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 Des suites de l'agression [PV Echo]

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Anaëlle Simon

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MessageSujet: Des suites de l'agression [PV Echo]   Dim 14 Oct - 18:38

[Topic précédent : intrusion nocturne]

L'ambulances arriva à l'hôpital en moins de 5 minutes, une chance qu'à cette heure-ci le trafic n'était pas trop dense. Au vue de l'urgence qu'elle transportait, chaque seconde était ça de gagner. On ne savait pas depuis combien de temps cette jeune fille avait perdu connaissance ...
Les deux ambulanciers poussèrent la civière jusqu'à l'entrée des urgences, puis des infirmières vinrent à leur rencontre, pour prendre les renseignements supplémentaires.
- Le trajet s'est fait sans ecombre, tension 8.6, température 39.7°C, pupilles dilatées mais réactives. Un petite anémie, dûe au sang perdu. Fracture du nez, ainsi que de drôles de marques de coupures un peu partout. Formation de cernes très noires en-dessous des yeux.
L'infirmière Yang jette un coup d'oeil rapide et porte une main à sa bouche.
- Je bippe le Dr. Carter immédiatement.
- Quoi ? Vous écoutez pas quand je parle à la radio ?! Je vous ai dis de bipper un neurologue à la seconde ! Je suis ambulancier mais je sais encore mon métier, alors bouge toi tout de suite avant qu'on ne perde cette patiente !
L'infirmière courru dans le couloir jusqu'à atteindre le téléphone de service. Non pas qu'elle ne croyait jamais les ambulanciers, mais parfois ils se trompaient. C'est vrai, une fois ils ont fait venir un chirurgien pour des prunes et c'est elle qui avait tout pris. Bien sûr, là aussi elle allait se faire enguirlandée. C'était grave et elle n'avait pas fait son boulot. Mais pas le temps pour les remords, fallait agir vite !
- Dr. Carter ? Venez vite aux urgences, nous avons un cas très grave. Une jeune femme présentant des cernes très noires sous les yeux, signe d'un...
- Troube neurologique grave, n'allez pas m'apprendre mon métier ! Préparez-moi un bloc, j'arrive immédiatement.
Yang repart dans l'autre sens en courant. Les ambulanciers, ainsi que d'autres infirmières, attendant dans le couloir. L'infirmière leur désigne un bloc, le bras tremblant.
- Le docteur arrive tout de suite, commencez à la préparer.
L'ambulancier laissa les infirmières prendre cette jeune fille en charge. Il lui arrivait parfois d'avoir un mauvais pressentiment, c'était le cas ce soir. Il n'avait pas compris l'histoire, mais il était bien déterminé à savoir ce qu'il s'était réellement passé dans cet appartement. Ce ne sont pas de simples convulsions qui ont causé tout cela.
Alors qu'il était dans ses pensées, son regard fut attiré par un jeune homme. Ce même jeune qui avait appelé les secours. Il était guidé dans une salle d'attente, pas très loin du bloc opératoire, par une aide-soignante. A peine fut-il entrer, qu'un policier entra à son tour. Son servive était terminé, et Henri voulait le fin mot de l'histoire, il pénétra lui aussi dans la salle d'attente.
- Monsieur ? Je dois vous posez quelques questions sur mademoiselle ... Simon, vous voulez bien ?
Le Dr. Carter sortit en trombe de l'ascenceur et courru comme un dératé. Voilà quelques années qu'il n'avait pas été aussi vite. Cela faisait aussi quelques années qu'il n'avait pas un cas aussi sérieux à traiter. Une infirmière lui avait dit qu'un homme était avec la victime. Le seul témoin et, espérons-le, quelqu'un qui connaisse cette jeune femme. Lorsqu'il pénétra dans la salle d'attente, un policier et un ambulancier entouraient un jeune homme. C'était lui, sans aucun doute.
- Vous m'excuserez de vous interrompre, mais j'ai des choses importantes à demander à ce jeune homme et comme je suis tenu au secrêt professionnel, je vous demanderai de sortir, j'ai des détails personnels à lui demander.
Grimaçant, les deux hommes obéirent à contre coeur. Le Dr. Carter s'approcha de l'inconnu, lui tendant la main.
- Dr. Carter, je suis le neurologue qui va opérer votre amie d'ici quelques minutes. Mais pour pouvoir l'opérer, il faut que je comprenne bien tout ce qui s'est passé et si possible, avoir des antécédents. Nous avons consulté les fichiers, mademoiselle Simon n'apparaît nul part, et le temps qu'on me le transfert de France, elle a le temps de mourir deux fois. Alors s'il vous plaît, dîtes-moi tout ce que vous savez, n'importe quel détail me sera très utile ...

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Echo Bailey

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MessageSujet: Re: Des suites de l'agression [PV Echo]   Dim 14 Oct - 21:00

Echo jeta un oeil à son téléphone en sortant du métro. Un quart d'heure était passé à peu près depuis que les ambulanciers avaient emporté Anaëlle. Il slaloma rapidement entre les passants vers l'hôpital, en bousculant certains malencontreusement au passage, et franchit finalement les portes vitrées du bâtiment. A grandes enjambées, il franchit le vaste hall et gagna finalement l'accueil. Il s'accouda par dessus le guichet, se haussant sur la pointe des pieds pour interpeller une hôtesse.

- Je viens juste après une ambulance qui vient de débarquer une patiente, Anaëlle Simon, ils ont pu l'emmener au bloc? demanda-t-il en tentant au possible de garder son calme, malgré l'angoisse qui lui triturait les nerfs.

L'hôtesse d'accueil hocha la tête, ce nom sonnant manifestement fraîchement dans sa tête.
- Ils vont l'opérer, ils attendent le neurologue. Vous êtes de la famille?
- Je suis son petit ami, répondit Echo du tac au tac. C'est moi qui ai appelé les secours.
Elle regarda, prudente, ses traits tirés. Il était occidental, comme la jeune fille qu'il cherchait, et Echo supposait qu'il devait avoir une tête de six pieds de long, car elle eut l'air de le croire. Elle finit par hocher la tête.
- Une aide soignante va vous conduire en salle d'attente, vous pourrez voir Mademoiselle Simon uniquement quand elle sortira du bloc.
- Ok, soit, merci, vite! dit Echo dans un souffle.
Manifestement habituée à l'affolement des visiteurs, elle lui fit signe de la main de se calmer et héla une aide soignante pour lui demander d'accompagner Echo.

Ils parcoururent plusieurs couloirs avec l'aide soignante, avant de prendre un ascenseur, sans qu'Echo puisse retenir l'étage, puis ils longèrent un nouveau corridor, le jeune Anglais sentant son estomac se retourner en sentant l'odeur aseptisée des lieux agresser ses narines. Dieu qu'il pouvait haïr ce genre d'endroits... L'aide soignante poussa enfin une petite porte qui ouvrait sur la salle d'attente. Il y avait quelques revues sur une table, des chaises alignées contre le mur et une machine à café. Après lui avoir fait promettre qu'on viendrait le chercher s'il y avait du neuf, Echo la regarda sortir et refermer derrière elle avant de laisser ses épaules s'affaisser dans un long soupir.

Il commença à faire les cent pas, encore beaucoup trop nerveux pour s'asseoir. Il était à peine plus calme que quand l'ambulance avait emmené Anaëlle, une boule de colère embrasait la moindre de ses cellules. Et s'il avait réagi trop tard, s'il n'avait pas tout tenté pour sauver la jeune femme, et qu'elle mourait, là? Pourquoi ne s'était-il pas jeté sur cette connasse masquée dès qu'elle s'était détournée d'Anaëlle? Aurait-il pu dire ou faire quelque chose qui aurait pu écourter le calvaire de la Française?

La porte s'ouvrit; Echo leva la tête et reconnut l'un des infirmiers qui était venu chercher Anaëlle.

- Monsieur ? Je dois vous poser quelques questions sur mademoiselle ... Simon, vous voulez bien ?
- Elle est au bloc? Qu'est-ce qu'ils vont lui faire? J'ai entendu que vous aviez appelé un neurologue...demanda Echo, aux abois.

L'infirmier sembla hésiter, étrangement tendu, avant de répondre:
-- Je ne peux rien vous dire pour le moment. Je voudrais que vous répondiez à deux ou trois questions qui pourront nous aider à améliorer l'état de Mademoiselle Simon. Vous l'avez donc trouvé dans cet état... où avez vous ce qui a pu lui arriver?
Il mesurait manifestement ses paroles; Echo fronça les sourcils. La tournure de la question était pour le moins étrange.
- C'est comme je vous ai dit tout à l'heure, elle m'a appelé au secours, je suis venu et je l'ai trouvé inconsciente, dans les bras de cette fille... déclara-t-il tout de même, gardant son calme au possible.
Il s'interrompit, alors que la porte s'ouvrait à nouveau, cette fois sur un policier.
Involontairement, le jeune homme fit un pas en arrière. Du même coup, l'infirmier avança, et le policier referma derrière lui, la main sur la ceinture de son pantalon.
- Bonsoir, je suis le lieutenant Takeru - il avança à son tour doucement en direction d'Echo, le dévisageant sans grande sympathie. Le jeune homme jeta un oeil à l'infirmier, qui baissait à présent les yeux, soudain très attentif à une tâche sur le sol, avant d'écouter le policier poursuivre - J'ai été appelé par cet hôpital suite à l'agression dont Mademoiselle Simon a fait l'objet. C'est vous qui avez fait venir les secours, c'est ça? Pouvez-vous décliner votre identité et vos liens avec la victime?
- Echo Bailey, je suis... Anaëlle est ma petite amie.
- Que s'est-il passé ce soir?
- J'étais en ville, Anaëlle m'a appelé, elle était terrifiée, il y avait quelqu'un dans son appartement derrière elle, j'ai couru aussi vite que je pouvais pour la retrouver, la porte de son appartement était ouverte et je l'ai trouvée menacée par une fille avec un masque...
Le policier haussa un sourcil incrédule:
- Un masque?
- Oui, un masque, répéta Echo avec une pointe d'agacement. Il se tourna ensuite vers l'infirmier. Vous ne pouvez pas me dire ce qu'elle a? Je suis mort d'inquiétude, là...
- Répondez d'abord à mes questions, Monsieur Bailey, l'interrompit le policier.
Echo le foudroya du regard mais poursuivit:
- Elle avait blessé Anaëlle, j'ai essayé de faire dégager cette fille, Anaëlle a commencé à convulser, la fille a eu peur et est partie, j'ai ensuite appelé les secours.
- Vous fréquentez Mademoiselle Simon depuis longtemps?
- Quelques semaines.
- Quelle est votre profession?
- Barman.... le jeune homme s'interrompit. Putain, vous voulez mon numéro aussi, ou c'est un interrogatoire?
- Vous allez vous calmer un peu, Monsieur Bailey, répliqua sèchement le policier. Ça peut en devenir un si j'en ai envie, alors je vous conseille de coopérer.
Echo, prenant une pleine poignée de ses boucles noires, leva les yeux au ciel. Mais quels crétins! La situation n'était pas du tout, du tout en train de tourner en sa faveur. Il était seul avec Anaëlle, la fille s'était volatilisée. Il avait le sang d'Anaëlle sur les mains, mêlé à son propre sang sur son poing tuméfié. Il n'avait à raconter qu'une invraisemblable histoire d'inconnue masquée à raconter, et la seule autre témoin de l'histoire était inconsciente. Bon sang, il allait péter un plomb avant la fin de la journée!

La porte s'ouvrit une nouvelle fois, laissant cette fois place à un homme d'âge mur vêtu d'une blouse.
- Vous m'excuserez de vous interrompre, mais j'ai des choses importantes à demander à ce jeune homme et comme je suis tenu au secret professionnel, je vous demanderai de sortir, j'ai des détails personnels à lui demander.

Dr. Carter, je suis le neurologue qui va opérer votre amie d'ici quelques minutes. Mais pour pouvoir l'opérer, il faut que je comprenne bien tout ce qui s'est passé et si possible, avoir des antécédents. Nous avons consulté les fichiers, mademoiselle Simon n'apparaît nul part, et le temps qu'on me le transfert de France, elle a le temps de mourir deux fois. Alors s'il vous plaît, dîtes-moi tout ce que vous savez, n'importe quel détail me sera très utile ...


Echo lui serra la main qu'il lui tendait, extrêmement reconnaissant envers le médecin d'être débarrassé de l'infirmier et du flic pour au moins quelques minutes. Sans s'asseoir pour autant, il tenta de calmer un peu sa respiration précipitée, que la colère n'avait pas contribué à ralentir.

Il prit une inspiration avant de commencer une nouvelle fois son pénible récit:
- La fille qui a agressé Anaëlle l'a blessée, je ne sais pas comment, avant que j'arrive. Elle l'a ensuite coupée au moins une fois à la gorge, quand j'ai tenté de la chasser. Et puis Anaëlle a commencé à convulser... et à-à baver -il ferma les yeux une seconde - je ne sais pas si pendant les quelques minutes que ça a duré, elle a été consciente à un moment, elle n'a pas réagi une seule fois à mes appels. Quand j'ai pu la toucher, elle n'a pas plus réagi à mon contact.
Il s'adossa contre la machine à café, il sentait que ses jambes devenaient comme du coton; il avait faim, il était épuisé, il avait peur, c'était beaucoup trop à supporter pour lui, qui fuyait toujours les situations inconfortables.
- Elle a un cancer au cerveau. Elle m'a dit que le genre de tumeur avait été résorbé mais n'était pas parti. C'est pour ça qu'elle est aveugle. Tout ce que je sais c'est qu'elle n'avait pas de cheveux pendant un moment, il me semble que ça veut dire qu'elle a fait une chimio. Je... je ne sais pas si elle prend des médicaments en ce moment, je ne crois pas. Je peux aller à l'appartement chercher ces médicaments, ou alors - il jeta un regard massacreur à la porte derrière lequel le policier l'attendait - je file les clefs aux flics, s'ils tiennent à me garder, pour qu'ils aillent les chercher eux-mêmes.
Il leva les yeux vers le médecin, ses iris verts glacés par sa terrible angoisse, l'estomac retourné, la bouche sèche. Il détestait les hôpitaux, il détestait les toubibs et les infirmières, mais là, ils tenaient la vie d'Anaëlle entre leurs mains. Elle ne méritait pas ça bon sang!
- Je ne sais pas quoi vous dire de plus... je... je suis désolé, finit-il par lâcher dans un murmure.


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MessageSujet: Re: Des suites de l'agression [PV Echo]   Mer 17 Oct - 17:50

Pendant l'explication, au rythme tremblant et saccadé, le docteur Carter observa longuement le jeune homme. Pâle comme un linge, c'était à se demander comment il pouvait encore tenir debout. Il jouait nerveusement avec ses mains, le regard dans le vide, comme s'il revivait presque la scène. Hochant doucement de la tête, le neurologue se dirigea vers la machine à café, sorti quelques pièces de monnaies de sa poche et appuya sur un bouton. Un gobelet en plastique apparau et un liquide doré s'écoula.
- Elle a un cancer au cerveau. Elle m'a dit que le genre de tumeur avait été résorbé mais n'était pas parti. C'est pour ça qu'elle est aveugle. Tout ce que je sais c'est qu'elle n'avait pas de cheveux pendant un moment, il me semble que ça veut dire qu'elle a fait une chimio. Je... je ne sais pas si elle prend des médicaments en ce moment, je ne crois pas. Je peux aller à l'appartement chercher ces médicaments, ou alors je file les clefs aux flics, s'ils tiennent à me garder, pour qu'ils aillent les chercher eux-mêmes.
Cancer au cerveau, le diagnostic était posé. Si la tumeur avait provoqué la cécité, le docteur savait où couper, mais ne savait absolument pas ce qu'il allait y trouver ... Il s'inquiétait de ces cernes, se demandant depuis combien de temps elles étaient apparues, combien de temps il restait avant l'inévitable. Mais toutes ces questions, il les gardait pour lui. Son visage restait doux, pour ne pas effrayer un peu plus ce jeune homme déjà très perturbé par tout ce qui était arrivé à son amie. Il déchira deux sachets de sucre, qu'il fit couler dans le gobelet, puis remua le mélange avec une cuillère en plastique.
Il se tourna enfin de nouveau vers Echo, lui tendant le gobelet avec un sourire rassurant.
- Bien, tout d'abord, vous allez vous assoir et me boire ça. C'est du thé au citron, très sucré. Pas la peine de vous mentir, ce breuvage risque d'être infecte, mais vous êtes en pleine crise d'hypoglycémie, je ne voudrais surtout pas que vous vous effondriez ici.
Le docteur pris place à ses côtés et se racla la gorge.
- Je ne vais encore pas vous mentir, votre amie est dans un état très critique. Les cernes ajoutées aux convulsions dont vous m'avez parlé sont le signe d'un disfonctionnement cérébral, causé par la tumeur, là il n'y a aucun doute maintenant. Cette tumeur devait déjà progresser depuis quelques temps, mais le choc dû à sa chute et le stress provoqué par l'attaque de cette femme ont accéléré grandement les choses. Je ne peux pas du tout vous dire l'étendue des lésions, ni s'il y aura des conséquences. Je ne peux pas non plus promettre qu'elle se réveillera ou même qu'elle survivra à l'opération, je saurai cela uniquement lorsque j'aurais ouvert.


Il ne lâchait pas le jeune homme des yeux, et préférait tout lui dire de but en blanc, même si la pillule pouvait être difficile à avaler.
- Je vous promets de faire mon maximum pour la sortir de là. Si je comprends bien, cette jeune fille n'a pas d'autres proches que vous, alors je vais vous demander un immense service, et j'en suis désolé d'avance : rester ici. Voyez-vous, je suis un médecin, je suis censé représenter la science, l'esprit cartésien ... Mais cela fait quelques années que je pratique et je peux vous dire que les patiens ne survivent pas seulement grâce à nous. Les proches ne peuvent pas être au bloc, et pourtant je suis presque certain que les victimes arrivent à sentir leur présence, qu'ils ne sont pas seuls, qu'ils sont soutenus. Ils en ont besoin pour se battre avec nous.
Il posa sa main sur l'épaule d'Echo.
- Je suis tout à fait conscient de la soirée éprouvante que vous venez de passer, et que je vous demande beaucoup. Je vous demande de rassembler tout le reste d'énergie qu'il vous reste pour elle, être présent. Bien entendu en retour, je vous promets de venir immédiatement après l'opération pour vous dire ce qu'il en est. Et je vais m'occuper aussi de ces deux zozos-là, il désigna l'ambulancier et le policier derrière la porte. Je les connais tous les deux depuis bien longtemps et je crois en votre histoire. Non pas parce que je suis humain, mais aussi en tant que médecin.
Il lui fit un petit clin d'oeil et se releva.
- Je vous revois dès que j'ai terminé. En attendant, vous avez le droit de vous reposer, tout en ayant une pensée pour Mademoiselle Simon.
Le docteur ouvrit la porte et la referma derrière lui, en prenant bien soin de faire barrière aux deux autres qui déjà s'affolaient pour entrer à nouveau dans la salle. Son sourire avait complètement disparu, laissant presque place à de la colère.
- Bon, alors maintenant lequel d'entre vous veux bien m'expliquer ce qui se passe ? Depuis quand un ambulancier s'occupe d'un interrogatoire avec un policier ? Dit-il en regardant Gary. Et depuis quand on agresse les proches d'une victime sans l'ombre d'une preuve ? Il fusilla le lieutenant du regard.
- Ils étaient que deux, la fille et lui, c'pas trop difficile de deviner.
- ... Takeru, y a des jours où je me demande où tu as eu ton diplôme, sinon dans un gâteau porte-bonheur! Gary je ne te dirais qu'une chose : Tu es secouriste, pas flic, alors comme tu as fini ton service, tu rentre chez toi et tu prendras des nouvelles de la patiente demain dès que tu seras de retour. En attendant je ne veux pas te revoir de la nuit, c'est clair ?
Gary baissa la tête. Il avait toujours un immense respect pour le docteur Carter, comme tout le monde dans cet hôpital, et prenait enfin conscience de ce qu'il avait fait : N'importe quoi ... Bafouillant des excuses, il fit demi-tour vers la sortie. Le neurologue, pressé de partir opérer, empoigna le cou du lieutenant, légèrement brutalement mais s'en en rajouter non plus et le mit face à la fenêtre.
- Regarde-le. Regarde bien ce jeune homme. Je vais te donner un petit cours de médecine si tu le veux bien. Il est pâle, tremblant, les pupilles dilatée. Tu lui soufflerai dessus, il pourrait s'écrouler comme un château de carte. Dans notre jargon, ça s'appelle de l'hypoglycémie mélangée à de l'adrénaline. Ou plus exactement l'adrénaline qui redescent. Ton corps est vide, tu manque de sucre, et tu as encore du mal à bien comprendre tout ce qui vient d'arriver. Ces symptômes n'arrivent pas à des meurtriers ou je ne sais quoi encore et on ne peut pas "faire semblant" à ce niveau-là.
- J'ai fais que lui poser des que...
- Non, non, tu te tais Takeru. J'ai pas fini. Ne t'étonne pas qu'on ne te donne aucune affaire de grande importance, parce que tu bâcle tous tes dossiers, sans jamais te poser la moindre question, sans creuser le minimum syndical. La preuve : tu vois un jeune homme typé un peu voyou, un occidental en plus, et tu te dis "tiens, voilà le coupable" et tu clos l'affaire, à peine le jour levé, pendant que le vrai agresseur, cette femme masquée, traîne dans les rues à la recherche d'une nouvelle victime.
Le lieutenant Takeru se tourna vers Carter, lui lançant un regard noir. Touché, coulé. Il haussa les épaule et marmona. Tout le monde aimait Carter, personne ne le contredisait jamais. Il émanait de lui une certaine sagesse et un grand respect de tous, même de ce sutpide Takeru, qui boudait presque, sans dire un mot, touché dans son égo.
- Ne fais pas l'enfant, fais ton boulot. Tu vas chercher la coupable et laisser ce jeune homme tranquille. Il n'est pas question que tu entre de nouveau dans cette pièce, est-ce que c'est compris ? J'ai besoin de lui, que son esprit se focalise uniquement sur sa petite-amie ... "petite-amie", ça t'évoque quelque chose ? Il est bien assez sous le choc comme ça, je veux pas que tu le perturbe ...
Le médecin relâcha enfin son emprise sur le policier qui hocha, malgré lui, de la tête.
- Je viens de perdre cinq minutes, des minutes précieuses qui auraient dûes me servir à sauver la vie de cette jeune fille. Penses-y.
Carter laissa le policier tout penaud devant la porte et se dirigea rapidement vers le bloc. Il entra dans une première pièce, enfila une charlotte, attacha son masque et se lava minutieusement les mains. Une fois ce rituel terminé, il entra enfin dans le bloc opératoire où les infirmières l'attendaient. Anaëlle était allongée sur la table, déjà anesthésiée. Prenant place au niveau de sa tête, Carter prit une grande respiration avant de dire quoique ce soit, puis tendit la main.
- Bistouri.

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MessageSujet: Re: Des suites de l'agression [PV Echo]   Mer 17 Oct - 23:44

Le médecin écouta Echo silencieusement, hochant la tête de temps en temps, scrutant le visage du jeune homme. Quand ce dernier eut achevé son récit, il prit la boisson chaude qu'il venait de commander à la machine, y vida deux sachets de sucre et tourna un peu la touillette avant de tendre le gobelet à Echo:
- Bien, tout d'abord, vous allez vous asseoir et me boire ça. C'est du thé au citron, très sucré. Pas la peine de vous mentir, ce breuvage risque d'être infecte, mais vous êtes en pleine crise d'hypoglycémie, je ne voudrais surtout pas que vous vous effondriez ici.

- Merci, souffla machinalement Echo en prenant le gobelet. Il se laissa docilement tomber sur le siège plus qu'il ne s'y assit. Sa nervosité était telle qu'il aurait pu balancer le contenu du verre à la figure du médecin, détruire cette machine à café, ces chaises débiles, enfoncer cette porte, briser les néons aveuglants du plafond, frapper de toutes ses forces la porte de la salle et casser la gueule du policier et de cet imbécile d'infirmier. Mais le rythme effréné du sang contre ses tympans, celui de son pouls qui lui remontait dans la trachée et brûlait ses yeux lui indiquaient aussi qu'il n'était effectivement pas en état de le faire. Il riva donc son regard à celui du médecin, qui s'était assis à côté de lui.

- Je ne vais encore pas vous mentir, votre amie est dans un état très critique. Les cernes ajoutées aux convulsions dont vous m'avez parlé sont le signe d'un dysfonctionnement cérébral, causé par la tumeur, là il n'y a aucun doute maintenant. Cette tumeur devait déjà progresser depuis quelques temps, mais le choc dû à sa chute et le stress provoqué par l'attaque de cette femme ont accéléré grandement les choses. Je ne peux pas du tout vous dire l'étendue des lésions, ni s'il y aura des conséquences. Je ne peux pas non plus promettre qu'elle se réveillera ou même qu'elle survivra à l'opération, je saurai cela uniquement lorsque j'aurais ouvert.

Echo encaissa la nouvelle sans broncher. Du moins, il ne réalisa pas vraiment ce que disait le chirurgien. Il sentait le gobelet très chaud sur ses doigts, et le regard du médecin sur son visage. Le neurologue parlait de cette voix rassurante qu'avaient les gens qui annonçaient de très mauvaises nouvelles. Echo fixa le contenu jaunâtre de son gobelet sans le porter à ses lèvres, des images terribles passant devant son regard, une désagréable brûlure remontant dans sa gorge. Il retint un instant sa respiration pour trouver la force de fixer à nouveau le docteur lorsqu'il poursuivit.

- Je vous promets de faire mon maximum pour la sortir de là. Si je comprends bien, cette jeune fille n'a pas d'autres proches que vous, alors je vais vous demander un immense service, et j'en suis désolé d'avance : rester ici. Voyez-vous, je suis un médecin, je suis censé représenter la science, l'esprit cartésien ... Mais cela fait quelques années que je pratique et je peux vous dire que les patients ne survivent pas seulement grâce à nous. Les proches ne peuvent pas être au bloc, et pourtant je suis presque certain que les victimes arrivent à sentir leur présence, qu'ils ne sont pas seuls, qu'ils sont soutenus. Ils en ont besoin pour se battre avec nous.

Echo sentit ses paupières se fermer lorsque le médecin posa sa main sur son dos, et courba légèrement l'échine. Anaëlle avait une famille qui l'aimait, et sûrement d'autres amis, ceux des photos sur son mur -tous ne pouvaient pas être morts - des gens qu'elle connaissait depuis des années, qui avaient vécu avec elle les moments difficiles de ses premiers traitements, des gens qui l'avaient vue alors qu'elle était en pleine santé. Des gens dont elle connaissait le visage, et qu'elle n'avait pas ramassés dans le métro. Des gens qui ne doutaient pas de leur fidélité à son égard, qui ne mettaient pas en doute leur relation avec elle. Des gens qui ne se tournaient pas vers des coups d'un soir pour compenser une frustration malsaine. Cette situation était intolérable... monstrueuse. Echo, appuyant ses coudes sur ses cuisses, laissa reposer son menton dans les paumes de ses mains, estomaqué.

Le médecin poursuivit:
- Je suis tout à fait conscient de la soirée éprouvante que vous venez de passer, et que je vous demande beaucoup. Je vous demande de rassembler tout le reste d'énergie qu'il vous reste pour elle, être présent. Bien entendu en retour, je vous promets de venir immédiatement après l'opération pour vous dire ce qu'il en est. Et je vais m'occuper aussi de ces deux zozos-là, je les connais tous les deux depuis bien longtemps et je crois en votre histoire. Non pas parce que je suis humain, mais aussi en tant que médecin.

Il se leva, mâtinant sa dernière remarque d'un clin d'oeil. Echo soutint son regard et esquissa un petit sourire pour montrer qu'il avait enregistré l'information et n'avait pas l'intention de détaler aussitôt le médecin sorti. Il était tout ce qu'Anaëlle avait en cet instant, il ne pouvait pas envisager une seconde de la laisser tomber dans un moment pareil. Il devait s'en convaincre.

- Je vous revois dès que j'ai terminé. En attendant, vous avez le droit de vous reposer, tout en ayant une pensée pour Mademoiselle Simon.

Echo le suivit du regard alors qu'il quittait la pièce, refermant la porte derrière lui. Il entendit une conversation à bâtons rompus, le médecin sermonnant manifestement les deux hommes qui avaient tenté de lui faire porter le chapeau pour l'agression. Le silence retomba à nouveau sur la salle d'attente. Echo jeta un oeil à son gobelet encore chaud, et se laissa le choix, quelques secondes, entre dégobiller et se défenestrer. Il n'avait même pas d'alternative à vrai dire, il ne fallait pas qu'elle se retrouve seule dans ce moment, même si elle n'avait d'autre solution que de compter sur lui.
C'était là exactement la raison pour laquelle l'ex barman refusait de s'attacher aux gens.
Il posa le gobelet sur le siège accolé au sien, fila d'un pas rapide vers la sortie, ouvrit la porte - le couloir était désert. Il parcourut les dix mètres qui le séparaient des toilettes de l'étage, en poussa la porte et tomba à genoux dans la première cabine pour y vomir sa bile. Quand il eut fini, il s'aspergea le visage d'eau froide sans regarder son reflet dans la glace, se rinça la bouche et repartit vers la salle d'attente.

Le thé était à présent tiède. Il le but d'un trait puis s'affala sur l'une des chaises, sa respiration se calmant enfin. Il n'avait plus qu'à attendre. Il ferma les yeux et repensa à sa rencontre avec Anaëlle. Il esquissa un sourire; il n'était pas amoureux d'elle, mais il n'était pas question qu'elle disparaisse de son existence. Il faudrait qu'il lui en parle. Il fallait qu'elle se réveille. Elle se réveillerait, c'était la seule possibilité.
C'est sur cette pensée qu'Echo s'endormit.

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Anaëlle Simon

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MessageSujet: Re: Des suites de l'agression [PV Echo]   Jeu 18 Oct - 17:04

Les mains du docteur Carter ne tremblaient pas. Elles ne tremblaient même jamais. Une chance, pour ce travail qui nécessite une grande concentration sans ciller. Depuis qu'il était tout jeune, ce médecin a toujours été très calme, posé, centré sur les livres. Pas étonnant qu'il soit devenu neurologue ? Peut-être pas, non.
Dès qu'il arrive au niveau de la tumeur, toutes ses suppositions, mais aussi ces craintes, se révélèrent parfaitement exact : La tumeur était plutôt grosse, de la taille d'un citron à peu près. La cécité de la jeune fille était tout à fait compréhensible. La tumeur n'était pas proche du nerf optique, elle s'y était installée. Le noyau était probablement là, ce qui explique aussi pourquoi cette jeune fille vivait sur un fil. La tumeur pouvait refaire surface à n'importe quel moment, comme ce soir, qu'on essaye à nouveau de la réduire, pour qu'elle se décide à revenir. Cette petite était condamnée aux coups de bistouris et à la chimio. Mais Carter allait essayer de lui éviter la deuxième étape, en coupant au plus proche qu'il le pouvait, intervention délicate et risquée.
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Nous sommes 5 ans en arrière. Anaëlle est en train de regarder sa dernière pélicules de portraits à la loupe, le front plissé de concentration. C'était une dame âgée qui avait posée à l'occasion d'un cadeau pour ses petits-enfants. Son air malicieux et ses nombreuses rides avaient de suite attirés la jeune fille. En noir et blanc, c'était d'autant plus magnifique, Anaëlle était fière d'elle.
- Anna, à table !
La voix lointaine de sa mère lui fit quitter son attention quelques secondes.
- Oui, j'arrive !
Anaëlle déposa la pélicule très délicatement sur son bureau, s'étira une minute puis sortit de sa chambre. Arrivée au niveau des escaliers, elle allait pour descendre la première marche quand tout à coup, elle perdit le contrôle. Pas l'équilibre, véritablement le contrôle. Ses jambes ne voulaient plus lui répondre. Un manque de réponse qui provoqua inévitablement sa chute. Elle avait entendu le craquement d'os lorsque son corps rencontra pour la première fois les marches, puis plus rien. Sa tête avait heurtée un des barreaux de l'escalier, ce qui l'assoma sur le coup. C'était sa toute première vraie rencontre avec sa tumeur. Elle avait essayé de se présenter à elle bien plus tôt, il y avait déjà plusieurs mois, mais Anaëlle n'avait pas compris le message. Les maux de tête à répétition, les pertes d'équilibre, la visions brouillée, rien n'y faisait, la jeune fille mettait ça sur le compte des produits qu'elle utilisait pour la photo, et les heures de travail qu'elle enchaînait. Cette fois le message devait être plus clair.
A son réveil, Anaëlle eu le choc de sa tumeur, et quelques semaines plus tard, ses yeux s'éteignir. Beaucoup de chocs à encaisser en si peu de temps et pourtant la jeune fille ne cilla pas. A quoi cela lui aurait-il servi de trépigner comme une gosse et de se plaindre à la Terre entière ? Elle n'allait pas regagner la vue, ni même effacer sa tumeur. Elles devaient cohabiter toutes les deux, au mieux. Et puis de s'apitoyer allait lui faire perdre un temps précieux ! Pas mal de patients considèrent leurs tumeurs comme des "amis". Ils s'habituent à elles, et les remercient même parfois de leur avoir permis de vivre. Anaëlle ne faisait pas partie de ceux-là. La tumeur était un parasite, qui squattait son cerveau à l'étage "vision". Elle tâchait d'oublier son existence le plus souvent possible. Elle n'avait pas de haine contre elle, mais elle ne l'aimait pas. Elle vivait déjà pleinement sa vie, elle n'avait pas regret, sinon les voyages qu'elle avait repoussé à plus tard. Tant pis, elle voyagerai quand même ....
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biiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiip
- Elle fait un arrêt docteur !
- Et merde ...
Carter était en plein dans son cerveau, en train de découper cette saleté, c'était pas le moment de le lâcher.
- Anaëlle, vous n'allez pas me faire ça !! ... Bippez de toute urgence le cardiologue, je ne peux rien faire, si je bouge elle meurt ou devient un légume. Sarah, commencez le massage, Kim, apporter le défébrilateur. Donnez-lui une ampoule d'adrée et chargez à 200. Kim, vous attendrez mes ordres, tant que je ne pourrais pas dégager mes mains, on continue le massage ...
biiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiip
Les infirmières s'exécutèrent au plus vite. Sarah comptait le nombre d'impulsions qu'elle faisait au torax de la jeune fille, en prenant soin de ne lui casser aucune côte. Kim s'approcha avec la machine, mis un produit sur les palettes et les frotta, attendant les ordres.
Un médecin débarqua en trombe, faisant presque sursauter certaines infirmières.
- Qu'est-ce qui se passe ?
- Arrêt du coeur.
- Vous avez défibrilés ?
- J'ai les mains dans son cerveau, on masse, c'est tout.
- Arrêt depuis combien de temps ?
- 5 minutes, docteur.
- Carter, tu en as encore pour combien de temps à triturer sa tête ?
- 5 minutes ... Si tout va bien.
biiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiip
Carter se focalisa uniquement sur son objectif pendant les 5 minutes qui suivirent. Il essaya de ne plus penser à ce "bip" incessant dans ses oreilles, il n'entendait déjà plus ni le docteur Katzu, ni les infirmières parler et s'affairer près de lui. Son unique raison était de finir de découper cette saleté, de recoudre, nettoyer et sortir ses mains à temps. Sans coeur, pas besoin de cerveau, sans cerveau, à quoi sert le coeur ?
Le neurologue releva d'un coup ses mains d'un geste vif, les tendant très haut, comme s'il voulait toucher le plafond.
- Terminé !
Biiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiip
- Chargé à 200, on dégage !
Les palettes rencontrèrent le corps d'Anaëlle et dans un sursaut son corps se cambra pour retomber lourdement sur la table d'opération.
Biiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiip
- Assystolie.
- On est en train de la perdre.
- Donnez-lui une autre ampoule d'adrée et on charge à 300 !
- Chargé à 300, on dégage !
Un seconde fois, le corps de la jeune aveugle se cambra pour retomber tel un poids mort sur la table.
biiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiip


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Il s'était écoulé 5h depuis l'entrée d'Anaëlle à l'hôpital et la sortie du bloc du docteur Carter. Il était épuisé, exténué même. Poussant un lourd soupir, il aurait préféré aller se doucher et dormir, mais il avait une promesse à tenir. Carter tenait toujours ces promesses. Et c'est donc d'un pas lent, mais décidé, dans le couloir, sa blouse tâchée de sang par-ci, par-là.
Il se dirigea doucement vers la salle d'attente et y entra. Il trouva le jeune homme recroquevillé, tant bien que mal sur deux chaises, les yeux fermés. Le neurologue s'approcha doucement et lui tapota l'épaule.
- Monsieur ? C'est moi, le docteur Carter ...
Le médecin attendit qu'Echo reprenne quelque peu ses esprits, qu'il se repère un peu, où il se trouvait et pourquoi. Après un choc intense, on a tendance à perdre un peu la mémoire, on pense même avoir rêvé et quand on se réveille on ne sait même plus où on habite, pendant quelques secondes. Carter prit un chaise sur le côté et fit face au jeune homme.
- L'opération est terminée, j'ai enlevé une énorme partie de la tumeur. Elle avait la taille d'un citron, elle avait donc bien grandie dans sa tête, et ce depuis un moment. L'incident de ce soir a juste accéléré un peu plus les choses ... Mais je dois vous dire qu'il y a eu des complications ... Le coeur de votre amie s'est arrêté de battre pendant pas loin de 30 minutes. C'est plutôt long et avec l'opération qu'elle a subie et les domâges qu'elle a déjà, je ne peux pas du tout vous dire si elle se réveillera, ni comment ... Il se peut qu'elle ait de très graves séquelles, ou que son cerveau ait été privé d'oxygène trop longtemps, ce qui voudra dire qu'il ne redémarrera jamais.
Il laissa un petit temps, pour que Echo avale déjà cette première partie douloureuse.
- Ce ne sont pas de bonnes nouvelles, j'en suis navré, mais on ne saura qu'à son réveil, ça peut prendre du temps. Elle est en salle de réveil, mais j'ai fais une exeption pour vous deux : elle est dans une chambre à part surveillée, vous allez pouvoir la voir dès maintenant. Je pense que ça lui fera du bien.
Le médecin se releva.
- Une infirmière va vous y conduire. Moi je vous revois un peu plus tard, pour voir si tout va bien. N'hésitez pas à lui parler, il faut qu'elle puisse trouver le chemin du retour parmi nous.
Avant de sortir, il jeta un oeil à Echo et esquissa un doux sourire.
- Et j'espère de tout coeur qu'elle trouvera ce chemin. A tout à l'lheure.

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MessageSujet: Re: Des suites de l'agression [PV Echo]   Sam 20 Oct - 13:13

- Monsieur ? C'est moi, le docteur Carter ...

Echo eut un léger mouvement de repli sur lui même au son de cette voix, et au contact d'une main sur son épaule. Il battit des paupières, se redressant avec une petite grimace. Il avait la bouche pâteuse, et le dos en compote. Il avait du s'affaler en travers des deux fauteuils alors qu'il était assoupi, lesdits fauteuils étant faits d'un plastique dont les angles étaient idéaux pour bloquer les nerfs des dormeurs.

Il y eut quelques secondes de flottement, quelques douces secondes durant lesquelles Echo se sentit encore apaisé, puis son regard encore endormi tomba sur une tache de sang, sur la manche de la blouse blanche dont était revêtu le médecin. Le maelström d'évènements, d'émotions et de pensées qui l'avaient terrassé quelques heures auparavant revint, implacable, écraser sa poitrine. Il leva les yeux vers le visage aux traits tirés du médecin.

- Alors? demanda-t-il d'une voix un peu rauque.

- L'opération est terminée, j'ai enlevé une énorme partie de la tumeur. Elle avait la taille d'un citron, elle avait donc bien grandie dans sa tête, et ce depuis un moment. L'incident de ce soir a juste accéléré un peu plus les choses ... Mais je dois vous dire qu'il y a eu des complications ... Le coeur de votre amie s'est arrêté de battre pendant pas loin de 30 minutes. C'est plutôt long et avec l'opération qu'elle a subie et les dommages qu'elle a déjà, je ne peux pas du tout vous dire si elle se réveillera, ni comment ... Il se peut qu'elle ait de très graves séquelles, ou que son cerveau ait été privé d'oxygène trop longtemps, ce qui voudra dire qu'il ne redémarrera jamais.

Echo passa ses mains sur son visage; alors qu'il dormait, Anaëlle était presque morte, une demie heure durant. Combien de temps s'était-il laissé aller au sommeil? Et qu'est-ce que c'était que ce verdict sibyllin que lui annonçait le praticien? "ça a marché, ou pas"? Comment pouvait-on se contenter de ce genre de réponse?
Le chirurgien poursuivit en s'asseyant à ses côtés:

- Ce ne sont pas de bonnes nouvelles, j'en suis navré, mais on ne saura qu'à son réveil, ça peut prendre du temps. Elle est en salle de réveil, mais j'ai fais une exception pour vous deux : elle est dans une chambre à part surveillée, vous allez pouvoir la voir dès maintenant. Je pense que ça lui fera du bien.

Le jeune Anglais hocha machinalement la tête. Il n'avait strictement aucune envie de voir Anaëlle dans un état pareil; il ne se sentait pas capable de supporter la vision de la jeune femme fraîchement charcutée dans un lit d'hôpital, pas plus que l'idée qu'elle n'ouvre plus jamais les yeux. Combien de temps devrait-il attendre avant qu'elle se réveille? Quelques heures, des années? Quel temps cela prendrait-il pour qu'il se résolve à partir, si elle ne se réveillait pas?

- Une infirmière va vous y conduire. Moi je vous revois un peu plus tard, pour voir si tout va bien. N'hésitez pas à lui parler, il faut qu'elle puisse trouver le chemin du retour parmi nous.
Le médecin finit par se relever, ajoutant:
- Et j'espère de tout coeur qu'elle trouvera ce chemin. A tout à l'heure.

Echo, la détresse lisible dans le regard, salua le médecin d'un petit hochement de tête. Il jeta un oeil à son téléphone. Il avait dormi un peu plus de cinq heures, mais il ne se sentait pas en meilleure forme, juste un peu moins prêt à s'effondrer. Le médecin lui-même avait semblé crevé. Il allait sûrement rentrer se reposer. Il avait l'air en accord avec lui-même lorsqu'il avait décrit les évènements à Echo. Il devait être fort, et avoir fait de son mieux pour sauver Anaëlle. Echo se dit qu'il devrait penser à remercier le chirurgien pour ce qu'il avait fait pour lui quelques heures plus tôt avec le flic, puis là, à l'instant, pour le rassurer.

Le jeune homme se leva péniblement, faisant craquer ses vertèbres en étirant les bras loin au dessus de sa tête. S'il ne se payait pas un tour de reins, il aurait de la chance... Il faisait encore nuit. Echo, sous les néons froids de la pièce, regarda son reflet dans la vitre du distributeur. Il avait le teint plus livide que jamais. Il avait toujours l'estomac noué mais par précaution, il se commanda un nouveau thé et suivit la méthode du docteur en y mélangeant deux sucres.

Le regard dans le vague, il le sirota en tentant de faire le vide dans son esprit, pour être le plus calme possible en voyant Anaëlle. Puis il jeta le gobelet vide quand il eut fini et sortit dans le couloir; une infirmière, qui lisait l'affichage sur un tableau à quelques pas de là en l'attendant, lui fit signe de la suivre après l'avoir rapidement salué. On devait toucher au bout de la nuit, l'hôpital était particulièrement calme, un mélange de nervosité et d'épuisement flottant dans l'air. Comme on devait se sentir las après une journée de travail dans un endroit pareil, songea Echo.

Il se souvint quand sa mère rentrait de ses gardes; elle allait se doucher immédiatement, puis se couchait sans manger. Sans lui parler non plus, d'ailleurs. Echo se dit que, peut être, elle n'avait pas vu dès le début ce qui arrivait avec Dan simplement parce qu'elle avait tellement d'images de ces nuits en tête qu'elle ne pouvait plus rien remarquer d'autre. Le jeune Anglais esquissa un sourire. Voilà qu'il essayait de trouver des excuses à sa mère, fascinant, il devait vraiment être dans un état lamentable. Elle n'avait rien vu parce qu'elle ne voulait rien voir, parce qu'elle ne pensait qu'à elle, cette connasse, depuis qu'il était tout petit.

Sur ces entrefaites, il arriva devant la porte d'une chambre; l'infirmière lui fit signe d'entrer avec quelques mots d'encouragement, auxquels il répondit par un sourire éteint.
Il franchit le pas de la porte et détourna les yeux un instant, tournant presque de l'oeil. Bon sang, que faisait-il là? En quoi sa présence aiderait-il la jeune femme allongée devant lui, le teint cireux, pâle, entourée de câbles et de tuyaux, son crâne peut être rasé ceint d'un bandage, un respirateur avalant la moitié de son visage? Il se laissa tomber sur la chaise à côté du lit, s'accoudant au bord de ce dernier; Anaëlle sentait le médicament, il ne reconnaissait plus son odeur, réalisa-t-il en approchant son visage de celui de la patiente.

- Hello Anaëlle.
Il prit une inspiration et déposa un baiser sur une parcelle de peau laissée libre sur sa joue. Il saisit doucement sa main fraîche, la mit entre les siennes pour la réchauffer et lui parla à voix basse, tout contre son oreille, comme lorsqu'il lui racontait des bêtises lorsqu'ils se réveillaient ensemble dans le lit de la jeune femme.

- L'infirmière m'a dit qu'ils préviendront tes parents dans quelques heures, ils ne veulent pas les réveiller en pleine nuit... ça doit vouloir dire que tu va vivre, du coup non? On n'hésite pas à réveiller les gens quand la nouvelle est vraiment, vraiment mauvaise. Du coup je pense que c'est bon signe, et en attendant que tu veuilles ouvrir tes yeux, je reste. T'es pas seule, d'accord, donc si tu as un truc à dire, fais toi plaisir, je suis tout ouïe. Tu n'es pas obligée de parler, à la limite, si tu es trop fatiguée. Un petit signe de tête suffira. Ou alors, tu me serres un peu la main, ils font ça dans les films, ça a l'air pas mal comme idée.

Il laissa reposer sa tête sur son bras replié, scrutant les traits inanimés d'Anaëlle.
- Je voudrais qu'on sorte le plus tôt possible d'ici, tous les deux. Le médecin qui t'a soignée a l'air top, mais je suis sûr que toi et moi on déteste autant ce genre d'endroits. Tu y as passé assez de temps et c'est peut être même la dernière image que tu as pu voir avant de devenir aveugle. Quant à moi je ne suis pas un habitué, mais les types en blouse, c'est vraiment pas ma tasse de thé.
Il s'interrompit. Il n'était pas là pour raconter sa vie, ça ne lui donnerait vraiment pas envie de se réveiller, la pauvre!
Il resta quelques minutes silencieux. Seul les "bip" des machines troublaient l'oppressant silence. Il lâcha bientôt un bâillement.
- On sortira, oui, ajouta-t-il. On fera tout ce que tu veux, je te le jure. Il faut juste que tu ouvres les yeux, tu vois? C'est vraiment pas grand chose. Alors j'attends, je ne bougerai pas tant que tu ne l'auras pas fait.
Il sentait ses paupières papillonner à nouveau. Il allait encore finir par s'endormir... Si cela lui permettait de réaliser qu'en fait tout ceci n'était qu'un mauvais rêve, pourquoi pas...

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MessageSujet: Re: Des suites de l'agression [PV Echo]   Sam 20 Oct - 14:33

Le docteur Carter referma la porte et poussa un lourd soupir. Il se sentait fatigué. Pas seulement physiquement, mais moralement aussi. Ce genre de soirée lui donnait toujours le cafard. Ce soir, il se sentait comme un être humain ordinaire. Les gens ont tendance à voir les médecins comme des Dieux, qui avaient droit de vie et de mort. Ils tenaient des coeurs entres leurs mains, qu'ils pouvaient redémarrer. Les gens préféraient les voir ainsi, comme des Dieux, pour préserver l'espoir que leurs proches s'en sortiront. Mais ce soir, Carter ne se sentait pas l'âme d'un Dieu, il se sentait misérable. Un léger goût d'injustice lui titillait la gorge. Pourquoi des innocents devaient-il mourir ? Pourquoi des salauds s'en sortaient sans séquelles ? Il avait signé le sermon d'Hypocrate, il ne devait pas penser cela. Il devait rester neutre et soigner les personnes qui passaient dans son bloc, bonnes ou mauvaises. Et c'est ce qu'il faisait d'ailleurs, en donnant la même énergie, la même détermination. Mais il y avait des moments, comme ce soir, où cette injustice frappait de nouveau dans la porte de son esprit. Il détestait ça. Il détestait entrer dans ces salles d'attente, pour achever la parcelle encore brillante d'espoir des yeux de ceux qui attendent. Il avait vu dans les yeux de ce jeune homme son espoirt s'étioler un peu. Un peu seulement, parce que oui, il y avait encore un espoir. Mais lequel ? Le neurologue ne lui avait apporté aucune vraie réponse, aucune garantie, rien. Juste une mauvaise nouvelle. Enrober dans la "chance" de voir son amie plus tôt. Quelle chance, oui, de se poser au chevet d'une jeune fille qui ne se réveillera peut-être jamais. Une jeune fille qui semble si gentille. Carter ne la connaissait pas du tout, ne savait même pas à quoi sa voix ressemblait ni de quelle couleur était ses yeux. Il ne savait pas sa vie, il ne connaissait que sa tumeur. Mais elle semblait gentille. Une bonne personne à qui il arrivait un malheur.
Il poussa de nouveau un soupir, réalisant qu'il n'avait pas bougé. Sa main était restée sur la poignée de la porte. La fatigue le gagnait de plus en plus. Se rendant vers la salle de repos, il fit un petit détour au bureau des infirmières. Sarah, celle qui était dans le bloc, buvait un café, le regard dans le vide. Cela avait été une opération éprouvante, pour tout le monde. Il lui adressa un sourire lorsqu'elle sortit enfin de ses pensées et lui demanda d'accompagner Echo dans la chambre de Mademoiselle Simon. Sur ses mots, il partit se reposer. Il n'était même pas sûr de réussir à s'endormir. Oui, ce genre de soirée lui donnait le cafard. Et l'injustice lui brûlait la gorge ....
Lorsque Sarah eut fini de boire son café, elle alla vers la salle d'attente. Elle y jeta un petit coup d'oeil et vit le jeune homme dans un sale état, en train de boire. Elle jugea qu'il était plus sage de l'attendre, pour ne pas le brusquer. Qu'il décide quand il était prêt. Elle vagabonda dans le couloir, quasiement vide, du service et lit quelques notes. A quoi bon ? Elle les connaissais déjà toutes par coeur, mais ça faisait passer le temps. Quelques minutes s'écoulèrent, lorsque Echo sortit de la salle d'attente. Elle lui fit un petit signe de salut de la tête et l'invita à la suivre. Un silence pesant prit place entre eux deux. Sarah ne savait pas trop quoi lui dire. Elle avait assisté à l'opération et ne voyait pas quoi dire de bien rassurant. Le docteur Carter avait déjà dû tout expliquer, pourquoi se répéter ? Et il n'avait sûrement pas besoin de davantage de paroles. Arrivés devant la chambre, l'infirmière ouvrit la porte, mais Echo n'entra pas tout de suite.
- Allez-y, n'ayez pas peur. Vous allez la voir avec un tube dans la gorge, ça l'aide à respirer. Quelques fils relié à ses bras, pour faire passer les médicaments. Ca semble un peu impressionnant au départ, mais on s'y fait, vous verrez.
Lui adressant un sourire rassurant, elle le regarda se diriger très lentement vers le lit où reposait Anaëlle. Sarah referma la porte tout doucement, laissant au jeune homme le temps de s'habituer et de retrouver son amie...
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- Hello Anaëlle. L'infirmière m'a dit qu'ils préviendront tes parents dans quelques heures, ils ne veulent pas les réveiller en pleine nuit... ça doit vouloir dire que tu va vivre, du coup non? On n'hésite pas à réveiller les gens quand la nouvelle est vraiment, vraiment mauvaise. Du coup je pense que c'est bon signe, et en attendant que tu veuilles ouvrir tes yeux, je reste. T'es pas seule, d'accord, donc si tu as un truc à dire, fais toi plaisir, je suis tout ouïe. Tu n'es pas obligée de parler, à la limite, si tu es trop fatiguée. Un petit signe de tête suffira. Ou alors, tu me serres un peu la main, ils font ça dans les films, ça a l'air pas mal comme idée.






Rien. Pas un sursaut, pas un seul signe de vie ne semblait sortir de ce corps. Si les machines ne faisaient pas bouger son ventre, on pourrait presque croire qu'Anaëlle était une sorte de statue. C'est mieux que de dire qu'elle était comme morte. Et pourtant au fond, elle entendait ces paroles rassurantes. Elle ne savait pas d'où, elle ne savait pas comment. Elle ne pouvait pas non plus y répondre, mais elle entendait.
- Je voudrais qu'on sorte le plus tôt possible d'ici, tous les deux. Le médecin qui t'a soignée a l'air top, mais je suis sûr que toi et moi on déteste autant ce genre d'endroits. Tu y as passé assez de temps et c'est peut être même la dernière image que tu as pu voir avant de devenir aveugle. Quant à moi je ne suis pas un habitué, mais les types en blouse, c'est vraiment pas ma tasse de thé. - On sortira, oui. On fera tout ce que tu veux, je te le jure. Il faut juste que tu ouvres les yeux, tu vois? C'est vraiment pas grand chose. Alors j'attends, je ne bougerai pas tant que tu ne l'auras pas fait.

De là où elle était, Anaëlle n'avait pas mal. Elle ne ressentait pas grand chose d'ailleurs. Elle ne se situait nul part. Ce n'était pas comme avant, quand elle a pu revoir Eric ou revivre de drôles de scènes de son passé. Là elle n'était pas là. Elle n'était qu'un grand vide, mais un grand vide qui peut écouter. Et maintenant que devait-elle faire ? Elle aimerait bien se réveiller, mais elle ne sait pas. Il y avait forcément un moyen, mais rien ne venait.
On allait prévenir ses parents ? Non, il ne fallait pas. Les informations passaient étrangement ici. Elle les ingérait d'une drôle de façon, pas comme d'habitude. Mais la phrase d'Echo résonnait maintenant. "L'infirmière m'a dit qu'ils préviendront tes parents dans quelques heures". Ce n'était pas possible, il ne fallait surtout pas faire une chose pareille. Ses parents étaient en France, ils n'avaient aucun moyen de rejoindre leur fille, ils allaient s'inquiéter, s'angoisser. Pour les empêcher, il faudrait qu'Anaëlle se réveille, mais même paniquée par cette information, rien ne se passa. Elle n'avait pas conscience de son corps, et ne contrôlait pas bien non plus ses pensées. Incapable de parler, tout cela devenait frustrant. C'était ça, le coma ? Elle avait lu des choses bien plus intéressantes là-dessus. On lui aura menti. Si un jour elle se réveille, elle en parlera. Si jamais elle s'en souvient. Si jamais elle se réveille ...
Et si elle ne se réveillait pas ? Alors tout devait finir comme ça, si brutalement ? Aussi brutalement que fût l'annonce de son cancer, la perte de ses cheveux, la perte d'une part d'elle-même, qu'elle combla en humour et en sourires par milliers ? C'était ça, sa fin ? Elle n'aura pas eu d'autres choix ? Mais et Echo ? Il ne pourra pas encaisser une telle chose. Si elle devait mourir de cette façon, elle sait que jamais il ne se le pardonnera. Il pensera que tout est de sa faute, alors que bien sûr que non. Il ne fait pas pousser des tumeurs dans la tête des gens. Il ne verra que le temps qui s'est écoulé entre sa perte de connaissance et l'arrivée des ambulanciers. Il ne pouvait pourtant rien de plus contre cette folle. Non, il ne s'en remettrait pas. Lui aussi perdrait une petite part de lui-même, encore. Anaëlle avait réussi, sans savoir comment, à ouvrir un peu la porte. Elle avait réussi à le comprendre, le faire un peu parler de lui. C'était un écorché vif, avec une forte carapace pour cacher toute la casse. Sa mort serait une fêlure de plus dans cette vie qui était déjà bien morcellée.
Non, elle ne pouvait pas lui faire ça. Elle devait se réveiller ... Elle le devait pour lui, pour sa famille, pour que personne ne porte en lui le poids d'une culpabilité inutile. Ses parents pour l'avoir laissé partir, ses amis pour l'avoir encouragé, Echo pour ne pas l'avoir sauvé à temps. Elle non plus ne se pardonnerait pas de mourir comme ça. C'était trop tôt, elle ne voulait pas. Elle n'avait pas peur, mais elle ne voulait pas partir maintenant. Elle avait encore des choses à vivre, elle le ressentait. Encore des choses à donner, à partager. Elle n'en n'avait pas fini ici. Mais sûrement que chaque mourrant se dit exactement la même chose. Anaëlle n'est pas la seule à penser cela. Elle n'est pas la seule à vouloir vivre ...
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Le docteur Carter ouvrit les yeux. 11h00, pile ! Il avait dormir pas loin de 6h, et cela faisait bien longtemps que ça ne lui était pas arrivé lors d'un service. Il atrappa sa blouse, en oubliant encore le sang de la veille dessus, et se précipita vers la chambre d'Anaëlle. Avait-elle survécu aux premières heures ? S'était-elle réveillée ? Cela faisait 5h maintenant qu'elle était en capacité d'ouvrir les yeux. Mais au fond de lui, il savait qu'il trouverait une jeune fille, les yeux clos.
Il ouvrit la porte, et trouva une nouvelle fois le jeune homme endormi. Il tenait la main de son amie, le visage posé sur le lit. Le neurologue esquissa un faible sourire et fit demi-tour. Il croisa une infirmière au passage et lui demanda de faire des examens pour la chambre 204. Une prise de sang et un test de respiration spontanée, pourquoi pas ? Ca valait le coup d'essayer, même si c'était peut-être un peu prématuré.
Il entra de nouveau dans la chambre et tapota de nouveau très délicatement l'épaule d'Echo.
- Je suis désolé, je n'arrête décidément pas de vous réveillez, vous allez m'en vouloir à force !
Il prit un autre siège et prit place à côté du jeune homme.
- Bien ... Je vous explique. Nous allons faire faire quelques test à Mademoiselle Simon. Elle passera aussi un scanner dans l'après-midi, pour vérifier si son cerveau est toujours ... Actif.
L'injustice qui lui brûlait la gorge, avant de s'endormir ? Elle était encore là ce matin. Il ressentait une immense colère, contre lui-même, contre le sens de la vie qui parfois n'en avait pas. Ca l'enrageait de voir ce jeune homme attendre, de ne pouvoir se fier qu'à ses paroles. Il enrageait de ne pas pouvoir en faire plus pour elle. Il jeta un coup d'oeil sur Anaëlle, toujours aussi immobile, qui semblait presque paisible.
- On s'est chargé d'appeler la famille ce matin. Les parents ne sont pas en capacité de venir, nous les informerons donc par téléphone, en espérant qu'il n'y aura pas de mauvaise nouvelle à la clé ... Je vais aussi lui enlever son tube de la gorge, juste pour essayer. C'est un test que l'on fait en général après le scanner, si celui-ci se trouve concluant, mais j'aimerais tout de même voir, si vous m'y autorisez bien sûr ... ?

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MessageSujet: Re: Des suites de l'agression [PV Echo]   Sam 20 Oct - 18:43



Echo lâcha un petit gémissement lorsqu'une nouvelle fois en quelques heures d'intervalle, on lui tapota à nouveau l'épaule. Il cligna des yeux; il faisait grand jour dans la chambre d'hôpital. Cette fois, sa mémoire lui revint bien plus vite et ils se redressa à alors que le médecin le saluait de la tête:

- Je suis désolé, je n'arrête décidément pas de vous réveiller, vous allez m'en vouloir à force !
- Je ne voulais pas m'endormir longtemps, maugréa Echo en se frottant les yeux du dos de la main.

On était en fin de matinée, d'après la luminosité mais Echo n'arrivait pas à réaliser réellement le temps qui s'était écoulé. Il avait envie de se rendormir pour ne plus réfléchir. Il jeta un oeil à Anaëlle alors que le médecin s'asseyait à ses côtés. Elle était toujours inanimée, il n'arrivait même pas à se raconter qu'elle dormait simplement, tant son visage était figé. Il reporta son regard égaré sur le visage du médecin:

- Bien ... Je vous explique. Nous allons faire faire quelques tests à Mademoiselle Simon. Elle passera aussi un scanner dans l'après-midi, pour vérifier si son cerveau est toujours ... Actif.

Echo hocha lentement la tête et observa Anaëlle. Ils ne savaient même pas s'il y avait encore quelqu'un à l'intérieur, alors? Il déglutit... Où était parti l'esprit de la jeune femme?

- On s'est chargé d'appeler la famille ce matin. Les parents ne sont pas en capacité de venir, nous les informerons donc par téléphone, en espérant qu'il n'y aura pas de mauvaise nouvelle à la clé ... Je vais aussi lui enlever son tube de la gorge, juste pour essayer. C'est un test que l'on fait en général après le scanner, si celui-ci se trouve concluant, mais j'aimerais tout de même voir, si vous m'y autorisez bien sûr ... ?

Le jeune Anglais leva vers lui ses yeux las. Mon Dieu, il ne connaissait même pas les parents d'Anaëlle -il n'en avait d'ailleurs pas l'intention-, mais se retrouvait seul au chevet de la jeune fille. Elle valait tellement mieux que de disparaître seule, avec à ses côtés uniquement un petit ami volage... Il s'ébroua mentalement. Ce n'était pas le moment de penser à ça et de tourner en rond inutilement, il allait se rendre fou alors que là il fallait être efficace.

- Une autorisation?
Il secoua la tête et murmura:
- Je n'ai pas d'autorisation à vous donner, je n'ai pas de droits sur Anaëlle... et puis je vous fais confiance.
Il mis ses mains sur son visage; ça n'en finissait plus, et il n'en pouvait plus.
- Je sais que vous faites tout pour l'aider, merci, lâcha-t-il finalement en se levant.

Il se sentait lourd, tellement lourd, il n'arrivait plus à réfléchir. Il recula d'un pas pour laisser le médecin s'approcher d'Anaëlle et le regarda, attendant qu'il enlève le tube sans vraiment comprendre ce que cela signifiait.

- Si elle respire toute seule ce sera bon signe, c'est ça?


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MessageSujet: Re: Des suites de l'agression [PV Echo]   Dim 21 Oct - 13:48

Carter regarda attentivement le jeune homme, qui semblait complètement perdu. Depuis ces dernières heures, le neurologue lui avait demandé beaucoup. Etant le seul proche dans les parages, il avait tout à coup un drôle de poids qui lui arrivait sur le dos. Un poids que la famille est supposée porter, et non pas le petit-ami. Carter était très conscient d'en demander beaucoup à Echo, mais il n'avait pas trop le choix. Il ne pouvait pas prendre de décision seul, étant donné qu'un proche de la victime était présent.
- Je n'ai pas d'autorisation à vous donner, je n'ai pas de droits sur Anaëlle... et puis je vous fais confiance. Je sais que vous faites tout pour l'aider, merci.
Non, Carter n'avait pas la même impression que ce jeune homme. Il n'avait pas l'impression d'aider beaucoup pour ce cas. Il ne savait rien de ce qui allait se passer. Tout était entre les mains de cette demoiselle, qui était sûrement en train de se battre, quelque part, dans une sorte de néant. Lui, ne pouvait rien faire, sinon tenter de vérifier qu'il y avait toujours une demoiselle en train de se battre dans une sorte de néant ... Il poussa un soupir en guise de réponse, n'ayant pas la force, peut-être même le courage, d'en dire davantage à ce sujet. Il ne devait pas accabler davantage Echo. Ses remords, il devait les garder pour lui.
Echo se releva, lui laissant la place pour faire l'examen. Il donnait donc son autorisation, sans s'en rendre compte peut-être. Le neurologue s'approcha de la jeune fille et la regarda un instant.
- Si elle respire toute seule ce sera bon signe, c'est ça?
Cette question était inévitable. Il savait qu'en faisant cet examen, il donnait involontairement de l'espoir à ceux qui attendent le réveil de leur proche. Il avait beau insisté sur la précocité du test, il avait beau dire que même si la personne ne respirait pas toute seule ne voulait encore rien dire, il lui semblait comprendre que les proches n'entendaient que ce qu'ils voulaient bien entendre. Il n'allait pas les blâmer, l'espoir c'est bien la seule chose qui maintienne les gens dans des situations pareilles. Il hocha doucement de la tête.
- Nous recherchons dans ce test la respiration spontanée. Cela voudra dire que son cerveau est encore en capacité de réagir face au manque d'oxygène. C'est lui qui contrôle tout. S'il réagit, elle respirera d'elle-même.
Il se tourna vers Echo, avant de faire quoique ce soit.
- Je préfère vous prévenir, ce test n'est que très rarement concluant la première fois. Il y a eu le choc, l'opération, les médicaments qu'on lui a administré. Il se peut que son cerveau soit vivant mais pas encore capable d'envoyer des informations. Mais on ne sait jamais, parfois ça aide à sortir les patients de coma.
Il prépara un autre kit d'intubation, qu'il mit sur une tablette, tout près de lui. Au cas où elle ne respirait pas, il fallait lui remettre un autre tube dans la gorge rapidement, pour ne pas qu'elle fasse un autre arrêt cardiaque. Ses mains s'approchèrent du visage d'Anaëlle.
- Mais c'est un test que l'on fait une fois par jour, alors si ça ne marche pas aujourd'hui, ça pourra peut-être marcher demain.
Il ôta d'abord un autre tube, relié à celui de la gorge, qui permet le passage de l'oxygène, ce qui provoqua un petit bruit de dégonflement, comme un matelas pneumatique qui aurait perçé. Enfin, il enleva le tube de la gorge de la jeune fille et attendit. Ses yeux ne quittèrent pas sa montre. Elle avait 30 secondes pour réagir, ensuite il devrait intuber de nouveau.
-----------------------------------------------------------------------------------------------------

Tout à coup, quelque chose se produisit. Quelque chose de désagréable, qu'Anaëlle aurait du mal à décrire. Elle sentit un poids, quelque part. Une lourdeur, comme si on allait l'envelopper. Etrange puisqu'elle n'avait toujours pas conscience de son corps. C'était pesant, elle étouffait ... Que se passait-il encore ? Elle manquait d'air ! C'est ça, elle était en train de manquer d'air ! Ca ressemblait à ça, une crise cardiaque ? Est-ce qu'elle était en train de mourir ? C'était peut-être ça, la mort ?
-----------------------------------------------------------------------------------------------------

30 secondes. Le délais était passé. Carter attrapa le kit d'intubation près de lui et se dépêcha de remettre un autre tube dans la gorge de la victime. En quelques secondes, il pu rebrancher l'oxygène. Le ventre, qui avait été inanimé pendant cette petite minutes, se gonfla de nouveau. Le neurologue prit son stétoscope et vérifia que l'air passait bien dans les deux poumons, hochant positivement de la tête.
Il se redressa et jeta un coup d'oeil à Echo. Il pouvait lire de la déception dans ses yeux. Lui-même avait du mal à cacher son air désolé. Ca lui arrivait parfois de s'attacher un peu plus à certain patient, sans qu'il ne sache pourquoi. Il s'investissait alors moralement dans ces cas-là. Il avait eu l'espoir qu'Anaëlle fasse partie du petit pourcentage qui sortait du coma en moins de 6h. Mais elle ne faisait pas partie de cette minorité. Il lui faudrait bien 24 ou 48h avant d'y arriver ... Et il savait que le scanner avait son importance. C'est l'examen de cet après-midi qui allait juger si le cerveau était toujours avtif, ou si cette jeune fille n'était déjà plus là.
Il posa sa main sur celle, un peu fraîche, de la victime.
- Accrochez-vous mademoiselle. Je suis assez curieux de vous entendre, de voir vos yeux. Faites cet effort pour moi, d'accord ?
Il esquissa un faible sourire puis se tourna vers Echo.
- Je repasserai à 14h, pour aller faire son scanner ... En attendant, il va falloir attendre. Bippez l'infirmière si jamais il se passe quoique ce soit, d'accord ? Je vous dis à tout à l'heure.
Il se dirigea vers la porte et sortit doucement, laissant ce jeune homme tout seul. Il avait d'autres patients, une opération de programmée. Il ne pouvait hélas pas soutenir Echo dans cette épreuve. Ce jeune était tout seul ...
-----------------------------------------------------------------------------------------------------


- Accrochez-vous mademoiselle. Je suis assez curieux de vous entendre, de voir vos yeux. Faites cet effort pour moi, d'accord ?
Elle reconnaissait cette voix, elle l'avait déjà entendu quelque part. Mais où ? Et pourquoi voulait-il qu'elle se réveille ? Elle était bien sûre qu'elle ne l'avait jamais rencontré ... C'était sûrement un infirmier, un médecin ... Sûrement plus un médecin, il donnait des ordres, elle s'en rappelle ... Un peu. L'air était revenu, mais Anaëlle ne savait toujours pas comment se sortir de là. S'accrocher, se battre, elle voulait bien, mais y avait pas de notice explicative de "comment sortir d'un coma". Bien sûr qu'elle voulait se réveiller, et serrer très fort Echo dans ses bras. Mais quelque chose la retenait. Elle ne pouvait pas ouvrir les yeux. Elle ne pouvait juste pas se réveiller.

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MessageSujet: Re: Des suites de l'agression [PV Echo]   Lun 22 Oct - 12:07


- Nous recherchons dans ce test la respiration spontanée. Cela voudra dire que son cerveau est encore en capacité de réagir face au manque d'oxygène. C'est lui qui contrôle tout. S'il réagit, elle respirera d'elle-même. Je préfère vous prévenir, ce test n'est que très rarement concluant la première fois. Il y a eu le choc, l'opération, les médicaments qu'on lui a administré. Il se peut que son cerveau soit vivant mais pas encore capable d'envoyer des informations. Mais on ne sait jamais, parfois ça aide à sortir les patients de coma.

Echo fit un signe de la tête pour montrer qu'il comprenait, mais à vrai dire, il n'enregistrait pas vraiment. Si le médecin faisait le test si vite, c'est parce qu'il le sentait bien, non? Sinon, il ne s'avancerait pas à tenter un truc pareil gratuitement. Peut être que la fin de la respiration assistée ramènerait brusquement Anaëlle dans le monde réel...

Le neurologue, poursuivant, mit en place à côté de lui plusieurs objets, sûrement le kit de secours, si le test ne s'avérait pas probant...

- Mais c'est un test que l'on fait une fois par jour, alors si ça ne marche pas aujourd'hui, ça pourra peut-être marcher demain.

Lorsqu'il ôta le tube, Echo ne put s'empêcher de détourner la tête; le bruit de cet air qui s'échappait tout seul lui donnant un haut le coeur qu'il étouffa en mettant sa main sur sa bouche. Quand il reporta son regard sur le lit, le médecin regardait alternativement sa montre et le visage marmoréen de la jeune femme. Il attendit. Dieu que c'était court, trente secondes... Il croyait que dix étaient passées lorsque le chirurgien s'anima à nouveau, et mit prestement en place le nouveau kit.

L'exercice avait donc échoué, Anaëlle était toujours enfermée quelque part et refusait de revenir. Consterné, Echo fixa le docteur, qui eut l'air désolé que le test soit un échec. Le praticien frôla la main de sa patiente et lui dit d'une voix douce:
- Accrochez-vous mademoiselle. Je suis assez curieux de vous entendre, de voir vos yeux. Faites cet effort pour moi, d'accord ?
Puis il se tourna vers le jeune homme:
- Je repasserai à 14h, pour aller faire son scanner ... En attendant, il va falloir attendre. Bipez l'infirmière si jamais il se passe quoique ce soit, d'accord ? Je vous dis à tout à l'heure.

Echo le salua d'un hochement de tête; le médecin referma la porte derrière lui et le silence retomba sur la petite chambre, uniquement perturbé par le son du respirateur, et les "bip" réguliers des différents appareils. Echo, toujours debout au milieu de la pièce, exhala un soupir fatigué. Il se sentait aussi usé que s'il n'avait pas dormi depuis trois jours; à chaque fois que le Docteur venait le voir, il mélangeait allègrement l'espoir et la déception. Il avait vraiment cru, pendant ces trente secondes, qu'Anaëlle se réveillerait brusquement, comme si de rien n'était, mais elle était si loin qu'elle n'avait même plus un réflexe aussi évident que le fait même de respirer. Ce test qui avait échoué était un coup de boutoir de plus dans le moral d'Echo.

Le prochain à venir était donc le scanner. Echo se demanda combien de déceptions aussi cruelles il pourrait encore subir avant de s'effondrer, combien de temps il pourrait encore tenir aux côtés d'Anaëlle sans prendre ses jambes à son cou et quitter l'hôpital... mais il serait malade de remords, alors; il ne pourrait plus se regarder dans une glace, à coup sûr. Ce n'était pas bon, il avait fait assez de choses dont il n'était pas fier au cours de son existence, il ne savait que trop quels effets dévastateurs aurait un nouvel acte déplorable. Il essayait de remonter la pente, là, c'était déjà assez dur comme ça alors il était inutile de se charger encore... Il devait être un homme!

Il massa doucement ses tempes; il fallait qu'il prenne un peu l'air, histoire de se remettre les idées en place. Il toucha le front d'Anaëlle et chuchota:
- Je reviens dans quelques minutes, ne t'inquiète pas.
Il quitta la pièce à pas de loup, et mit quelques temps avant de trouver la bonne direction pour gagner l'ascenseur. Il arriva au rez-de-chaussée, le hall de l'hôpital était à nouveau plein de familles angoissées et de médecins nerveux. D'un pas traînant, il gagna la sortie. L'air était frais, on était bien arrivés dans l'automne, une petite brume agrippait encore ses volutes aux immeubles environnants.

Le jeune homme se roula une cigarette, les doigts légèrement tremblants. Lorsqu'il inspira la première bouffée de tabac, il chancela un peu. Il n'avait rien avalé d'autre que ces thés sucrés depuis la veille, mais il avait encore l'estomac terriblement noué. Un autre thé lui apporterait une décharge de sucre pour tenir debout, il aviserait plus tard pour un vrai repas, il sentait qu'il ne pourrait rien avaler d'autre sans le rendre dans la seconde.

Il était incapable de penser à autre chose qu'aux évènements de la veille. Il revivait en boucle la scène, dans l'appartement d'Anaëlle, et sa propre impuissance face à cette inconnue masquée. Elle ne lui avait même pas laissé l'occasion de se défendre, de se battre. Il n'avait fait que de la figuration dans cette histoire, il n'avait pu qu'assister à la chute d'Anaëlle dans l'inconscience. Il pouvait toujours tenter de retrouver cette fille et de lui faire payer le mal qu'elle avait fait à la jeune aveugle, mais les dégâts étaient déjà faits, il était trop tard. Le jeune Anglais leva les yeux sur le ciel gris, qui lui rappelait celui de Lincoln. Cela faisait très longtemps qu'il ne s'était pas senti à ce point au bord du gouffre face à la noirceur de la vie. Il pensait être blindé, à force, mais ce n'était manifestement pas suffisant.

Il écrasa son mégot, résigné, et le jeta dans le cendrier. Comme toute chose contre laquelle il ne pouvait rien, il devait prendre son mal en patience et attendre que cela passe. Après avoir aspiré une dernière bouffée d'air, il reprit la direction de l'hôpital. Il fit un saut à la cafétéria pour récupérer un thé, tentant de faire abstraction des traits tout aussi tirés que les siens qu'affichaient les gens qui prenaient une collation, attendant eux aussi les verdicts pour leurs proches.

Il revint s'asseoir à côté d'Anaëlle, entourant le gobelet de ses deux mains, et but son thé sans quitter son visage des yeux. L'aiguille de l'horloge indiquait midi. Echo n'était pas croyant, mais se surprit quand même à prier pour que le scanner, dans deux heures, lui apporte ne serait-ce qu'un mince espoir...






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MessageSujet: Re: Des suites de l'agression [PV Echo]   Sam 27 Oct - 13:17

- Je reviens dans quelques minutes, ne t'inquiète pas.
Anaëlle ouvrit les yeux. Elle avait conscience enfin de son corps. Toujours pas de la façon dont elle le voulait, mais il y avait bel et bien un progrès, non ? Sa vue fonctionnait toujours dans l'endroit étrange de sa tête. Elle se trouvait dans une chambre d'hôpital. L'odeur lui agressait les narines. Elle n'avait jamais aimé les hôpitaux. Elle les trouvait froids, puants, déprimants, morbides ... Et elle y avait passé plus de temps qu'elle ne l'aurait voulu ... Elle soupira un instant avant d'entendre des bruits de pas dans le couloir. La porte s'ouvrit sur Eric.
- Encore toi ?
- Comme tu le vois, on ne se débarasse pas de moi comme ça.
Le jeune homme pris place sur le lit et prit la main d'Anaëlle.
- Comment tu te sens ?
- Oh ça va ... Je suis toujours perdue dans mon inconscient, je ne sais pas si je vais survivre à tout ça, Echo est sûrement à deux doigts de craquer, moi aussi d'ailleurs ... Mais bon, je n'ai pas à me plaindre, bien que je me demande ce qui pourrait être pire !
Eric esquissa un sourire. La jeune fille le regarda un instant sans rien dire. Pourquoi son inconscient décidait de lui envoyer toujours Eric ? Pourquoi pas quelqu'un d'autre ? Elle n'avait pourtant plus pensé à lui depuis bien longtemps. Il ne faisait plus partie de sa vie, elle l'avait rejeté au plus loin de ses souvenirs pour s'en fabriquer de tous neufs. Des souvenirs où elle ne voyait pas, des souvenirs qui lui permettaient de se reconstruire. L'image d'Eric faisait partie d'un passé qui faisait si mal. Mais là, installé sur son lit, lui caressant doucement la main, elle n'avait plus mal. Sans doute parce qu'elle avait bien plus urgent à régler. La souffrance, elle la renssentait physiquement. La souffrance, c'était de laisser Echo tout seul. Ce jeune voyou qui avait pris une sacrée place chez elle. Et c'était bien plus douloureux que d'avoir tiré un trait sur Eric.
- Tu as franchi une étape, c'est bien. Tu nous a fait un petite frayeur durant l'opération, mais te revoilà.
- Me revoilà ... Mais où ?
- Il va falloir que tu fasse un peu plus d'efforts pour revenir ... Si c'est bien ce que tu veux ?
- Comment ça, ce que je veux ? Bien sûr que j'ai envie de vivre !
- Je vérifiais.
Anaëlle fronçait les sourcils. Elle n'aimait pas trop le tournant de cette conversation. Après tout, Eric faisait partie d'elle-même, c'était elle, son inconscient. Alors inconsciemment, pensait-elle à mourir ? La jeune fille secoua la tête, comme pour chasser les idées noires de sa "tête". Non, pas question de se poser trop de questions sur la mort ou son envie de mourir. C'est sûrement pas comme ça qu'elle sortirai de ce coma.
-----------------------------------------------------------------------------------------------------

Docteur Carter revint dans la chambre à 13h45, précisément. Plus vite ils auraient une réponse, mieux ce serait pour tout le monde. Il fallait savoir si cette jeune fille avait une chance d'ouvrir les yeux, ou s'ils espéraient le réveil d'une morte. Deux infirmières le suivaient, accompagnées d'un brancard et firent elles aussi leur entrée dans la chambre.
- Nous allons transporter Mademoiselle Simon au scanner. Venez avec nous.
L'une des deux jeunes femmes débrancha momentanément le tuyau qui transporte l'oxygène, et en brancha un autre, qui était relié à une machine portative. Puis, les infirmières installèrent Anaëlle sur le brancard.
Tous se dirigèrent vers le scanner. Bien sûr, Echo ne pouvait pas entrer dans la salle, c'était réservé au personnel médical, mais Carter lui promis de venir le voir dès qu'il aurait la réponse, et l'invita à s'installer sur un banc. L'attente, de nouveau, c'est tout ce que le neurologue proposait à ce garçon depuis son entrée à l'hôpital. Il espérait bien pouvoir lui donner enfin une réponse concrète.
-----------------------------------------------------------------------------------------------------
Anaëlle leva la tête, grimaçante. Il y avait tout à coup un bruit assourdissant, qui l'empêchait presque de penser. C'était très désagréable et en même temps familier. Elle connaissait ce brouhaha ... Tâchant de se concentrer un minimum, elle fini par deviner : Le scanner !
- C'est toujours aussi sympathique ce test ... Et je suis ravie de voir qu'au Japon le bruit est le même qu'en France ...
Elle se tourna vers Eric, qui ne la quittait pas des yeux.
- Je suppose que c'est là que tout se joue pour moi ?
- Que veux-tu dire ?
- Et bien, je dois peut-être faire un signe non ? Leur montrer que mon cerveau fonctionne ... Il fonctionne, pas vrai ?
- Qu'en pense-tu ?
- Que si j'étais un légume, on n'aurait pas cette conversation, même si tout se passe dans ma tête.
- Alors que veux-tu ajouter au test ? Si nous avons cette conversation, c'est que sûrement ton cerveau fonctionne, y a pas grand chose à rajouter.
- Hmmm ... Tu as sans doute raison.
Anaëlle releva la tête vers le bruit, pensant très fort à Echo. Est-ce qu'il tenait encore le coup ? Elle aurait voulu lui faire savoir qu'elle allait se réveiller bientôt. Elle cherchait simplement de connaître le moyen de s'en sortir. Elle aurait voulu lui faire savoir qu'elle était toujours en vie, qu'elle ne comptait pas être une raison de plus pour lui de se fermer au reste du monde, de finir avec un coeur de pierre. Elle ne voulait pas être une déception de plus dans sa vie. Le scanner n'était pas un secrétaire qui faisait passer des messages aux proches. Mais elle espérait tout de même qu'il lui apporterait une bonne nouvelle.
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Comme promis, le docteur Carter sorti le plus rapidement possible du scanner et se dirigea très rapidement jusqu'au banc où était installé Echo. Il esquissa un sourire satisfait. Cette fois, il avait une bonne nouvelle pour lui. Ils avaient raison d'espérer.
- Le test est positif, votre amie est bel et bien quelque part. Son cerveau est actif. Il ne reste plus qu'à attendre qu'elle se réveiller maintenant.
Il posa sa main sur l'épaule du garçon. Il était tellement soulagé. L'espoir était de nouveau en lui. Et c'est pour des nouvelles de ce genre qu'il était devenu médecin, entre autre. Pour ces petits moments de victoire. Et quand cette demoiselle se décidera à ouvrir enfin les yeux, la victoire sera complète.

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MessageSujet: Re: Des suites de l'agression [PV Echo]   Dim 28 Oct - 22:16



Un peu avant deux heures, le médecin franchit à nouveau le pas de la porte. Echo leva la tête vers lui, un peu hébété. Il n'avait pas vraiment dormi, mais fixait le mur depuis de longues minutes, trop fatigué pour réfléchir encore, trop nerveux pour céder au sommeil. Le long de son dos, ce n'étaient que nerfs en flammes et muscles en compote. Il se leva pour céder la place aux infirmières, se massant les lombaires, et les suivit hors de la chambre, dans les couloirs de l'hôpital.

Il n'eut pas l'autorisation de rentrer dans la pièce où se trouvait le scanner. Une nouvelle fois, il s'installa sur une chaise et commença à attendre. Il avait encore l'estomac noué, Anaëlle n'avait toujours pas bougé d'un cil. Il lui avait un peu parlé mais avait fini par se taire, las de soliloquer. Il s'était contenté ensuite de tenir la main de la jeune femme dans la sienne, pour la maintenir tiède, sentir son pouls à la base de son poignet.

Il se frotta les yeux, la bouche pâteuse. Il devait vraiment avoir une sale tête, si tout cela passait il irait directement chez lui se coucher après une bonne douche. Au bout d'un temps qu'il ne prit pas la peine de mesurer, le pas du médecin résonna dans le couloir. Echo se leva, le regarda venir, guettant tout signe révélateur des résultats du scanner sur son visage.

- Le test est positif, votre amie est bel et bien quelque part. Son cerveau est actif. Il ne reste plus qu'à attendre qu'elle se réveille maintenant.

Il ponctua l'annonce d'une petite tape sur l'épaule du jeune homme, qui réalisa que le chirurgien était souriant. C'était donc une bonne nouvelle. Echo laissa échapper un soupir de soulagement, tentant de reprendre ses esprits pour bien comprendre ce qu'impliquait l'annonce du médecin. Anaëlle n'était peut être pas consciente, mais son cerveau fonctionnait. Peut être entendait-elle se qui se déroulait autour d'elle, peut être était-ce simplement comme si elle dormait... Non, en fait il avait du mal à mesurer la valeur de ce qu'il venait d'entendre.

Fronçant les sourcils, il scruta le regard apaisé du médecin.
- Mais là, elle est dans le coma ou elle dort simplement? Pourquoi elle ne se réveille pas quand on l'appelle, si elle est toujours là?
Il déglutit:
- Quand vous dites "attendre"... c'est attendre combien de temps?

En fait, il ne savait pas comment prendre l'annonce. Il avait été persuadé avant le scanner qu'Anaëlle était encore là, le test n'avait fait que lui confirmer les choses. Il en restait au même point, à attendre qu'elle ouvre les yeux sans savoir si cela surviendrait une minute ou un mois plus tard... et il savait qu'il n'arriverait plus à tenir très longtemps sans manger ni dormir.

- Je ne veux pas qu'elle soit seule quand elle se réveillera, vous comprenez,
finit-il par murmurer.




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MessageSujet: Re: Des suites de l'agression [PV Echo]   Sam 24 Nov - 15:44

- Mais là, elle est dans le coma ou elle dort simplement? Pourquoi elle ne se réveille pas quand on l'appelle, si elle est toujours là? Quand vous dites "attendre"... c'est attendre combien de temps?








Le médecin ne semblait pas comprendre la réaction du jeune homme. Il paraissait encore plus mal qu'avant le scanner. Comme si Carter venait de lui annoncer que son amie ne se réveillerai plus jamais. Mais il fini par entendre un murmure, venant toujours du jeune homme, qui lui fit enfin prendre conscience de ce qui l'embêtait réellement : il voulait être présent à son réveil, mais ne savait pas combien de temps il allait devoir attendre. Et malheureusement, le neurologue n'en savait rien non plus. Que son cerveau soit actif était une bonne nouvelle, il y avait bel et bien quelqu'un pour se réveiller. La suite ? Ca ne dépendait que d'elle. Un jour, un mois, un an ... Il a vu des patients ouvrir les yeux au bout de tellement de mois, d'années, que leurs proches avaient abandonné tout espoir de les revoir éveillé un jour. Ils reprenaient conscience seuls dans un lit, ne sachant pas tout le temps qui s'était écoulé depuis.
Carter poussa un lourd soupir et prit place aux côtés d'Echo, d'abord silencieux. Quelle était la meilleure approche ? Que pouvait-il lui dire pour le soulager du poids qui le pèse en ce moment ? Ce jeune homme était seul à porter sa peine, il était tout seul pour soutenir son amie, tout en évitant de sombrer lui-même. Dans beaucoup de cas, il y a plusieurs membres de la famille, ou plusieurs amis, qui se passent le relais, prenant du temps pour eux. Se reposer, prendre une bonne douche, prendre un certain recul sur tout ça ... Mais lui. Il n'avait pas d'autre choix que de rester ici. Il respirait la fatigue, comme si chaque bouffée d'air qu'il prenait demandait un effort surhumain. Il devait pouvoir lui aussi prendre son recul.


- Vous savez, vous ne lui servirez à rien si vous êtes dans cet état. Mademoiselle Simon est entre de bonnes mains ici, elle ne risque absolument rien. Il faut juste attendre qu'elle veuille bien ouvrir les yeux, mais vous ne pouvez pas mettre votre vie entre parenthèse pour un temps indéterminé. Parce que je ne sais pas du tout quand elle ouvrira les yeux. Elle a les cartes en mains, c'est elle qui doit donner un ultime effort pour se sortir de ce coma. Et oui, je dis bien "coma", pas sommeil.
Le brancard sur lequel se trouvait Anaëlle passa devant eux, il rejoignait doucement la chambre, mais le médecin ne bougea pas et fit attendre aussi Echo.
- Rentrez chez vous. Prenez une douche, une bonne cuite même si ça peut vous soulager un peu ... Moi je m'occupe d'elle. Je vous promets que si elle se réveille, elle ne sera pas seule. Et vous serez aussitôt informé si jamais j'ai de bonnes nouvelles. Allez vous changer les idées, revenez en forme.
Il n'y avait pas de questions, c'était un ordre. Carter espérait bien ne pas avoir à le forcer de trop. Il avait assez d'une patiente, il ne pouvait pas tout faire. Il voulait bien partager ce poids, même si pour lui c'était moins lourd. Il ne connaissait pas du tout cette jeune femme. Mais il avait lu dans les yeux d'Echo qu'elle comptait pour lui. Alors pendant son absence, mademoiselle Simon compterai tout autant pour Carter. Cela tombait bien, il avait terminé son service, il pouvait donc traîner dans l'hôpital comme il le voulait. Il pourrait rester plusieurs heures auprès d'Anaëlle, jusqu'au retour d'Echo. Il se releva et salua le jeune homme.
- Je vais la rejoindre, je vous dis à plus tard.







-----------------------------------------------------------------------------------------------------


Docteur Carter se réveilla en sursaut, sur un fauteil tout près du lit d'Anaëlle. Un peu désorienté, il regarda sa montre. 23h22. Il avait dormi autant que ça ?! Il n'arrivait même plus à se rappeler quand la fatigue avait pris le dessus sur lui. Secouant sa tête, il se tâta à prendre un café. Après tout, son service commençait dans un peu moins d'une heure, et allait durer jusqu'au petit matin. Ses pensées furent interrompues par le bruit de son bipper. Jamais bon signe, il traîna des pieds jusqu'au téléphone et composa le numéro des urgences.
- Carter à l'appareil, vous m'avez bippé ?
- Nous allons avoir besoin de vous docteur, il y a eu un règlement de compte entre deux gangs. Plusieurs blessés, 5 graves, 8 légers.
- Il n'y a personne d'autre pour couvrir les urgences ? Je vous rappelle gentiment que ce n'est pas mon domaine.
- Il n'y a qu'un titulaire, et vous êtes le seul qui commence ...
- ... Bientôt. D'accord, bippez-moi quand vous serez débordés, je suis avec une patiente pour le moment et ...
D'un coup, Carter lâcha le téléphone et se précipita vers le lit. Le moniteur cardiaque montrait de sérieuses perturbations. La tension chutait à vue d'oeil et bientôt le signal était plat. Le coeur lâchait une nouvelle fois, et une alarme alerta tout de suite les infirmières qui ne tardèrent pas à rejoindre Carter dans la chambre. Le neurologue était en train de faire un massage cardiaque Anaëlle, n'arrêtant pas de lui parler.
- Vous n'avez pas le droit, vous m'entendez ? Vous n'avez pas le droit d'abandonner ! Battez-vous !






"Elle ne risque absolument rien ... Il faut juste attendre qu'elle se réveille". Carter mettait toute son énergie dans le massage cardiaque, en attendant d'avoir le défibrilateur. Quel idiot. Ce jeune homme lui avait fait confiance. Il l'avait laissé partir. Si jamais cette jeune fille mourrait maintenant. Jamais ce jeune ne se le pardonnera. De ne pas avoir été là pour la soutenir, jusqu'à son dernier souffle. Et c'était la faute de Carter. Alors il se battait d'autant plus. Il encourageait de toutes ses forces cette demoiselle. Il ne voulait pas que ça se finisse comme ça. Ca ne pouvait pas se terminer de cette manière ... Parce que lui aussi, ne se le pardonnerai jamais ...





-----------------------------------------------------------------------------------------------------









A l'accueil, c'était la pagaille. Ca criait. Une grosse bande de jeunes étaient tant bien que mal séparés par le personnel médical, pour qu'ils s'empêchent de se faire plus de mal encore. Tous pissaient plus ou moins le sang, mais tout semblaient s'en ficher éperdument. Tout ce qui leur importait, c'était d'achever les jeunes d'en face, et inversement. Dans tout ce brouhaha, une jeune fille traversa le couloir. Elle était chargée d'appeler quelqu'un.
Arrivée au bureau des admissions, elle attrapa le téléphone et composa le numéri inscrit sur un papier.


- Alllô monsieur Bailey ? Anna Hiro, de l'hôpital de Yuukoku. Je vous appelle de la part du docteur Carter, il faudrait que vous veniez d'urgence .... Non, il ne m'a rien dit de plus .... J'ai bien peur de ne pas en savoir davantage monsieur, je ne l'ai pas vue .... Je vous attendrai à l'entrée, nous avons deux gangs sur les bras, c'est pas évident ... Le docteur Carter vous rejoindra, mais sûrement pas tout de suite .... Très bien, à tout à l'heure.


Au bout d'une demie heure, Anna reconnu Echo quand il franchit les portes des urgences. Elle ne saurait même pas dire pourquoi, elle ne l'avait encore jamais vu auparavant, mais il semblait pressé, désamparé, de grosses cernes sous les yeux, et il ne semblait plus avoir un grand espoir. La jeune fille avait fini par regarder le dossier de cette mademoiselle Simon, en attendant qu'il arrive et comprenait son désarroi. Elle s'approcha de lui et lui fit signe de la suivre.


Tous deux se frayèrent un chemin dans le couloir bondé. Les deux gangs continuaient de se lancer des insultes, ainsi que quelques objets médicaux qui pouvaient leur tomber sous la main. Cela ne ressemblait plus vraiment à des urgences, mais à un vrai champs de bataille. Les infirmiers étaient devenus malgré eux des arbitres, plus occupé à tenir en place ces jeunes que de les soigner. Anna jeta un coup d'oeil à Echo.


- On a eu dix autres arrivées depuis ... Ils ne se sont pas assez amochés je crois ...
La jeune femme ne savait pas quoi ajouter. Echo, qui la suivait en silence, ne semblait pas vraiment là. Son corps la suivait machinalement, n'évitait même pas les personnes. On aurait dit une sorte de robot, un automate. Il n'avait presque plus de lueur dans ses yeux.


Au bout de quelques minutes, ils arrivèrent enfin devant la porte de la chambre. Anna lui fit un petit signe de tête.


- Je dois y retourner ... Je vous laisse entrer.


-----------------------------------------------------------------------------------------------------


La porte fini enfin par s'ouvrir.


- Salut, étranger.


Anaëlle esquissa un sourire. Elle aurait reconnu cette odeur n'importe où ....

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MessageSujet: Re: Des suites de l'agression [PV Echo]   Dim 2 Déc - 14:59

- Vous savez, vous ne lui servirez à rien si vous êtes dans cet état. Mademoiselle Simon est entre de bonnes mains ici, elle ne risque absolument rien. Il faut juste attendre qu'elle veuille bien ouvrir les yeux, mais vous ne pouvez pas mettre votre vie entre parenthèse pour un temps indéterminé. Parce que je ne sais pas du tout quand elle ouvrira les yeux. Elle a les cartes en mains, c'est elle qui doit donner un ultime effort pour se sortir de ce coma. Et oui, je dis bien "coma", pas sommeil.

Echo hocha lentement la tête, le regard dans le vague. Faute d'être réjouissante, voilà une révélation qui avait le mérite d'être franche. C'était toujours tellement trompeur, dans ces cas-là, de parler de réveil. Ça laissait croire que la personne allait ouvrir les yeux d'un coup, lorsqu'un bruit l'alerterait ou qu'un rayon de soleil chatouillerait son visage. Cette image porteuse d'espoirs vains était fausse et cruelle. Néanmoins, les déclarations du médecin n'enlevaient rien au fait qu'Anaëlle était dans de beaux draps, et que rien n'était moins sûr que le moment, voire même la possibilité de son réveil. Le regard embrumé d'Echo suivi le brancard qui passa devant eux, et reconnut la silhouette menue d'Anaëlle. Une fois encore, l'immobilité de statut de la jeune femme l'insupporta. Il esquissa un geste pour se lever, mais le médecin lui fit signe de ne pas bouger.

- Rentrez chez vous. Prenez une douche, une bonne cuite même si ça peut vous soulager un peu ... Moi je m'occupe d'elle. Je vous promets que si elle se réveille, elle ne sera pas seule. Et vous serez aussitôt informé si jamais j'ai de bonnes nouvelles. Allez vous changer les idées, revenez en forme.
Le médecin se leva, les yeux d'Echo rivés à son visage rassurant.
- Je vais la rejoindre, je vous dis à plus tard.

Le jeune Anglais resta quelques instants, une poignée de minutes peut être, assis sur sa chaise en plastique, fixant le mur qui lui faisait face. Il fallait effectivement qu'il rentre, même s'il était révolté contre lui-même de ne pas tenir le coup suffisamment pour rester quelques heures de plus, juste quelques heures, au cas-où... Il se leva mollement et passa devant la porte de la chambre d'Anaëlle, évitant d'y jeter un oeil et de céder alors à la tentation d'y entrer à nouveau.

Dehors, on était au crépuscule. Le ciel était déjà bien sombre, une lune pâle luisait entre les rubans de nuages. Il faisait assez frais, Echo remonta la fermeture éclair de son blouson pour parcourir les quelques dizaines de mètres qui le séparaient de la station de métro. Il faillit s'endormir dans la rame, et louper son arrêt, ses yeux se fermant tout seuls, sa tête lourde, tellement lourde, et tellement vide en même temps, ballottant contre la vitre du wagon. Il attendit sa correspondance en se balançant doucement d'un pied sur l'autre, les mains dans les poches, pour maintenir ce qui lui restait de tonus.

Quand il referma la porte de son studio derrière lui, il faisait nuit noire. Echo alluma juste la lumière de la cuisine, se rendit dans la salle de bains et fit couler la douche pour qu'elle se réchauffe le temps qu'il se déshabille. Le front appuyé contre le carrelage, les paupières closes, il laissa l'eau l'assourdir, l'envelopper, le débarrasser de sa sueur et de ce parfum d'hôpital révulsant qui agressait décidément beaucoup trop ses narines, ces derniers temps. Il resta sous le jet jusqu'à le sentir refroidir, jusqu'à ce que sa peau flétrisse et rougisse.
A travers le nuage de vapeur qui s'était formé dans la pénombre de la salle de bains, lorsqu'il sortit de la cabine de douche, il distingua dans la glace ses contours fantomatiques et s'enveloppa dans son drap de bain sans prendre le temps de se sécher. Le grand garçon qu'il était, une fois de plus, n'avait rien pu faire contre la folie humaine. D'un pas lourd, il alla s'effondrer dans son lit, ses boucles humides imprégnant l'oreiller de l'odeur du shampoing. Il n'avait pas faim, il ne savait pas s'il avait sommeil ou s'il était juste en train de s'évanouir, il n'était plus capable de réfléchir. Il ferma les yeux.

***

Echo ne reconnut pas tout de suite l'origine du bruit qui le tirait de son lourd sommeil, mais sursauta lorsqu'il réalisa que c'était le vibreur de son portable. Il s'était réveillé comme il s'était couché, à moitié sur la couverture, les jambes empêtrées dans sa serviette. Sortant aussi vite que possible du lit, il prit quelques secondes à se remémorer où il avait mis son portable et se précipita dans la salle de bains pour prendre le téléphone dans la poche de son jean jeté sur le sol.

- Allô?!
- Allô monsieur Bailey ? Anna Hiro, de l'hôpital de Yuukoku. Je vous appelle de la part du docteur Carter, il faudrait que vous veniez d'urgence ....
Echo sentit son coeur bondir douloureusement dans sa poitrine:
- C'est Anaëlle? Il lui est arrivé quelque chose?
Il avait la voix éraillée, l'élocution encore difficile - il avait dormi si profondément? Il sentait une terrible angoisse écraser à nouveau sa poitrine.
- Non, il ne m'a rien dit de plus .... J'ai bien peur de ne pas en savoir davantage monsieur, je ne l'ai pas vue .... Je vous attendrai à l'entrée, nous avons deux gangs sur les bras, c'est pas évident ... Le docteur Carter vous rejoindra, mais sûrement pas tout de suite ....
- Je, j'arrive, j'arrive immédiatement, réussit à articuler Echo.
- Très bien, à tout à l'heure.

L'infirmière raccrocha. Echo, prenant enfin conscience de l'endroit où il se trouvait, leva la tête vers les yeux délavés, le regard glacé par la haine et la terreur que lui lançait son reflet. Il avait failli à son rôle, il avait abandonné, et était rentré chez lui, et Anaëlle était m... non, il ne pouvait même pas l'imaginer à ce stade, sinon se jetterait sous le métro plutôt que d'aller à l’hôpital. Il regarda l'heure. On était aux alentours de minuit. Il se précipita dans sa chambre pour enfiler les premiers vêtements qu'il trouva et, une fois de plus, prit le chemin de l'hôpital.


***

C'est une fois arrivé aux portes du bâtiment que le peu de courage qui lui restait le quitta. L'abattement qu'il tentait de contenir jusque là le terrassa lorsque les hurlements des ambulances, les cris des urgentistes et du nombre anormalement élevé de patients et de visiteurs l'assourdirent. Un instant il songea à faire demi tour, fuir pour se perdre dans il ne savait trop quoi, disparaître pour ne pas avoir à affronter la nouvelle terrible que le médecin allait sûrement lui apprendre. Il ne voulait pas entendre ça, ni voir Anaëlle, ni devoir ensuite expliquer à la police, aux parents d'Anaëlle, ce qui s'était passé, et pourquoi lui s'en était parfaitement bien sorti. C'était la flétrissure de trop pour son âme, il serait définitivement foutu.

Un ambulancier le bouscula en s'élançant vers le hall, ce qui le secoua un peu. Il fallait qu'il trouve encore un tout petit peu d'énergie pour affronter ça, il le devait à Anaëlle et tant pis si ça le démolissait. Prenant une inspiration, il pénétra dans l'hôpital. C'était le branle-bas de combat, là-dedans. Echo se remémora confusément ce que lui avait dit l'infirmière sur une sorte de guerre des gangs qui avait dégénéré ce soir-là. Il se faufila entre les brancards et les groupes qui s'agglutinaient autour des infirmières pour les presser d'imprécations et de questions, pour arriver à l'accueil. Une employée sembla le reconnaître, car elle le fixa un instant avant de lui faire signe de la suivre.

Ils parcoururent des couloirs qui relevaient plus du champ de bataille que de l'hôpital, mais Echo n'y prit pas vraiment garde, accrochant son regard livide aux épaules de l'infirmière, essuyant un ou deux coups d'épaule sans y répondre.
- On a eu dix autres arrivées depuis ... Ils ne se sont pas assez amochés je crois ...
Echo hocha poliment la tête lorsque l'infirmière lui fit un commentaire, sans avoir compris ce qu'elle disait. Il était sourd et aveugle, se concentrait juste sur le fait de marcher jusqu'à la chambre d'Anaëlle. Il nota d'ailleurs qu'ils empruntaient un nouveau couloir, elle avait donc du être déplacée...
L'infirmière s'arrêta devant une porte:
- Je dois y retourner ... Je vous laisse entrer, dit-elle.
Echo aurait bien voulu qu'elle reste, surtout si le médecin n'était pas là dans un premier temps comme on le lui avait annoncé. Il se sentait totalement abandonné, ne comprenait pas pourquoi on le laissait seul dans une situation pareille.

Il posa une main sur la poignée de la porte, l'actionna lentement, prit une dernière bouffée d'air et entra dans la pièce.

- Salut, étranger.

Echo, estomaqué, s'appuya un instant contre l'encadrement de la porte lorsqu'il vit Anaëlle lui sourire. Il la fixa un instant sans rien dire, tentant de deviner s'il délirait complètement ou si ce qu'il avait devant les yeux était réel. Après ce moment de flottement, une violente palpitation souleva sa poitrine, un long frisson le parcourant de la tête au pieds. Sans prendre la peine de refermer derrière lui, il avança vers le lit, lentement, de peur qu'Anaëlle reparaisse tout d'un coup sous sa forme endormie, puis plus rapidement sur le dernier mètre, pour gagner le lit. Ses yeux s'embuant, il prit le visage de la jeune femme entre ses mains, doucement, sentit son pouls sous ses doigts et contempla ses yeux toujours aveugles mais à nouveau ouverts, brillants. Il saisit sa main, l'entoura des siennes, garda la paume tiède contre ses lèvres lorsque les larmes débordèrent de ses yeux et commencèrent à rouler sur ses joues.

Cela faisait des années qu'il n'avait pas pleuré, ça brûlait les yeux, et la peau, mais il n'arrivait pas s'en empêcher. Il sentait ses nerfs relâcher brusquement leur impitoyable tension, ses muscles se détendre enfin.
Il s'écarta légèrement, libérant la main d'Anaëlle et, le souffle encore court, s'essuya le visage du revers de la manche.
Un sourire finit par étirer ses lèvres, après qu'il eut lâché un long soupir. C'était vrai, c'était bien vrai, elle s'était réveillée...
- Hello, Belle au bois dormant!

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MessageSujet: Re: Des suites de l'agression [PV Echo]   Dim 2 Déc - 16:53

Anaëlle se souvenait de si peu de choses. Quelques petits détails qui revenaient en douce, dans sa mémoire. Des images, quelques sons, les restes de rêves étranges. Elle se rappelait Eric, en se demandant bien ce qu'il fichait dans le fin fond de son inconscient. Sans doute parce qu'il était mort, depuis quelques temps maintenant. Elle avait appris son accident alors qu'elle était à l'hôpital. Cette nouvelle l'avait assez bouleversé. C'était d'autant plus étrange que dans ses songes, elle ne semblait plus se souvenir de ce détail, qui pourtant était de taille. C'était une façon de se protéger sans doute. Une façon aussi de dire au revoir, d'une manière moins brutal. De lui parler une dernière fois. En y pensant, c'était plutôt touchant, même si c'était aussi un peu déroutant.
La jeune aveugle se rappelait un peu de cette femme. Sa voix, bien sûr. Rien d'autre. Elle ne savait pas comment était son visage, si ses cheveux étaient longs ou courts, si elle était petite, grande, grosse, maigre ... Elle n'a pas vraiment eu le temps de deviner ces choses-là, la rencontre avec son sol était arrivée bien vite. Mais malgré son état d'inconscience, elle se rappelait de quelques mots. Elle se souvenait aussi du docteur Carter. Et bien sûr, Echo. Il avait été là du début à la fin, il s'était battu pour elle, il était rester pour elle. Et elle s'était battue pour lui.

- Je suis bien content de vous voir enfin, Anaëlle. Et vos yeux méritent d'être vus.


Carter souriait. Il était tellement soulagé. Encore sous le choc des dernières émotions, il avait décidé de prendre quelques minutes. Les urgences pouvaient encore attendre un peu. Dès que la jeune fille avait repris connaissance, il avait demandé à ce qu'on prévienne son ami. C'était un petit miracle qu'il fallait à tout prix partager. Et c'était une promesse qu'il devait tenir. Il respirait, enfin, depuis ces dernières heures. Il ne connaissait pas du tout cette demoiselle, mais certains patients vous emportent un peu plus que les autres, sans raison particulière. C'est le feeling, c'est tout.
Anaëlle essaye d'articuler un mot, mais sa gorge la piquotait étrangement, c'était une sensation fort désagréable, et assez familière.
- Laissez un peu de temps à vos cordes vocales de s'en remettre. Une intubation n'est jamais bien vécues par ces choses fragiles.
Le médecin se releva et plongea sa main dans un petit seau et en ressorti un petit glaçon. Il approcha la glace de ses lèvres, qu'Anaëlle fini par ouvrir.
- Délicatement. Le frais va vous faire du bien ...
La jeune aveugle esquissa un sourire, reconnaissante de tout ce que le neurologue avait pu faire pour elle. Sans son acharnement, elle ne savait pas où elle serait maintenant. Sûrement pas allongée dans son lit, et sûrement pas de nouveau dans la réalité.
- M ... Merci.
- Ne me remerciez pas, j'aurais pas fait grand chose si vous ne vous étiez pas non plus battu. J'ai prévenu vos parents, et votre ami.
- Echo ?
- Oui, je pense qu'il ne devrait plus trop tarder maintenant. Il ne vous a pas quitté un seul instant. C'est moi qui l'ai forçé à rentrer chez lui, pour se reposer un peu.
- Il devait être sacrément crevé pour se laisser faire.



Carter étouffa un petit rire. C'est vrai que ce jeune homme ne semblait pas de ceux qui se laissent dicter leur conduite. Une sorte de petit voyou éffronté. Il n'osa pas trop lui dire que durant ces dernières 48h, il était davantage un enfant paniqué qu'un rebel. Il se douta que la jeune fille devait déjà savoir cela. Et puis le but n'était pas de la faire culpabiliser, en lui annonçant que son ami avait été très affecté par tout ça. C'était terminé, elle était réveillée maintenant.




- Je vais vous laisser. Je reviendrai un peu plus tard vers vous, pour que nous parlions de la suite des évènements.

Il se releva et quitta la chambre, laissant Anaëlle avec ses doutes. La suite des évènements .... Elle n'était donc pas totalement sortie d'affaire. Elle devinait presque cette fameuse suite. Elle était de nouveau bonne pour de la chimio. A nouveau la boule à zéro, le corps qui s'affine. Elle était prête à relever le défis, bien entendu. Mais elle aurait préféré une meilleure nouvelle. Chassant ses idées noires d'un revers de la main, elle se reprit. Après tout, elle ne savait pas encore ce que le médecin allait lui annoncer, alors pas de pessimisme. Elle se concentra donc uniquement sur l'arrivée de Echo, à l'affût du moindre bruit.




-----------------------------------------------------------------------------------------------------

- Salut, étranger.

L'émotion était à son comble. Elle n'avait trouvé que ça à dire, de peur que sa voix se casse dans d'horribles tremblements. Elle ne voyait d'ailleurs pas quoi d'autre à ajouter. Elle entendit les pas du jeune homme s'approcher doucement, puis beaucoup plus rapide sur la fin. Elle sentit ses main sur ses joues, son souffle sur son visage, ses lèvres emblrasser sa main. Elle ressentait également les larmes qui se promenaient le long de sa main, puis de ses bras. Elle tendit son autre bras pour venir lui caresser la joue humide, puis remonta jusqu'à ses cheveux. Il sentait bon le shampoing. La jeune aveugle se redressa légèrement et vint poser son front contre le sien, fermant les yeux.

- Hello, Belle au bois dormant!


Elle entendait sa voix, mais ce n'était plus un rêve. L'émotion était tellement forte que la jeune fille ne put retenir ses larmes plus longtemps, elle non plus. Elle ne pensait même pas pouvoir le toucher de nouveau. Sur la fin, elle n'y croyait plus du tout. Mais elle était bien là. Et lui aussi.

- Alors .... elle tâchait de retrouver son sourire, quoi de neuf ?

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MessageSujet: Re: Des suites de l'agression [PV Echo]   Dim 2 Déc - 19:14


A son tour, Anaëlle laissa couler quelques larmes. Il fallait que la pression descende un peu, après tout ce qu'elle... qu'ils avaient subi tous les deux. Ils ne pouvaient pas être forts tout le temps, c'était normal, mais ça fendait tout de même le coeur du jeune homme de voir les larmes couler sur les joues de la jeune femme. Tout ça à cause de cette pétasse masquée. Elle lui revenait à nouveau à l'esprit, maintenant qu'Anaëlle était réveillée; voir ses yeux humides réduisit la peur du jeune homme à peau de chagrin, laissant place à une colère bien plus profonde.

Il retrouverait cette fille, coûte que coûte. Il n'avait vu qu'une partie de son visage, mais il connaissait sa voix, sa silhouette, sa démarche. Elle avait joué les coeurs tendres en les laissant vivre? Tant pis pour elle, cela n'achetait nullement sa pitié. Il la retrouverait et lui ferait payer très cher les dernières heures qu'elle avait fait passer au couple. La police n'y pourrait rien. Il pourrait éventuellement en parler à Tenkai, mais à quoi bon. Le policier avait beau être plutôt doué, il n'aurait pour indices de preuve que les sensations d'une aveugle et le témoignage d'un étranger qui avait trempé dans des affaires louches.

- Alors ... quoi de neuf ? dit Anaëlle.

Il contempla le visage d'Anaëlle tout proche du sien, qui lui souriait. Il se sentait totalement déphasé, comme si les précédentes heures n'avaient été qu'un mauvais rêve.

C'aurait peut être été plus sain de ne pas faire de cette histoire une vengeance personnelle, mais Echo ne ferait pas ça parce que c'était beau, ou noble, ou quoi que ce soit du genre, de toute façon. Il savait que la vengeance était sale, et destructrice, mais connaissait aussi tout le poids que pouvait prendre l'inaction.

- Pas grand chose, écoute, tu n'es pas restée si longtemps endormie, tu sais, je n'ai pas eu beaucoup de temps, plaisanta-t-il.
Il n'avait rien tenté contre son propre bourreau, trop faible pour l'affronter, mais là, il ne louperait pas cette fille...
Il frôla du bout des doigts le pansement qu'Anaëlle avait à la gorge. Bon sang, ce n'était pas passé loin.
- Ça ne te fait pas trop mal, ça va?

La pauvre, ça la démangerait sûrement sacrément pendant un bout de temps... Il se rappela cette nuit, quand il avait dix neuf ou vingt ans, où ce type l'avait planté dans la chambre d'hôtel où ils se trouvaient. La cicatrice avait tiré très longtemps, et était encore visible aujourd'hui. Il espérait que ça irait, pour Anaëlle, les blessures étant un peu plus superficielles. Elle resterait quoi qu'il arrive belle comme tout, mais c'était dégueulasse de la part de l'inconnue de lui avoir fait ça.

Il hésita à dire à Anaëlle à quel point il avait eu peur pour elle. La connaissant, ça l'affolerait encore plus. Il avait un peu menti en disant qu'il n'y avait rien de neuf. Il avait parcouru durant ces quelques dizaines d'heures un chemin immense dans sa tête. Il avait des tonnes de trucs à lui dire, à lui expliquer, notamment à propos d'eux. Mais pour ça aussi, il fallait attendre, et ce n'était largement pas une priorité pour la boule de nerfs qu'il était à cet instant.

- Tu es en sécurité ici en tous cas. Je suis là, et je ne laisserai personne te faire du mal.
Il se pencha à son oreille.
- Je te jure que je ferai tout ce qu'il faudra pour que ce genre de trucs ne t'arrive plus. Il faut que tu le croies, ça, même si hier soir... je n'ai rien pu faire, murmura-t-il avant de l'embrasser le plus doucement possible.


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MessageSujet: Re: Des suites de l'agression [PV Echo]   Lun 3 Déc - 17:32

- Pas grand chose, écoute, tu n'es pas restée si longtemps endormie, tu sais, je n'ai pas eu beaucoup de temps

Son humour était enfin revenu, c'était plutôt bon signe et même parfait pour chasser les dernières gênes. Ce genre d'embarras, quand on ne sait pas quoi dire après être sortie du comas, et avoir frôlé la mort. On avait tout raconté à Anaëlle avant le retour d'Echo. Elle savait donc que son coeur s'était arrêté deux fois en 48h. Une sorte de record personnel. Le jeune homme n'était pas au courant pour la seconde fois et ni elle, ni Carter n'avait l'intention de le lui dire. Il s'en serait sûrement voulu de ne pas avoir été présent. Pas la peine de lui donner un poids en plus sur le dos.
La jeune aveugle senti le doigt d'Echo frôlé son cou.
- Ça ne te fait pas trop mal, ça va?



Anaëlle avait presque oublié. Trop occupé a avoir la tête qui bourdonne, la sensation de brûlure au niveau de la poitrine, à l'endroit où les palettes ont fait redémarrer son coeur, la sensation d'avoir un très gros bleu sur le nez, ou dedans, c'était pas facile à déterminer... Elle avait mal à l'endroit de son opération du cerveau. Oui, c'était douloureux, mais son cou par contre .... Elle ne sentait rien. Sans doute qu'elle avait mal, mais ce n'était rien comparé au reste. La jeune fille haussa doucement des épaules, esquissant un faible sourire.


- Non, aussi étrange que cela puisse paraître, c'est pas du tout douloureux ce coin-là.
- Tu es en sécurité ici en tous cas. Je suis là, et je ne laisserai personne te faire du mal.
Anaëlle acquiessa. Elle n'en doutait pas un seul instant. Malgré l'attaque de l'autre foldingue, elle ne s'était pas sentie menacée. Disons qu'elle était au mauvais endroit, au mauvais moment. Elle n'avait d'ailleurs pas été très prudente. Laisser sa porte ouverte, laisser traîner sa canne ... Erreur d'une aveugle débutante. Elle était tellement sur un petit nuage ces temps-ci, qu'elle en avait oublié les dangers. Il fallait se rendre à l'évidence : quelqu'un qui ne voit pas a beaucoup plus de chance de se faire agresser, ou voler, ou arnaquer ... Cible facile pour tant de gens malhonnêtes. Elle ne s'attendait pas à tomber sur une malade mentale qui lui avait lacéré la peau. Elle ne pouvait pas se voir, mais n'osait pas imaginer le résultat. Elle devait être bien belle dans ce lit d'hôpital face à Echo. C'était limite honteux. Elle poussa un petit soupire, se disant que de toute façon elle ne pouvait pas y changer grand chose.
- Je te jure que je ferai tout ce qu'il faudra pour que ce genre de trucs ne t'arrive plus. Il faut que tu le croies, ça, même si hier soir... je n'ai rien pu faire.
Lorsque les lèvres d'Echo touchèrent les siennes, elle n'eut pas du tout le réflexe habituel de la valide qui ferme les yeux durant un baiser. Non, elle garda les yeux bien ouvert, très perturbée par ce qu'elle venait d'entendre. Il ne fallait pas avoir connu ce jeune homme depuis des années pour comprendre ce qu'il avait en tête. C'était une chose qu'elle redoutait, même dans son état comateux. Une chose qui ne lui avait pas quitté l'esprit, et sans doute ce qui a aussi aidé à ce qu'elle sorte de son inconscience. Il n'allait pas laisser cette femme tranquille. Il allait se venger, c'était évident. Et inadmissible.
Anaëlle recula sa tête, fronçant les sourcils.
- Il n'est pas question que tu en fasse une affaire personnelle. Pas de vengeance, Echo. La violence qui engendre la violence, c'est absurde.
Elle posa ses deux mains de chaque côté de son visage et aurait bien aimé pouvoir plonger son regard dans le sien, pour qu'il y lise sa colère et sa peur aussi en même temps. Son regard à elle ne voulait plus rien dire du tout. Qu'elle soit triste, joyeuse, en colère, paniquée, il n'y avait plus d'émotions dans ses yeux. Ses sourcils restaient les seuls témoins de son humeur. Avouons que des sourcils froncés ont bien moins de classe et d'intensité qu'un regard noir. Elle devait faire avec ce qu'elle avait après tout.
- Je vais parler à la police, et eux feront leur boulot de policiers. Et moi je peux te jurer que si tu tente un truc idiot, je finirai par le savoir et crois-moi que tu ne t'en sortiras pas aussi facilement.
Elle marqua une courte pause.
- J'ai été assez claire ?

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MessageSujet: Re: Des suites de l'agression [PV Echo]   Lun 3 Déc - 20:49




Echo sentit, à ses paroles, le mouvement de recul d'Anaëlle, et vit au froncement de ses sourcils qu'elle était profondément contrariée par ce qu'elle venait d'entendre.

- Il n'est pas question que tu en fasse une affaire personnelle. Pas de vengeance, Echo. La violence qui engendre la violence, c'est absurde, dit-elle en prenant son visage entre ses mains.

Echo lâcha un petit soupir. Il aurait parié sa tête que la jeune femme aurait cette réaction. C'était normal, elle était comme ça, elle faisait partie de cette catégorie de personnes que les coups durs de la vie ne rendaient pas revanchards, mais plus sage. Lui n'était clairement pas fait de ce bois, malheureusement. Il ne pouvait pas envisager une seconde de laisser cette histoire se finir là.

- Je vais parler à la police, et eux feront leur boulot de policiers. Et moi je peux te jurer que si tu tente un truc idiot, je finirai par le savoir et crois-moi que tu ne t'en sortiras pas aussi facilement... J'ai été assez claire ?

Echo ne put s'empêcher de sourire, la réplique lui rappelant la fois où ils s'étaient rencontrés, et où elle l'avait menacé de lui filer un coup de canne s'il continuait d'être déplaisant. Il ne doutait pas qu'elle en était capable, mais n'allait pas pour autant changer d'avis.

Un ange passa dans la pièce, seulement troublé par le moniteur qui marquait le rythme un peu rapide des battements de coeur d'Anaëlle. Echo s'en voulut un peu de lui avoir lâché le morceau à cet instant où elle se réveillait à peine, mais il n'avait pas pu s'en empêcher. La voir dans cet état l'avait empli d'une culpabilité immense, il se sentait redevable envers elle pour ne rien avoir pu faire.

- Les flics ne pourront rien faire, Anaëlle. Elle n'a pas laissé de traces, et nous sommes une belle paire de témoins, toi et moi, si tu vois ce que je veux dire. J'ai un pote dans la police, je lui en parlerai si tu veux, mais je ne peux pas te dire que je ne ferai rien si je recroise cette personne.

Il se mordit la lèvre inférieure une seconde, hésitant à poursuivre, mais s'y résolut finalement.
- Je ne sais pas si tu te rappelles, mais je t'avais dit quand on s'est rencontrés qu'il ne fallait pas que tu espères me changer. C'est exactement ce genre de trucs auxquels je faisais allusion, à ce moment. Toi, tu as des choses qui t'ont marquée, des coups durs qui te vont voir la vie d'une certaine manière, qui guident chacune de tes actions; c'est mon cas aussi, et même si je sais comme toi que ce n'est pas bon, c'est la manière dont je fonctionne.
Il enleva la main d'Anaëlle restée sur sa joue et la garda serrée dans la sienne. Il mesura sa voix, de manière à rendre moins durs les mots qu'il prononçait.
- Je te l'ai dit pour que tu le saches, mais pas pour que tu m'en dissuades. Si tu ne veux plus que j'en parle, je n'en parlerai plus, mais ça restera toujours dans un coin de ma tête. C'est comme ça, à toi de voir.

Il se pencha un peu en arrière, s'étirant un instant. Cette conversation lui paraissait terriblement déplacée pour une chambre de convalescente, et en plus c'était de sa faute. Il caressa doucement la joue d'Anaëlle, promenant le bout de ses doigts sur sa bouche délicatement ciselée. Non, il ne pouvait pas laisser impunie la personne qui avait abîmé une personne si délicate et douce.

- Enfin bon, tu sais, on en parle, mais c'est pas comme si je connaissais son nom ou son visage... je n'ai quasiment rien sur elle, si ça se trouve je ne la verrai jamais, dit-il, tentant de détendre un peu l'atmosphère.


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MessageSujet: Re: Des suites de l'agression [PV Echo]   Mar 4 Déc - 17:02

- Les flics ne pourront rien faire, Anaëlle. Elle n'a pas laissé de traces, et nous sommes une belle paire de témoins, toi et moi, si tu vois ce que je veux dire. J'ai un pote dans la police, je lui en parlerai si tu veux, mais je ne peux pas te dire que je ne ferai rien si je recroise cette personne.
Anaëlle voulu riposté sur la réplique qui les décrivait tous deux, mais Echo n'avait pas tord à ce niveau-là. C'est sûr qu'il y avait meilleur témoin qu'une aveugle. Une aveugle évanouie par-dessus le marché. Elle n'avait aucun détail très précis à donner à la police. Et c'est justement pour cela qu'elle avait tiqué. Le jeune homme était assez bien placé pour savoir que sa cecité ne l'empêchait pas pour autant de "voir" une personne.
- Je suis assez grande pour aller au commisariat moi-même, je ne suis pas une gamine qu'on chouchoute.
Elle était très énervée, le moniteur pouvait d'ailleurs le souligner clairement puisque son rythme cardiaque était un peu plus élevé que tout à l'heure.
- Je ne sais pas si tu te rappelles, mais je t'avais dit quand on s'est rencontrés qu'il ne fallait pas que tu espères me changer. C'est exactement ce genre de trucs auxquels je faisais allusion, à ce moment. Toi, tu as des choses qui t'ont marquée, des coups durs qui te vont voir la vie d'une certaine manière, qui guident chacune de tes actions; c'est mon cas aussi, et même si je sais comme toi que ce n'est pas bon, c'est la manière dont je fonctionne.
De nouveau, Anaëlle fronça les sourcils. Mais il n'avait donc rien compris du tout ? Il ne pouvait pas être passé à côté d'elle à ce point-là depuis ces dernières semaines qu'ils avaient passées ensembles. La jeune femme n'en croyait pas ses oreilles. Alors c'était comme ça qu'il la considérait. Une espèce de truc fragile qui se prenait pour Boudha ... La main du jeune homme s'échappa de sa joue pour venir serrer la main d'Anaëlle, qui rejeta son geste, en venant croiser ses bras sur son ventre, impassible. Elle n'avait presque pas répondu jusque là, mais comptait bien s'y mettre à la prochaine remarque qui pourrait la contrarier, comme celle qui allait suivre d'ailleurs ...
- Je te l'ai dit pour que tu le saches, mais pas pour que tu m'en dissuades. Si tu ne veux plus que j'en parle, je n'en parlerai plus, mais ça restera toujours dans un coin de ma tête. C'est comme ça, à toi de voir.
- Bien. La prochaine étape c'est quoi ? Tu vas me donner ma bouillie et me border avant de m'endormir aussi ?
La jeune fille était hors d'elle. Voilà qu'il l'infantilisait. A elle de voir, mais à elle de voir quoi ? Il avait déjà pris sa décision, une décision complètement stupide d'ailleurs. Il se prenait pour qui ? Les doigts d'Echo cette fois se baladèrent sur son visage, faisant un crochet sur ses lèvres, mais elle ne les reçu pas du tout comme d'habitude. Elle stoppa donc sa main, d'un geste plutôt sec. C'était la goutte d'eau comme on dit ...
- Enfin bon, tu sais, on en parle, mais c'est pas comme si je connaissais son nom ou son visage... je n'ai quasiment rien sur elle, si ça se trouve je ne la verrai jamais.
Le "on" était très fort, elle qui ne disait pas grand chose depuis le début. Mais maintenant que la cocotte était pleine, elle se sentait prête à exploser. Bien qu'elle tâcha de garder son calme, sa voix tremblottait légèrement, mais un tremblement de colère qu'on tente d'étouffer un maximum.
- Je n'ai nullement l'envie de te changer que je sache, tu es très bien comme tu es, même avec cette carapace de gros dur rebel ridicule ... Et il va falloir que tu arrête une bonne fois pour toute de ramener la carte "cancer" dès que l'occasion peut se présenter. C'est pas un joker, Echo. Mes actions ont toujours été guidées par moi-même, et qu'importe la vie derrière, je vis comme je l'entends. C'est pas parce que je suis un chemin plus droit que le tiens, qu'il doit être expliqué par mes "coups durs" comme tu dis. J'ai pas 4 ans, je peux mener mes propres batailles moi-même.
Elle se laissa une courte pause. Elle sentait sa colère jusque dans ses joues, qui devaient être bien rouges tant elles lui brûlaient.

- Cette bataille ne te concerne absolument pas. C'est pas quoi qui a subi l'attaque de cette folle, c'est pas toi qu'elle a voulu couper en rondelles comme une tomate, pas toi non plus qui a eu le nez explosé sur le sol et la tumeur qui était revenue entre temps. Et pour finir c'est pas toi qui est tombé dans le coma et qui a frôlé la mort. Alors on va remettre les rôles où il sont. Si tu as des élans de chevalier courageux qui veut sauver sa belle, tu t'es trompé d'adresse. Je suis pas la demoiselle en détresse qui a besoin d'être secourue maintenant. J'ai eu besoin de ton aide, tu as répondu présent, fin de l'histoire. La suite ne concerne que moi. Alors j'ai complètement mon mot à dire dans cette histoire, parce que c'est la mienne, bien plus que la tienne. Et que tu te sente redevable, ou que tu en fasse une affaire totalement personnelle, je m'en fou royalement. Il n'est pas question que tu te venge sur cette femme, parce que c'est encore MA vie que je sache !
Anaëlle était catégorique. Et aussi un peu blessée par ses paroles, même si elle se garda bien de lui dire. La jeune fille tourna la tête, à l'opposé de là où était Echo. Réflexe de voyante, de nouveau. Elle ne pouvait déjà pas le voir de toute façon, mais cela clôturait assez bien son discours. L'émotion quelque peu gênante et si jolie était maintenant bien loin. Elle s'était échappée de cette chambre, pour laisser place à de la colère et un silence pesant ...

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MessageSujet: Re: Des suites de l'agression [PV Echo]   Dim 9 Déc - 14:29


La réaction d'Anaëlle ne se fit pas attendre. Contrairement à ce que pensait Echo, sa maigre tentative de calmer les choses ne fit qu'énerver un peu plus la jeune femme:
- Je n'ai nullement l'envie de te changer que je sache, tu es très bien comme tu es, même avec cette carapace de gros dur rebelle ridicule ... Et il va falloir que tu arrête une bonne fois pour toute de ramener la carte "cancer" dès que l'occasion peut se présenter. C'est pas un joker, Echo. Mes actions ont toujours été guidées par moi-même, et qu'importe la vie derrière, je vis comme je l'entends. C'est pas parce que je suis un chemin plus droit que le tiens, qu'il doit être expliqué par mes "coups durs" comme tu dis. J'ai pas 4 ans, je peux mener mes propres batailles moi-même.

Elle se trompait totalement sur ses intentions, songea le jeune homme. Sur lui aussi. Elle avait beau jeu de le critiquer parce que son cancer occupait une place importante dans la vision qu'il avait d'elle. Après tout, n'était ce pas à cause de ce cancer qu'elle était tombée dans le coma et que l'agression de la veille avait failli tourner à la catastrophe? Ne lui avait-elle pas dit elle-même le soir où ils s'étaient rencontrés que cette tumeur avait changé sa vision de l'existence? Et puis elle-même, ne se plaisait-elle pas à le cantonner dans une image de voyou au grand coeur? Il n'était pas un gentil qui se donnait un air méchant, c'était réducteur de le voir comme ça. Et surtout, il ne voyait pas ce que ça venait faire dans la conversation qu'ils étaient en train d'avoir. S'il souhaitait retrouver cette fille masquée, ce n'était pas pour se la jouer "gros dur"... ce n'était pas un rôle qu'il se donnait, il en avait envie au plus profond de lui-même.

Il secoua la tête, s'apprêtant à répliquer, mais Anaëlle poursuivit:
- Cette bataille ne te concerne absolument pas. C'est pas quoi qui a subi l'attaque de cette folle, c'est pas toi qu'elle a voulu couper en rondelles comme une tomate, pas toi non plus qui a eu le nez explosé sur le sol et la tumeur qui était revenue entre temps. Et pour finir c'est pas toi qui est tombé dans le coma et qui a frôlé la mort. Alors on va remettre les rôles où il sont. Si tu as des élans de chevalier courageux qui veut sauver sa belle, tu t'es trompé d'adresse. Je suis pas la demoiselle en détresse qui a besoin d'être secourue maintenant. J'ai eu besoin de ton aide, tu as répondu présent, fin de l'histoire. La suite ne concerne que moi. Alors j'ai complètement mon mot à dire dans cette histoire, parce que c'est la mienne, bien plus que la tienne. Et que tu te sente redevable, ou que tu en fasse une affaire totalement personnelle, je m'en fou royalement. Il n'est pas question que tu te venge sur cette femme, parce que c'est encore MA vie que je sache !

Croisant les bras sur sa poitrine, la jeune femme acheva sa tirade en détournant ostensiblement la tête. Echo, pinçant les lèvres, respira profondément. Les mots d'Anaëlle le blessaient réellement, surtout qu'il ne s'était vraiment pas attendu à une telle réaction de sa part. Un instant, il songea à lui signaler qu'il n'était peut être pas dans un lit d'hôpital, mais que lui aussi avait bien morflé, ces dernières heures. Ça n'avait pas été un jeu d'enfant de tenir tête à l'inconnue masquée pour qu'elle se barre, avec la lame de son couteau sur la gorge. Ni d'être soupçonné dans un premier temps d'avoir été l'auteur de l'agression. Ni d'avoir attendu des heures dans cet hôpital de savoir si Anaëlle allait ou non rouvrir les yeux, sans manger ni dormir. C'était aussi un peu son histoire. Il ne demandait pas la reconnaissance éternelle de la jeune femme, mais de là à se faire totalement rejeter, dépeindre de manière caricaturale sous les traits d'un chevalier servant ridicule, ça lui faisait un peu mal. Finalement, c'était avec Anaëlle la même chose qu'avec les autres. Au moment où il avait assez confiance être sincère, il se prenait un coup en pleine figure.

Il se passa les mains sur le visage, se renversant en arrière pour laisser son dos reposer contre le dossier de la chaise. Il promena un instant son regard fatigué sur le profil que lui présentait Anaëlle. Généralement, il répondait à ce genre de phrase par quelque chose d'acerbe ou d'agressif, mais c'était la première fois qu'une fille lui disait un truc comme ça, et il ne savait pas trop comment réagir.
Il finit toutefois par rompre le silence qui pesait sur la pièce.
- Message reçu, Anaëlle. On fera comme tu veux, je ne bougerai pas et on laissera faire la police. Après tout, ils ont déjà commencé leur enquête hier en m'accusant de t'avoir agressée moi même. J'ai hâte d'assister à leur résolution de l'affaire!
Il se leva, enfonçant ses mains dans ses poches, et se déplaça vers la fenêtre, qui offrait une vue relativement jolie sur les gratte ciels de Yuukoku scintillant dans la nuit.
- Et tu sais, tu n'as pas besoin de me descendre en règle pour que je comprenne que tu n'as pas besoin de moi pour affronter tes problèmes. Comme tu le dis si bien, je suis moins dur que j'en ai l'air, ajouta-t-il froidement.



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MessageSujet: Re: Des suites de l'agression [PV Echo]   Dim 9 Déc - 15:20

Anaëlle continuait son "boudage" et était très loin de vouloir rompre la glace qui s'était tout à coup installée dans la chambre. Elle ne supportait pas qu'on la considère comme une poupée de porcelaine, prête à se casser en mille morceaux au moindre coup de vent. Mais en y réfléchissant, c'était un peu aussi sa faute, même si elle ne voulait pas l'admettre : elle avait laissé Echo s'occuper d'ellle comme d'un être faible. C'était comme si son caractère avait été rangé bien soigneusement dans un placard, pour ne laisser qu'une espèce d'innocente allumée, souriante et sur un nuage. C'était p'tet ça après tout l'amour. Ca faisait tellement longtemps pour elle.




- Message reçu, Anaëlle. On fera comme tu veux, je ne bougerai pas et on laissera faire la police. Après tout, ils ont déjà commencé leur enquête hier en m'accusant de t'avoir agressée moi même. J'ai hâte d'assister à leur résolution de l'affaire!
Elle tiqua. La jeune aveugle n'avait pas eu cette information, le médecin s'était bien gardé de lui expliquer ce détail, qui pourtant était important. Elle réalisa alors qu'elle était loin d'être la seule à avoir souffert. Elle le savait déjà, mais s'en rendait nettement compte maintenant. Elle imagina Echo, encore sous le choc, qui était vu comme un meurtrier ou un fou furieux, ou les deux ... Elle se mordit la lèvre inférieure, n'osant rien répondre. Elle était allée trop loin dans sa colère.

La jeune femme entendit Echo se lever, pour se rapprocher de la fenêtre.

- Et tu sais, tu n'as pas besoin de me descendre en règle pour que je comprenne que tu n'as pas besoin de moi pour affronter tes problèmes. Comme tu le dis si bien, je suis moins dur que j'en ai l'air.

Touchée, coulée. Anaëlle s'en voulait maintenant de s'être emportée de la sorte. Elle n'avait pas tout compris, elle non plus. Elle pourra un petit soupir et se tourna vers la voix du garçon.


- Ecoute ... Je suis désolée. Je me suis laissée aller dans ma colère et j'ai pas bien réfléchis ... Elle marqua une courte pause. Mais comprends-moi aussi, je sors à peine du coma, je suis pas sûre d'avoir tous les évènements encore bien en tête et toi tu viens déjà me parler de vengence. On résoud rien comme ça, Echo. Et j'ai pas du tout envie que tu te mette encore dans les problèmes, par ma faute cette fois-ci. Comprends bien que je me sentirai aussi responsable de tes actes.
Elle se passa la main sur le front. La douleur l'empêchait de se concentrer normalement. Difficile de réfléchir avec un marteau piqueur dans le crâne ... Mais la jeune fille faisait de gros efforts pour se faire bien entendre d'Echo, sans le blesser davantage. Ils ne s'étaient tous les deux pas râté y a quelques minutes, il fallait un peu calmer le jeu ...
- Alors oui je préfère que la police s'en charge. Je suis sincèrement navrée d'apprendre que tu as été le premier suspect, mais maintenant que je suis réveillée, cette erreur ne risque pas de se reproduire ... Et si jamais ils ne trouvent jamais la coupable, et bien tant pis. Je le vivrai mieux qu'en sachant ce que tu as fais ... Même si ce n'est pas que pour moi, ça sera à cause de moi.
Elle releva la tête, comme si elle tentait de regarder le plafond. Dans le coma, elle se souvient avoir "vu". Cela faisait si longtemps. Et elle avait souvent regarder le plafond, cette sorte de limite entre elle et la réalité. C'est de là-haut qu'elle entendait les voix. Sa voix.
- Je me rends bien compte que tu as souffert toi aussi ... Je sais que tu as été là, tout le temps. Je m'en rappelle ...

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MessageSujet: Re: Des suites de l'agression [PV Echo]   Dim 9 Déc - 17:55




- Ecoute ... Je suis désolée. Je me suis laissée aller dans ma colère et j'ai pas bien réfléchi ... fit la voix d'Anaëlle dans son dos. Il se retourna et posa son regard sur le visage grave de la jeune femme. Mais comprends-moi aussi, je sors à peine du coma, je suis pas sûre d'avoir tous les évènements encore bien en tête et toi tu viens déjà me parler de vengeance. On résoud rien comme ça, Echo. Et j'ai pas du tout envie que tu te mette encore dans les problèmes, par ma faute cette fois-ci. Comprends bien que je me sentirai aussi responsable de tes actes.

Même si Anaëlle ne pouvait pas le voir, Echo hocha la tête. A vrai dire, les excuses d'Anaëlle le soulageaient autant qu'elles le gênaient. Ce n'était vraiment pas le contexte idéal pour en faire voir de toutes les couleurs à la jeune femme et il espérait que le règlement de comptes s'arrêtait là.

- Alors oui je préfère que la police s'en charge. Je suis sincèrement navrée d'apprendre que tu as été le premier suspect, mais maintenant que je suis réveillée, cette erreur ne risque pas de se reproduire ... Et si jamais ils ne trouvent jamais la coupable, et bien tant pis. Je le vivrai mieux qu'en sachant ce que tu as fais ... Même si ce n'est pas que pour moi, ça sera à cause de moi.

Elle regarda pensivement en l'air. Echo, après une courte hésitation, se détacha de la fenêtre pour revenir s'asseoir à côté du lit.

- Je me rends bien compte que tu as souffert toi aussi ... Je sais que tu as été là, tout le temps. Je m'en rappelle ...

Echo esquissa un sourire. C'était réconfortant de savoir qu'il n'avait pas passé ce temps aux côtés d'Anaëlle sans que cela serve à quelque chose. Si elle avait pu l'entendre ou au moins le sentir, tout cela n'avait pas été aussi stupide et vain que ce qu'il avait cru.

- Je crois qu'on est très fatigués tous les deux. Personnellement ça me fait dire beaucoup de bêtises. J'aurais pu t'épargner cette conversation, qui se serait sûrement déroulée beaucoup mieux si elle avait eu lieu ailleurs, plus tard...

Il posa sa main sur le matelas, à côté d'Anaëlle, sans la toucher pour autant, et regarda son visage. Elle n'avait pas l'air en grande forme. Avec cette opération, sa tête devait peser dix tonnes. Il se mordit la lèvre inférieure. Ce n'était pas la peine de lui causer plus de souci qu'elle n'en avait déjà en jouant les fortes têtes.
- Tu n'as pas de souci à te faire pour cette histoire, d'accord? Ça me fend le coeur de laisser tomber, mais comme tu me l'as dit, tu es plus impliquée que moi là-dedans et si ce que je fais a des conséquences sur toi, je ne toucherai pas un cheveu de cette fille si je la recroise.
Le plus important maintenant, c'est que tu sortes vite de cet hosto. Le toubib qui s'est occupé de toi, je ne sais pas si tu l'as déjà rencontré, mais il est plutôt chouette. Tu sais à peu près combien de temps ils vont te garder?


C'est par là qu'aurait du commencer la conversation. Pas par une engueulade stupide née d'un trop plein d'émotions. Aucun des deux jeunes gens ne méritait ça.


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MessageSujet: Re: Des suites de l'agression [PV Echo]   Dim 9 Déc - 19:27

Echo avait retrouvé sa place aux côtés d'Anaëlle et l'atmosphère se réchauffa enfin. Drôles de retrouvailles, pensait doucement la jeune fille. Elle qui s'était battue comme une lionne pour lui. Elle n'avait d'ailleurs pas trop pensé à elle, finalement, pendant ce combat. Elle n'était pas prête à mourir, c'était évident, mais elle savait qu'elle devait sa vie à Echo. Parce qu'elle n'arrêtait pas de penser à lui avant tout. Qu'il ne supporterait pas sa mort, qu'il se serait senti responsable de tout ça.


- Je crois qu'on est très fatigués tous les deux. Personnellement ça me fait dire beaucoup de bêtises. J'aurais pu t'épargner cette conversation, qui se serait sûrement déroulée beaucoup mieux si elle avait eu lieu ailleurs, plus tard...
Anaëlle quitta son plafond pour retrouver une posture plus naturelle et hocha très faiblement de la tête. Un réflexe qui lui donna presque envie de vomir, tant la douleur était présente. Elle atrappa un petit bouton, sur son lit près de sa main droite, qu'elle pressa, pour recevoir une dose de morphine. Les infirmières lui avaient expliqué ce système, qui pouvait lui permettre de soulager son mal, sans embêter le personnel médical. C'était plus rapide et très éfficace.
- Tu as sans doute raison. On est tous les deux assez bornés, il nous faut bien plus d'énergie pour nous disputer, sinon c'est moins rigolo.
Elle esquissa un sourire amusé.


- Tu n'as pas de souci à te faire pour cette histoire, d'accord? Ça me fend le coeur de laisser tomber, mais comme tu me l'as dit, tu es plus impliquée que moi là-dedans et si ce que je fais a des conséquences sur toi, je ne toucherai pas un cheveu de cette fille si je la recroise.
Le plus important maintenant, c'est que tu sortes vite de cet hosto. Le toubib qui s'est occupé de toi, je ne sais pas si tu l'as déjà rencontré, mais il est plutôt chouette. Tu sais à peu près combien de temps ils vont te garder?


Cette nouvelle soulagea Anaëlle. Elle avait finalement réussi à le convaincre de ne pas faire de bêtise et se sentait libérée d'un poids tout à coup. Elle avait tellement peur qu'il fasse quelque chose qu'il aurait pu regretter plus tard ...
- Oui le docteur Carter m'a parlé avant que tu n'arrive, et il à l'air très bien c'est vrai. Il doit revenir pour qu'on discute de la suite. Je ne sais pas encore de quoi il est question, de chimio ou juste d'un temps de repos et d'observation.
Anaëlle avait annoncé ça d'un ton neutre, très naturel. Le mot "chimio" pouvait en impressionner plus d'un. Elle-même, la première fois qu'elle l'entendit, ne faisait pas trop la maligne. Encore maintenant, ce n'était pas une situation qui la mettait en joie, mais elle savait que si c'était le seul moyen de s'en sortir, elle était encore prête à revivre une telle aventure. Mais Echo ? La jeune femme poussa un lourd soupir.
- Si jamais je dois recommencer tout ça ... Faisant allusion à la chimio sans pour autant la nommer, je ne veux pas être un fardeau pour toi Echo. Tu es le seul proche que je connaisse ici, et ça fait sûrement très lourd à porter comme situation. Alors je tiens à te dire que tu n'es obligé de rien et que je ne t'en voudrai absolument pas de ne pas être là. Tu as toi aussi ta vie.
Ca lui arrachait presque littéralement le coeur de lui dire ça. Elle était très attachée à lui, il lui avait donné tellement en si peu. C'était bon de se sentir regardée, d'être touchée, de pouvoir se confier à quelqu'un et d'écouter aussi ce quelqu'un. D'exister tout simplement pour quelqu'un, de compter, comme lui comptait maintenant dans sa vie. Seulement, ce n'était pas une personne de sa famille et ils n'étaient ensembles que depuis quelques semaines. Elle ne pouvait pas lui demander autant. Il avait été là pour elle jusque là, et elle en était très reconnaissante, mais elle n'était pas du genre égoïste.

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MessageSujet: Re: Des suites de l'agression [PV Echo]   Jeu 13 Déc - 21:18



Anaëlle hocha la tête, visiblement soulagée par l'abandon d'Echo. Le jeune homme lui-même se sentit se détendre un peu.
- Oui le docteur Carter m'a parlé avant que tu n'arrive, et il à l'air très bien c'est vrai. Il doit revenir pour qu'on discute de la suite. Je ne sais pas encore de quoi il est question, de chimio ou juste d'un temps de repos et d'observation.

- Je vois, commenta Echo, qui ne voyait pas du tout.

Décidément, il ne comprenait rien à la médecine, c'était à croire qu'il y était totalement réfractaire. La chimio, il comprenait à peu près, et il n'avait pas du tout envie d'y penser. C'était quoi, une période d'observation? Est-ce que ça voulait dire qu'Anaëlle resterait longtemps à l'hôpital? On lui ferait sûrement des tests, ou un truc du genre. C'était souvent un beau jeu de hasard, le cancer, il avait l'impression.

Anaëlle laissa échapper un gros soupir, l'air soudain très grave.
- Si jamais je dois recommencer tout ça ... je ne veux pas être un fardeau pour toi Echo. Tu es le seul proche que je connaisse ici, et ça fait sûrement très lourd à porter comme situation. Alors je tiens à te dire que tu n'es obligé de rien et que je ne t'en voudrai absolument pas de ne pas être là. Tu as toi aussi ta vie.

Echo fronça les sourcils.
- Ne dis pas de bêtises... maugréa-t-il doucement.
Il avait du mal à réaliser ce que ça impliquait, ce que lui demandait Anaëlle exactement. Il était conscient que la chimio, ce n'était sûrement pas drôle, que ça rendait sûrement chauve, et que généralement c'était douloureux. Mais en fait, tant qu'on n'avait pas vu ce genre de chose de ses yeux, on ne réalisait pas. Et puis quoi qu'il arrive, il ne lâcherait pas Anaëlle. Il ne pouvait pas la laisser tomber.

- Je resterai avec toi, d'accord? Quoi qu'il arrive, dit-il en se penchant légèrement pour caresser la joue de la jeune femme.

Il avait bien vu ce que c'était de ne rien pouvoir faire d'autre que d'attendre aux côtés d'Anaëlle qu'elle ouvre les yeux et qu'elle aille mieux. C'était dur. Mais ce n'était pas pire que de regretter de ne pas avoir été là. C'était toujours là que les drames arrivaient... ou que les choses réellement bien se passaient. Cela avait d'ailleurs été le cas lorsqu'il était rentré chez lui. Quelques heures d'absence, et hop, Anaëlle se réveillait sans lui. Il s'était réellement attaché à elle, et même s'il n'était pas sur de savoir exactement de quelle manière, il se sentait plus utile et plus fort parce qu'elle comptait sur lui. C'était aussi un peu par égoïsme qu'il acceptait ça. Quel que soit leur avenir à tous les deux, il resterait à ses côtés.

- On ne devrait pas parler du pire dès maintenant, non? dit-il finalement. Tu veux que je te cherche quelque chose à la cafétéria? Si tu veux te reposer aussi, dis-le moi, je peux rester ici pour finir ma nuit si tu veux.


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MessageSujet: Re: Des suites de l'agression [PV Echo]   Lun 24 Déc - 12:45

- Ne dis pas de bêtises...
Mais Anaëlle ne disais pas de bêtises. Il ne savait pas, lui, tout ce que cela impliquait. Il n'avait aucune idée de ce qu'était la chimio. Elle ne pouvait pas lui faire endurer ça. Elle se rappelait de ses proches, encore très affectés maintenant par cette période longue et douloureuse. Oui, c'était elle la première concernée par la douleur, mais ils avaient mal eux aussi, de la voir dans cet état. Elle était terriblement maigre, pâle, chauve et épuisée au moindre souffle. Les nausées constantes, l'impression qu'on lui brûlait tous ces organes. Ce poison qui coulait entre ses veines. Non, il ne se doutait pas une seule seconde ... Elle soupira.
- Je resterai avec toi, d'accord? Quoi qu'il arrive.
Echo lui caressa la joue. C'était déjà bien difficile de le libérer, mais s'il commençait à la toucher ... Elle n'aura plus la force de le rejeter une nouvelle fois. Peut-être qu'il partira de lui-même ...
- Promets-moi au moins de partir si tu sens que tout ça devient trop dur pour toi.
Elle n'attendait pas vraiment de réponse. La jeune aveugle savait bien que sur le moment, il ne tiendrait jamais ce genre de promesse. Dans quelques mois, en revanche, il y repensera et elle espérait bien qu'il prenne la bonne décision. Pour lui.
- On ne devrait pas parler du pire dès maintenant, non? Tu veux que je te cherche quelque chose à la cafétéria? Si tu veux te reposer aussi, dis-le moi, je peux rester ici pour finir ma nuit si tu veux.
Repousser cette conversation, pourquoi pas ? La jeune fille haussa les épaules. Elle savait déjà ce qui allait lui arriver de toute façon. Elle se sentait prête à encaisser la nouvelle. Mais Echo ?
Elle n'eût pas le temps de lui répondre, que le docteur Carter entra dans la chambre. Il était devant la porte depuis un sacré bout de temps, et attendait le bon moment pour se montrer. D'habitude, il avait à faire à de jolies retrouvailles, mais ces deux-là étaient plein de surprise. Le neurologue avait affaire à deux têtes mules !
Il s'approcha du couple, un très faible sourire aux lèvres. Il aurait voulu leur laisser le temps de souffler un peu, mais il fallait entamer le programme au plus vite ...
- Bonsoir à tous les deux, dit-il en prenant place à leurs côtés. Mademoiselle Simon, comment vous sentez-vous ?
Anaëlle esquissa un petit sourire.
- Plutôt pas mal, pour quelqu'un qui a frôlé la mort.
Cette petite avait un sacré sens de l'humour et de l'ironie, Carter aimait ça.
- Bien. Il va falloir qu'on parle de choses sérieuses, encore ... Comme vous devez déjà le savoir, je n'ai pas pu retirer toute la tumeur. L'endroit où elle se trouve est bien trop délicat. Et comme vous devez déjà le savoir, j'ai du laisser une sacrée partie ...
- On entame donc une chimio ?
Anaëlle ne l'avait pas laissé finir sa phrase. Et pourquoi donc ? Elle avait déjà entendu tout ça auparavant. La chimio lui permettait encore de gagner du temps. Ca allait affaiblir sa tumeur et éviter qu'elle ne grossisse trop vite. En attendant, la chimio l'affaiblirait elle aussi ...
- Oui, j'ai bien peur que ça soit la seule solution. Le docteur se râcla un peu la gorge, mal à l'aise de devoir annoncer ce genre de nouvelle.
- Quand ?
- Le plus tôt serait le mieux. Vous sortez d'une lourde opération, on va attendre 2,3 jours avant de commencer. C'est rapide, je sais, mais c'est important.
Anaëlle acquiessa sans répondre. Elle n'avait pas vraiment le temps de convaincre Echo. Et maintenant qu'il avait entendu la sentence, il ne la lâcherait plus.
- Vous avez des questions ?
Le docteur Carter regardait surtout Echo. La demoiselle semblait bien connaître toute cette procédure, mais lui était totalement perdu et avait même du mal à suivre. Il avait sûrement un million de questions en tête.

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