait l’odeur du sang, de la poudre, et du plomb. Il essaya de se redresser, mais il sentit un poids sur lui, et la douleur fulgurant dans ses jambes. La tête lui tournait. Alors, les souvenirs lui revinrent…

« Lance… » Tenta-t-il de dire de sa bouche sèche et pâteuse.

Un gémissement tout proche lui répondit. Il tourna la tête. Le corps de son mentor était à moitié sur lui, raison pour laquelle il avait tant de mal à bouger. Il bougea en sa direction et le mit sur le dos. Son cœur se figea… tant de sang, trop de sang…

« Eh boy, ça va ? » lâcha le mentor, accompagné d’un filet de sang.

« Lance… » Les larmes commençaient à monter à ses yeux. Son mentor était mourant, pas besoin d’être devin pour s’en rendre compte.

« Il semblerait, qu’on va pas pouvoir finir cette soirée comme il se doit… »

« Non, Lance reste avec moi, s’il te plait, ne me laisse pas… » Sanglota Vincent.

« Vincent… promets moi… promets moi que tu seras toujours victorieux hein… promets… moi… »

« Je promets, mais Lance, Lance !! »

Seul un sourire lui répondit. Le jeune homme se figea. Les larmes dégoulinèrent sur ses joues.

« Lance, Lance… Non, non !! »

Il hurla. Il pleura. Il versa toute les larmes qu’il n’avait pas versé pour ses parents, toute cette douleur qu’il avait retenue en son for intérieur si longtemps grâce à l’homme mort dans ses bras, grâce à l’homme qu’il chérissait tant… D’un geste lent, il essuya son visage de son bras noirci par les cendres. Il baisa les lèvres de son mentor, avant de murmurer à son oreille, et de fermer ses yeux.

« I love you Lance, and I ‘ll never forget you.”

Et désormais, plus jamais les choses ne seraient les mêmes…

********************
2011:


La pluie tombait à verse aujourd'hui, le genre de pluie que détestait le détective privé, elle le rendait grognon, elle le rendait de mauvaises humeur. Et comme si cela ne suffisait pas, il était à sec. A sec d'argent, à sec de boulot, et pour un homme d'action tel que lui, il n'y avait pas mieux que l'inaction pour le rendre d'encore plus mauvaise humeur. Un soupir s'échappa de ses lèvres alors que la fumée de cigarette montait par volute vers le plafond. Il fallait vraiment qu'il arrête de fumer, mais dès qu'il était stressé ou agacé, c'était plus fort que lui, il ne pouvait pas s'en empêcher.
Soudain, la sonnerie de l'entrée le fit bondir sur ses pieds. Qui cela pourrait-il bien être? Un client? Vincent, méfiant par nature, activa la caméra de l'entrée. L'homme semblait tout droit sorti d'un polar avec son long imper et son chapeau qui cachait une bonne partie de son visage. Un mafieux? Cela ne le surprendrait guère... Il activa le haut-parleur:
"Ici l'agence Berys, vous êtes?"

"Mr Berys, je suis venu vous proposer une affaire, si cela vous tente" Dit-il simplement. Annoncer son nom à voix haute en pleine rue n'aurait pas été très judicieux de sa part. "Si vous voulez bien me faire rentrer..."

Vincent fronça les sourcils, mais reconnut la méfiance de ce genre de personnes. En quelques secondes les rouages se mirent en branle, toutes sortes de suppositions germèrent dans son esprit. Règle n1: tout anticiper, quoi qu'il arrive. Première règle que lui avait apprise Lance, et celle-là, particulièrement, il n'était pas prêt de l'oublier.

"Ok, je vous ouvre. Montez l'escalier, mon bureau se trouve juste après, vous ne risquez pas de le rater."

En attendant que l'homme monte, Vincent sortit l'arme à feu de son tiroir et la chargea. Si l'homme lui voulait du mal, il le verrait tout de suite à travers la vitre qui s'éparait son bureau du couloir. Il posa ensuite l'arme à portée de main et attendit.

L’homme put enfin entrer... Il prit la peine de secouer son chapeau (ses longs cheveux se libérant ainsi de leur prison de tissu) avant de refermer la porte et de s'essuyer les pieds. Autant faire bonne figure dès la première seconde, puisqu'il allait devoir jouer un rôle tout le long de cette entrevue. Il prit son air le plus contrit, étant un maître en la matière, et monta donc l'escalier d'un pas lent et un peu perdu... Il chercha la porte du bureau, remarqua une vitre teintée derrière laquelle il devina que le détective l'attendait de pied ferme, et frappa sur le chambranle avant d'ouvrir sans plus de cérémonie.

"Excusez-moi pour le dérangement...» Commença-t-il en posant des yeux aux iris brunes sur l'homme blond avant de remarquer une arme à feu disposée prudemment sur le bureau, à son côté. Il esquissa un sourire nerveux et leva les mains en signe de paix. "Je n'ai aucunement l'intention de vous agresser d'ailleurs... vous pouvez me fouiller si vous le souhaitez..."

"Simple mesure de prudence. On ne sait jamais sur qui on peut tomber, ne croyez-vous pas? Asseyez-vous, mettez-vous à l'aise. Je suis Vincent Berys, détective privé, j'accepte tout genre de mission, à vous de me dire ce que vous désirez, et je vous donnerai mon prix, ok?"

Ça avait le mérite d'être clair et net... et l’homme n'y trouva rien à redire. Il haussa les épaules d'un air résolu et s'assit sur la chaise en face du bureau. "Je viens pour vous demander de retrouver quelqu'un pour moi, quelqu'un qui a disparu depuis 2 ans. Mais... Je crois que tout d'abord je dois vous donner mon identité. Je suis Tristan Archer." Il donna son nom public, celui que l'on connaissait comme le nom du pdg de l'entreprise pharmaceutique Archer. Yezabel Messiah n'étant que son nom de l'ombre.

Vincent haussa un sourcil. Il était difficile de ne pas connaitre un nom tel que celui-ci, Tristan Archer, nouveau pdg d'un immense empire pharmaceutique... et d'autres choses, si on en croyait certaines rumeurs. Le détective se laissa aller en arrière sur sa chaise, les mains croisées.

" Je vois, vous n'êtes pas n'importe qui. Et qui est cette personne? Vous êtes-vous déjà adressé à la police?"

Yezabel secoua la tête "Non non, pas la police je... Je souhaite que cette affaire ne s'ébruite pas. Je ne veux pas de déclaration télévisuelle, d’affiches placardées sur les arbres, non. Je veux de la discrétion, c'est la raison pour laquelle je suis venu faire appel à vos services. J'ai entendu dire que vous étiez l'un des plus jeunes et l'un des plus compétents dans votre domaine..."

Il sourit et mit lentement sa main dans sa poche pour en ressortir un carnet protégé de la pluie par un petit sac en plastique. Il ôta le sac, ouvrit le carnet et en sortit une photo qu'il posa sur le bureau, face au détective. "Il s'agit de mon frère, Aaron Ideoga, la photo date un peu mais je ne pense pas qu'il ait beaucoup changé depuis. S'il est toujours en vie. Bien entendu, je vous payerai le double du prix que vous me demanderez." C'était une photo de "famille" prise à la mort de leur père, 7 ans plus tôt. On pouvait voir Yezabel assit sur un fauteuil dans un salon luxueux et Aaron derrière, plus jeune, le regard sévère, habillé d'une tunique traditionnelle japonaise. La résolution était assez grande mais les couleurs étaient un peu effacées par le temps.

Vincent le regarda faire. Il avait senti dès le début que Mr Archer avait fait appel à lui parce qu'il recherchait de la discrétion. Sinon, avec tout l'argent que la rumeur lui attribuait il aurait facilement pu remettre la main sur son frère. Ah moins qu'il y avait encore autre chose... Pourquoi rechercherait-il son frère? Par bonté d'âme, ou au contraire pour retrouver un potentiel héritier qui pourrait se montrer gênant?

Il prit la photo que l'homme lui tendait. Les couleurs étaient un peu délavées, mais il voyait clairement le visage de l'adolescent et particulièrement ses yeux... des yeux vairons, voilà bien quelque chose d'atypique.

"Joli minois... Vous ne vous ressemblez pas beaucoup" Lâcha-t-il comme si de rien était, alors qu'il cherchait au contraire, à en savoir davantage.

"Non..." Souffla Yezabel, un léger sourire sur les lèvres.

"Les années nous ont séparé sur bien des choses." Ajouta-t-il simplement. "Il a disparu dans la nature il y a près de 2 ans et demi. J'ai bien essayé par mes propres moyens de le retrouver mais cela s'est révélé infructueux... Je n'ai pas ce genre de talent."

Vincent, en parfait observateur, sentit son interlocuteur se tendre. C'est bien ce qu'il avait supposé, Tristan n'était certainement pas en si bon terme avec son cadet... Celui-ci serait-il parti avec quelques choses de compromettant? En tout cas, l'affaire lui plaisait, et puis, si en plus il serait grassement payé...

"Bien. Alors je vous demande toutes les infos qu'il vous reste sur ses derniers déplacements. Où vous supposiez qu'il ait pu se sauver, quand comment, il me faut le maximum de chose pour commencer mon enquête."

"Quand, aux alentours du 20 décembre 2009." Il prit le temps de réfléchir, de poser son dos sur la chaise pour se décontracter, de gratter son menton... "Comment? Il a disparu. A-t-il été enlevé? Je ne sais pas... Ou s'est-il simplement enfui... Nous n'étions malheureusement pas très proches, il vivait sa vie loin de l'entreprise, avec son ancien majordome je crois, mais aucune trace de ce dernier non plus." Il leva un doigt. "Il y avait des rumeurs selon lesquelles quelqu'un l'aurait fait chanter ou le menaçait... Vous comprenez, Aaron est le demi-héritier de la famille, et je crains que d'autres personnes ne soient sur ses traces également, mais dans un but moins... conventionnel." Il s'arrêta une minute et reprit. "Pour ce qui est du lieu... Nous avons des origines japonaises, il n'est pas impossible qu'il soit parti là-bas seulement, nous n'avons plus aucune famille de confiance au Japon. Je ne vois pas où il aurait pu se cacher."

"Je vois... Se pourrait-il que son majordome l'ait aidé à s'enfuir? Il me faut son nom. Ainsi que ceux de votre famille au Japon. S'il était réellement menacé, il sera parti le plus loin possible, et si possible dans un lieu où on ne le connaitrait pas. * il s'arrêta un instant pour réfléchir.* Si effectivement votre frère est parti au Japon, je veux les moyens nécessaires pour m'y rendre. Je ne peux me permettre d'agir aussi loin et en même temps, quitter mon cabinet comme ça, il faut que ça en vaille le coup vous comprenez?"

Il nota le nom d'Aligorv sur une feuille et la lui posa près de la photo avant de sourire et de lui tendre un chèque préparé à l'avance par ses soins....

"Prenez cela comme un plus, en dehors de votre paie, pour subvenir à tous ce dont vous auriez besoin pendant votre enquête." Il se réendossa et mit ses mains dans ses poches. "Pour ce qui est de notre famille au Japon... Je ne vais pas vous mentir, il s'agit là d'une famille assez particulière. Les Inagawa. C'est un clan de Yakuza. Nous tenons ces origines du côté de notre très chère mère. Je doute qu'ils lui aient ouverts leurs portes, je n'ai moi-même pas réussi à prendre contact avec eux... Mais s'il était menacé, pensez-vous vraiment qu'il serait allé dans ce genre d'endroit? "

Vincent prit la photo du majordome qu'il joint à celle où se trouvait Aaron. Un sourire de loup se dessina sur son visage alors qu'il voyait la coquette somme que lui donnait Tristan. Un moyen très efficace de l'appâter et en même temps de le faire taire. Seulement, Vincent n'était pas aussi idiot qu'il le paraissait, et facile à manipuler. Il acceptait le contrat, mais cela ne voulait pas forcément dire qu'il allait livrer un potentiel innocent à un homme qui ne semblait pas aussi doué de bonnes intentions qu'il voulait bien le faire croire...

"Peut-être parce qu'il est trop innocent pour se lier à des Yakuza? Ce genre de personne ont la réputation d'être difficile à approcher, et une fois que vous tombez de leur filet, il leur ait très difficile d'agir comme on le voudrait... Non?"

"Aaron est innocent. Et c'est bien pour cela que vous devez le retrouver, avant que quelqu'un ne le fasse... Même si nous n'avons pas eu les meilleures relations fraternelles qui puissent exister, et que l'on garde un peu de rancœur l'un vis-à-vis de l'autre, il reste mon petit frère, et surtout, il est la seule famille qu'il me reste aujourd'hui. J'avais abandonné l'idée de le retrouver il y a quelques temps mais depuis la mort récente d'un de mes amis proches..." Il inspira profondément. "Je me suis rappelé l'importance du mot "famille", et je ne cesse de me dire qu'il est en danger ou qu'il puisse être... peut-être même est-il déjà mort. Mais si ce n'est pas le cas, vous devez avoir une idée du poids de la fortune qui pèse sur moi ou sur lui. Si je ne le retrouve pas, quelqu'un d'autre le fera et ça en sera terminé de lui." Il se tut enfin mais resta dans cette position, lançant un regard bien grand à Vincent, les lèvres légèrement tremblantes.

Vincent écouta attentivement l'homme et fit comme s'il comprenait effectivement sa peine... Sa peine qui n'était que mensonge. Non, cet homme ne savait pas ce qu'était une famille, il n'y avait nulle douleur dans ses yeux, juste de la froideur... une froideur implacable. Si Tristan n'avait pas été un client, et un pdg aussi riche, il aurait volontiers fait ravaler ses paroles en le corrigeant sévèrement. L'homme avait commis une grave erreur, bien qu'il ne l'avait sans doute pas remarqué. Car pour Vincent, il n'y avait rien de plus sacré que la famille...
Il se fit le plus sombre possible, son sourire de loup à nouveau plaqué sur son visage, alors qu'il lui répondit:
" Et vous me le confierez? N'avez-vous pas peur que je puisse le souiller?"

"Et bien..." Reprit-il d'une voix beaucoup plus grave. "Je serais forcé de vous apprendre à ne pas toucher à ce qui ne vous appartient pas." Il appuya son regard et se leva lentement en sortant sa carte où ses coordonnées étaient inscrites en filigranes dorées. "Pour toutes questions complémentaires, n'hésitez pas à me joindre, Mr Berys. Je vous garantis un accès total à ce qui peut aider vos recherches. " Dans les limites du raisonnable, ajouta-t-il en pensée.

Vincent se laissa à nouveau aller en arrière, un sourire triomphant sur les lèvres.

"Je tacherais de m'en souvenir, Mr Archer... et merci pour votre carte. Je n'hésiterai pas vous contacter si j'en ai besoin, je n'y manquerai pas, soyez en sûr..."

Il avait énervé l'homme, il en était certain. Il n'y avait nul désir fraternel de protection dans ses yeux, non au contraire... D'un objet qui lui appartenait plutôt? La partie promettait d'être de plus en plus intéressante... Il avait conscience du jeu dangereux auquel il jouait, mais après tout, qu'avait-il à perdre? Rien, et si l'homme désirait le voir plier, il se rendrait vite compte qu'il n'avait plus aucune attache, d'autres personnes s'en étaient déjà chargé...

L'homme reprit son chapeau et recouvrit ses cheveux d'un geste expert. Deux doigts sur le front pour un salut rapide et un sourire amical et chaleureux pour la forme. "Tenez-moi au courant de votre investigation." Et lui ne manquerait pas de suivre cette histoire de loin, car quelque chose lui disait qu'il n'avait pas pêché le meilleur poisson. Sur ce, il referma son imper et sortit du bureau puis du bâtiment pour se fondre dans la masse humide des travailleurs du lundi matin.

....


Autre : Vincent garde précieusement une chaine autour du cou qui appartenait à son mentor.
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MessageSujet: Re: Vincent Berys    Mer 21 Mar - 14:54

Bienvenue !

Voilà, j'ai enfin pu lire ta présentation et... ma foi, tout est parfait ! J'ai hâte de voir ce qu'il va se passer avec Aaron Wink

Ta fiche est validée !

Bon jeu.

[Je verrouille le sujet.]

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Vincent Berys
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